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Something must break (2014) Ester Martin Bergsmark

par Neil 22 Novembre 2014, 06:24 Avant-Première

Fiche technique
Film suédois
Titre original : Någonting måste gå sönder
Date de sortie : 10 décembre 2014
Durée : 1h21
Genre : apprentissage affectif
Scénario : Eli Levén
Image : Lisabi Fridell et Minka Jakerson
Musique : Tami Tamaki
Avec Saga Becker (Sebastian), Iggy Malmborg (Andreas), Shima Niavarani (Lea), Mattias Åhlén (Mattias), Nour El-Refai (la petite amie du frère de Mattias ), Daniel Nyström (le frère de Mattias)...


Résumé : Stockholm, entre zones industrielles et terrains vagues, Sebastian, un garçon à la beauté troublante et androgyne, se met en danger en ayant des aventures sexuelles avec des inconnus. Alors que tout est à deux doigts de déraper, le téméraire Andreas apparaît et le sauve in extremis. Entre ces deux fortes personnalités, c'est le coup de foudre. Mais cette relation intense et soudaine va être des plus électriques... (allocine)

Mon avis : ne m’appelez plus jamais trans’

On peut supposer que Something must break, s’il n’est pas autobiographique, possède des résonnances intimes avec la vie de son réalisateur. Né à Stockholm au début des années 1980, Ester Martin Bergsmark n’a pu se faire appeler ainsi qu’en 2009, lorsque la loi suédoise permit d’accoler le prénom d’un genre différent de son sexe biologique. Il débute en 2012 une collaboration artistique avec son ex amant, l’auteur Eli Leven, qui débouchera sur un documentaire She male snails, a priori inédit en France, et sur Something must break. Ce long-métrage adapté du roman de Leven, que l’on pourrait traduire de sa langue originelle grossièrement en français par « Vous êtes les racines qui dorment à mes pieds et maintiennent la terre en place », a reçu le Tigre d’or du Festival du Film International de Rotterdam en 2014.

Habitant avec Lea dans la banlieue de Stockholm, Sebastian n’est pas bien dans sa peau et ressent un profond manque affectif. Androgyne, il est souvent pris à partie par des hommes, parfois violemment. Un jour Andreas vient le secourir alors qu’il est dans une mauvaise posture, et Sebastian le remarque aussitôt. Il le retrouve quelques jours plus tard dans un parc ; cette fois-ci c’est à son tour de lui venir en aide alors qu’Andreas est passablement éméché. Les deux jeunes hommes se retrouvent chez ce dernier après une virée nocturne arrosée. L’alchimie opère tout de suite et ils commencent à passer de plus en plus de temps ensemble. Sebastian reprend peu à peu goût à la vie et s’assume de plus en plus ; son désir de se faire appeler Ellie prend désormais un sens tout particulier.

Une douce lumière baigne Something must break, qui déteint avec les émotions de son personnage principal. Car Sebastian ne semble pas disposer de ce qualificatif dans son vocabulaire. La fureur qui l’anime est sans doute à l’image de la violence qu’il subit, quasiment au quotidien, et qui le fait espérer des jours meilleurs. Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre avec détermination son chemin personnel, et c’est un des atouts majeurs du film d’Ester Martin Bergsmark. Le discours que l’on retient à la fin de la projection est un message de tolérance, mais surtout de liberté. Sebastian refuse toute norme que pourrait lui imposer la société, il veut se faire appeler Ellie mais n’envisage pas pour autant de se faire opérer. Et le réalisateur de ne pas insister sur ce point d’achoppement, car pourquoi pas, après tout, vivre son identité propre quitte à bousculer les préconçus de certains et de certaines.

Mais le parcours que nous esquisse Something must break n’est pas dénué d’embûches, y compris parmi les plus proches. Et quid d’une relation intime lorsque son partenaire ne sait pas lui-même où il en est ? Si le film n’est pas parfait, si l’on peut lui reprocher de verser parfois dans une iconographie un peu facile, avec des tableaux au ralenti pour imager Saint Sébastien, cliché du martyr à la sauce gay friendly, il a tout de même le mérite de dénoter par le traitement singulier de ses thématiques. Le fait qu’il nous vienne de Suède n’est sans doute pas étranger : on a malheureusement du mal à voir émerger des idées aussi novatrices de pays du Sud, voir du sud de l’Europe. Mais le film nous apparaît intéressant, surtout quand on voit les débats houleux et les propos pathétiques que l’on peut entendre en France sur ces sujets, dans ce qu'il nous montre sur les pays scandinaves. Nous pouvons ainsi nous rendre compte combien même leur société n'est pas exempte d’homophobie.

Ma note : ***

Something must break (2014) Ester Martin Bergsmark
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commentaires

neil 23/11/2014 11:37

Oui, mon blog étant passé à la nouvelle version OB je m'adapte. Toujours sur 4 étoiles, ici ce serait plutôt du 3,5 sur 4

Vance 23/11/2014 13:14

OK, je note alors, merci, ça fait dans les 4,38/5. Tiens, je vais pouvoir te rebloguer alors !

Vance 23/11/2014 11:24

Ah, il y a du changement dans la présentation. Tu notes toujours sur 4 étoiles ?

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