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Mommy (2014) Xavier Dolan

par Neil 10 Décembre 2014, 06:37 En salles

Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 8 octobre 2014
Durée : 2h18
Genre : éducation sentimentalisée
Scénario : Xavier Dolan
Image : André Turpin
Musique : Noia
Avec Anne Dorval (Diane “Die” Després), Antoine-Olivier Pilon (Steve O’Connor Després), Suzanne Clément (Kyla), Patrick Huard (Paul Béliveau), Michèle Lituac (la directrice du centre), Alexandre Goyette (Patrick)...

Résumé : une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au cœur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. (allocine)

Mon avis : dans les yeux de ma mère il y a toujours une lumière

Ce n’est donc pas Mommy qui aura fait faire de Xavier Dolan le plus jeune détenteur d’une Palme d’or. Le film lui permis tout de même d’obtenir un Prix du jury, synonyme à la base d’encouragement, à égalité avec Jean-Luc Godard et son Adieu au langage, ce qui ne manque pas d’ironie. Le cinéaste comptait bien faire parler de lui avec ce film ambitieux, qui met au centre du récit la figure maternelle présente dans chacun de ses films. L’histoire lui fut inspiré il y a des années par une « loi américaine, abrogée depuis, permettant aux parents en situation de détresse psychologique d'abandonner leurs enfants à la charge de l'État, dans les hôpitaux, sans frais, sans autre forme de procès ». Il fait donc débute son film en 2015, dans un Canada où ce type de loi serait passée.


Alors qu'elle vient d'avoir un accident de voiture, Diane reçoit un coup de téléphone du centre dans lequel elle a placé son fils Steve. Souffrant d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH), il est de plus en plus incontrôlable et l'incident de trop s'est produit lorsqu’un incendie qu’il provoqua blessa un des pensionnaires. Malgré le « conseil » que lui donne la directrice du centre, à savoir placer Steve dans un institut psychiatrique, Diane décide de le reprendre avec elle. Ils se chicanent dès le trajet qui les ramènent à la maison et savent qu'ils vont devoir apprendre à cohabiter ensemble désormais, seuls mais soudés l'un avec l'autre. Dès l’arrivée dans leur quartier, Steve se moque de leur voisin, venu proposer son aide à Diane, et qui la drague un peu trop lourdement aux yeux de son fils.

Un tourbillon d’émotions nous étreignent devant Mommy, faisant passer les plus de deux heures de film comme une lettre au courrier postal. La première demi-heure tout d’abord nous embarque dans un univers à la limite du burlesque, dans lequel les dialogues sont particulièrement bien ficelés. Ils déclenchent le rire au travers d’un ping-ping particulièrement habilement orchestré, où l’humour provient à la fois de ce dialecte quebecois, le joual, et de la nature « rough » des rapports entre les personnages. Au fur et à mesure que l’intrigue progresse, et que l’on apprend à mieux connaître les personnalités des un-e-s et des autres, les torrents d’amour qu’ils s’échangent ou la violence de leurs échanges ne laissent en général pas le spectateur de marbre. Nous sommes alors emportés par un récit sec, sans pathos surligné mais empreint d’une sensibilité non feinte.

Et puis Mommy est un film de Xavier Dolan, et il en possède son univers visuel, que ce soit au niveau des couleurs et de la mise en scène. Le réalisateur québécois utilise à bon escient des filtres visuels, quelques ralentis bien dosés et qui interviennent à point nommé. De nombreuses séquences, des images emblématiques nous impriment la rétine comme ce quasi-arrêt sur image sur Anne Dorval au milieu de la chaussée, avec son sac de provisions qui vient de craquer. Le format carré est peut-être sur-explicatif mais a le mérite de clairement signifier le propos du réalisateur, où l'univers mental enfermé des personnages s'ouvre brièvement lors de quelques séquences poignantes. La bande-originale colle une nouvelle fois parfaitement avec les images qui l’illustre, et les interprètes font preuve d'une justesse impeccable.

Ma note : ****

Mommy (2014) Xavier Dolan

commentaires

dasola 02/01/2015 23:59

Rerebonsoir Neil, j'ai été aussi assez enthousiasmée par ce film qui est porté par des acteurs formidables. Bonne soirée.

neil 04/01/2015 10:35

Bonjour de nouveau Dasola, j'ai également été transporté par ce film, comme par pratiquement tous ceux de Xavier Dolan jusqu'à présent.

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