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My two daddies (2012) Travis Fine

par Neil 7 Décembre 2014, 06:21 Avant-Première

Film américain
Titre original : Any day now
Date de sortie : 7 janvier 2015
Durée : 1h38
Genre : bataille paternelle
Scénario : George Arthur Bloom
Image : Rachel Morrison
Musique : Joey Newman
Avec Alan Cumming (Rudy Donatello ), Garret Dillahunt (Paul Fliger), Isaac Leyva (Marco DeLeon), Frances Fisher (Judge Meyerson), Gregg Henry (Lambert), Chris Mulkey (DA Wilson)...

Résumé : en Californie, au début des années 1980, Paul et Rudy débutent une relation amoureuse, quand le destin met sur leur chemin Marco, un enfant handicapé, malmené par sa mère toxicomane. Alors qu'elle est incarcérée, elle confie à Rudy et Paul la garde de son fils, qui va enfin trouver un foyer stable avec « ses deux papas ».

Mon avis : fallait pas qu'elle s'en aille

C'est une histoire vraie qui inspira à Travis Fine la réalisation de My two daddies. L'acteur, que l'on a pu voir chez Terrence Malick dans La ligne rouge, en est à son troisième long-métrage en tant que metteur en scène, ses deux premiers étant restés inédits en France. Il a entendu parler du script du film de la bouche de P.J. Bloom, le fils du scénariste. Celui-ci avait vécu dans le même immeuble qu'un homosexuel qui s'occupait de temps en temps d'un garçon autiste délaissé par sa mère junkie. Tous les autres éléments de l'histoire sont fictionnels mais Travis Fine a tâché de les rendre les plus plausibles possible. Notons que depuis qu'il est présenté dans divers festivals, dont Tribeca et Chéries-Chéris, le film récolte quelques prix et surtout une sacrée réputation.

Pour la première fois de sa vie, Paul se rend dans une boîte gay de West Hollywood. Sur scène y chante Rudy, travesti en femme, qui lui fait des appels du pied. Paul le rejoint en coulisse et ils ne tardent pas à se retrouver dans sa voiture et à faire l'amour. Un policier toque à la fenêtre et, n'appréciant pas les blagues de Rudy pour détendre l'atmosphère, les menace avec un flingue. Paul le rappelle à l'ordre, arguant qu'en sa qualité d'officier au bureau du procureur il pourrait lui faire du tort. Ils s'en sortent et repartent aussi sec. Paul ramène alors Rudy chez lui et celui-ci entend un vacarme assourdissant provenant de chez sa voisine. Il ramasse également une poupée qui traîne dans le couloir et, conseillant à la mère de famille de faire moins de bruit pour son enfant, se voit renvoyer violemment dans ses pénates.

Clairement, My two daddies est absolument dans l'air du temps, ce qui est paradoxal pour un film qui se déroule dans un passé, tout récent fut-il. Le décalage se révèle d'ailleurs particulièrement troublant lors des scènes de tribunal, tant on a du mal à ne pas considérer qu'elles se déroulent de nos jours. Peut-être est-ce une façon pour le réalisateur de signifier que, même 35 ans plus tard, les mentalités n'ont pas vraiment évolué. L'année dernière a-t-on finalement entendu dans le débat public, ici ou ailleurs, que la « propagande homosexuelle » risquait de nuire à des enfants, ou qu'un couple de même sexe ne pouvait en aucun cas mieux élever un enfant que sa propre mère, fut-elle une droguée n'accordant pas le moindre signe d'attention à sa progéniture.

Tous ces arguments font de My two daddies (encore un titre anglais traduit... dans la langue de Shakespeare) un film important, en phase avec l'actualité. Reste qu'en disant ça on ne parle pas des aspects artistiques. Or c'est un peu là où le bât blesse, principalement pour une simple chose, c'est que le film est par trop manichéen. Il tire énormément sur la corde sensible, à l'image de ces notes de piano qui retentissent précisément au moment où le spectateur « doit » pleurer ou de ces chansons inutiles interprétées par le personnage principal. Reste que la performance d'Alan Cumming est particulièrement bluffante, et qu'il forme avec Garret Dillahunt, éternel second rôle qui pour une fois passe au premier plan, et qui ne démérite pas à ses côtés, un couple attendrissant pour qui l'on a envie de vibrer tout au long du film.

Ma note : ***

My two daddies (2012) Travis Fine

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