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The normal heart (2014) Ryan Murphy

par Neil 4 Décembre 2014, 06:41 Avant-Première

Film américain
Durée : 2h12
Genre : histoire récente
Scénario : Larry Kramer
Image : Daniel Moder
Musique : Cliff Martinez
Avec Mark Ruffalo (Ned Weeks), Julia Roberts (Dr. Emma Brookner), Jonathan Groff (Craig Donner), Matt Bomer (Felix Turner), Taylor Kitsch (Bruce Niles), Alfred Molina (Ben Weeks)...

Résumé : dans les années 1980, le virus du Sida fait rage. Ned Weeks, un écrivain activiste, décide de se battre et de fonder un groupe d'aide luttant contre cette maladie. Malgré ses ravages, le virus n’est en effet pas tout de suite pris au sérieux par la population et les institutions, et demeure principalement associé à la communauté gay.


Mon avis : retour sur des années sombres

Initialement, The normal heart était une pièce de théâtre écrite en 1985 par Larry Kramer. Scénariste, il avait auparavant fondé l'organisation Gay men's health crisis, cœur de l'intrigue de la pièce puis Act up en 1987. Puis le réalisateur Ryan Murphy, à qui l'on doit Nip/Tuck ou bien Glee, prépare son adaptation pour la télévision. Doté d'un casting alléchant, qui comprend Mark Ruffalo, la trop rare Julia Roberts et une panoplie de beaux gosses dont Matt Bomer ou bien Taylor Kitsch, The normal heart se voit neuf fois nommé aux Emmy awards, où il décroche le seul prix du meilleur téléfilm, ce qui n'est déjà pas si mal mais il en sort tout de même grand perdant de la compétition aux yeux des commentateur. Le téléfilm fera tout de même le tour de nombreux festivals, dont en France le Marais film festival et le Festival Chéries-Chéris.


À l'occasion de l'anniversaire d'un de ses amis, Ned arrive dans un endroit paradisiaque plein de beaux garçons tous prêts à faire la fête. Alors qu'ils jouent ensemble sur la plage, Bruce a un malaise. Lors de son voyage de retour, Ned lit un article du New York Times qui parle d'une maladie émergente que l'on surnomme le « virus gay ». À son retour, il va s'entretenir avec le docteur Emma Brookner, mentionnée dans la revue, qui traite déjà des dizaines de patients. Elle lui explique son impuissance à soigner cette affection qu'elle ne parvient pas à cerner. Les malades se multiplient et les morts sont de plus en plus fréquentes. Elle lui demande de l'aider en faisant de la prévention au sein de la communauté homosexuelle : rien n'est encore sûr pour l'instant, mais Emma est persuadée que le virus se transmet via les relations sexuelles.

Là où The normal heart est le plus brillant, c'est dans sa façon d'allier l'épique et l'intime. Le fait de personnifier l'épidémie en choisissant un personnage, et pas n'importe lequel, donne de la chair à son combat. Au fur et à mesure, le nombre de morts dans son entourage augmente, tandis que les autorités ne daignent pas intervenir. Cette dualité entre le personnel et le public se ressent également dans la mise en scène, qui alterne d'amples mouvements de caméra à des scènes plus intimistes. Le bémol du dispositif tient à son séquençage, qui se comprend toutefois au niveau temporel (trois années distinctes), lié au découpage pour la diffusion télévisuelle (trois épisodes). Cela crée quelques ruptures qui passent difficilement quand on regarde l'ensemble d'une traite dans une salle de cinéma mais qui devrait s'estomper dans la version DVD.

Cependant, mêmes causes différents effets, le fait que The normal heart ait été pensé en objet télévisuel lui confère aussi certaines vertus. En particulier, le découpage du scénario donne à chacune de ces séquences un rythme assez prenant. Le film capte ainsi le code des séries actuelle, où chaque épisode est conçu comme un mini opéra. De plus, les personnages sont particulièrement attachant, et leurs interprètes livrent des prestations remarquables, que ce soit Julia Roberts en très bonne forme (si l'on peut dire, vu son rôle de paraplégique...) ou Matt Bomer que l'on est toujours heureux de voir (sous toutes les coutures) sur grand écran. Enfin, le film ne manque pas de nous émouvoir profondément mais nous montre aussi un aspect tout à fait réaliste des rapports, forcément humains, qui unissent des personnalités différentes au sein d'une association de militants, ce qui ne manque pas d'intérêt.

Ma note : ***

The normal heart (2014) Ryan Murphy
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