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Le cercle (2015) Stefan Haupt

par Neil 30 Janvier 2015, 06:51 Avant-Première

Fiche technique
Film suisse
Titre original : Der Kreis
Date de sortie : 4 mars 2015
Durée : 1h42
Genre : amour militant
Scénario : Ivan Madeo et Urs Frey
Image : Tobias Dengler
Musique : Federico Bettini
Avec Matthias Hungerbühler (Ernst Ostertag), Sven Schelker (Röbi Rapp), Stefan Witschi (Rolf), Anatole Taubman (Felix), Marianne Sägebrecht (Erika Rapp), Aaron Hitz (Willi Öttli)...

Résumé
 : Zurich, 1958. Ernst et Röbi se rencontrent par l'intermédiaire du Cercle, une organisation suisse clandestine, pionnière de l'émancipation homosexuelle. Alors que les deux hommes luttent pour leur amour, ils vivent l'apogée et le déclin du club, éditeur d'une revue homosexuelle trilingue, la seule alors autorisée dans le monde.

Mon avis : la liberté de la presse ne s'use que lorsque l'on ne s'en sert pas

On ne connaît pas bien en France le réalisateur du Cercle. Né à Zurich, Stefan Haupt a notamment réalisé en 2014 le documentaire Gaudi, Le Mystère de la Sagrada Familia. Il s’attache ici à relater un moment crucial de l’existence de Röbi Rapp et d’Ernst Osterag, deux pionniers du militantisme gay. Leur histoire commune débute dans les années 1950 au sein de l’organisation Le Cercle, fondée dans les années 1930. Durant des années, le magazine publié par ses membres fut l’unique journal homosexuel, initialement de langue allemande mais bien vite traduit en anglais et en français. Un club naîtra de la volonté de ses adhérents, qui se réunirent régulièrement pour des débats ou des bals costumés. À partir de 1959, un climat délétère s’installe, qui durera jusqu’en 1968 et entraînera la dissolution du groupe.

Professeur dans un collège de jeunes filles de Zurich, Ernst aimerait faire étudier Sartre à ses élèves mais le directeur de l'établissement le lui déconseille fortement. Le jeune professeur, qui attend son diplôme d'État officiel, n'ose le défier. Il se rend après les cours dans un club secret appelé « Le Cercle », où des homosexuels se réunissent pour rédiger une revue militante et organisent des soirées costumées. À l'une d'entre elles, Ernst rencontre Röbie, jeune homme charismatique qui chante sur l’estrade, habillé en femme fatale. Dans l’unique but de le revoir, Ernst invite les membres du Cercle à une réunion chez lui, à laquelle Röbie ne vient pas. Ce qu’Ernst ne sait pas, c’est que l’absence du jeune homme n’est due qu’à un empêchement familial, mais l’attirance qu’il a éprouvée était bien réciproque.

Étiqueté « docu-fiction », Le cercle possède une forme peu commune sur les écrans de cinéma. Le film ressemble plutôt à un de ces films que l’on peut voir notamment sur Arte, où des entretiens succèdent à des séquences de fiction. Les jurés du festival de Berlin ont tranché, lui attribuant le Teddy award du documentaire lors de la 64
e Berlinale, succédant ainsi au Bambi de Sébastien Lifshitz. L’histoire qui nous est racontée est ainsi hachée, atténuant l’émotion qui peut se dégager des scènes de reconstitution. Ernst Ostertag et Röbi Rapp ont beau être touchants et leur complicité sincère, leurs interventions n’apportent pas toujours une plus-value incontestable à un récit qui se serait sans doute suffit à lui-même. Peut-être que Stefan Haupt, plus à l’aise dans le documentaire, n’a-t-il pas assez fait confiance à la force de son histoire.


Car ce que raconte Le cercle est intéressant à plus d’un titre. D’une part car le film nous parle de quelques-uns des pionniers du militantisme homosexuel, qui ont eu le courage de leurs opinions à une époque où les mentalités n’étaient pas très ouvertes. On y voit ainsi une Suisse percluse dans ses traditions, où la morale règne avant la révolution des mœurs qu’a pu être mai 1968. On peut toutefois faire des ponts avec la société d’aujourd’hui, et le réalisateur ne s’en prive pas lors de ses entretiens avec les protagonistes de l’histoire. Si les mentalités ont évolué, l’homophobie plus ou moins latente existe encore bel en bien, non seulement dans des pays d’Afrique ou d’Asie mais également en Europe ou aux États-Unis. La reconstitution d’époque, assez élégante, fait ainsi échos à des scènes plus récentes et nous rappelle ainsi de rester vigilants.


Ma note : **

Le cercle (2015) Stefan Haupt

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