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Inherent Vice (2015) Paul Thomas Anderson

par Neil 4 Mars 2015, 05:57 En salles

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 4 mars 2015
Durée : 2h29
Genre : enquête psychédélique
Scénario : Paul Thomas Anderson, d’après l’œuvre de Thomas Pynchon
Image : Robert Elswit
Musique : Jonny Greenwood
Avec Joaquin Phoenix (Larry Sportello), Reese Witherspoon (Penny Kimball), Josh Brolin (Christian F. Bjornsen), Katherine Waterston (Shasta Fay Hepworth), Owen Wilson (Coy Harlingen), Jena Malone (Hope Harlingen)...

Résumé : l'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n'est pas si simple… C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme « trip » ou « démentiel », « amour » est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.. (allocine)

Mon avis : Los AngeleS Police Department

Cela peut paraître étonnant, mais Inherent vice n’est que le sixième film de Paul Thomas Anderson. En près de vingt ans de carrière, le réalisateur prend ainsi son temps entre deux projets. C’est durant la préparation de The master, qui fut longue et compliquée, qu’il décide de s’atteler à l’adaptation cinématographique du roman de Thomas Pynchon. L’auteur américain, qui a débuté sa carrière dans les années 1960, voit ici pour la première fois son univers visité par le septième art. Il faut dire que lui-même, qui cite souvent les œuvres de ses cinéastes fétiches, n’a publié que huit romans depuis ses débuts, s’autorisant une plage d’une quinzaine d’années très tranquille. Une nouvelle fois, « PTA » fait appel à Joaquin Phoenix, et le film, qui sort aux États-Unis juste avant les Oscars n’y sera finalement nommé que pour le scénario adapté, attribué à Imitation game, et pour les costumes, qui ont consacré The grand Budapest hotel.

Installé dans son canapé, Doc Sportello, detective privé aux mœurs dissolues et dont le bureau est situé dans une clinique médicale, reçoit la visite surprise de Shasta, jeune femme mystérieuse avec qui il a eu une relation. Elle lui raconte qu’elle se trouve dans une situation un peu compliquée et lui demande son aide pour retrouver Mickey Wolfmann. Promoteur immobilier, le milliardaire a disparu et Shasta soupçonne son épouse d’en être responsable. Pour en savoir plus, Sportello passe un coup de téléphone à sa tante Reet, qui lui dit de se méfier de cette affaire qui ne pourra lui apporter que des ennuis. Il décide tout de même de continuer son enquête et se rend chez Sloane Wolfman, qui l’accueille en compagnie de son coach sportif tandis que la gouvernante mexicaine sexy se met à lui faire du gringue.

À bien des égards, Inherent vice est un tour de force. Du point de vue de la mise en scène, le film est assez flamboyant. Paul Thomas Anderson parvient une fois de plus à combiner tous les talents, et sa réalisation apporte au long-métrage une fluidité impressionnante. Le travail sur la photographie est une fois de plus tout à fait judicieux, il retrouve d'ailleurs à cette occasion Robert Elswit, son fidèle collaborateur récompensé pour There will be blood. L'atmosphère du début des années 1970 est particulièrement bien retranscrit. Il faut dire que cette période est charnière, puisque l'action du film (et du livre) se déroule durant ces années post-soixante-huitardes où les illusions du flower power sont en train de s'estomper à la faveur d'un consumérisme galopant. Le personnage principal, comme toujours parfaitement incarné par Joaquin Phoenix, incarne quant à lui la résistance à tout ce changement, en bon vieil hippie débonnaire mais malin.

Cela dit, Inherent vice n'est pas exempt de tout reproche. D'abord il y a le problème de cette voix off insupportable, qui nous surligne ce qui se passe à l'écran et nous cite des extraits du roman pour nous raconter ce que le film n'a pas le temps de montrer. Si le procédé est à la base maladroit, Paul Thomas Anderson l'utilise exagérément, comme s'il ne croyait pas à son projet d'adaptation. Pourtant une grande partie des séquences se suffisent à elles-mêmes et n'ont pas besoin de cette béquille qui rappelle lourdement le caractère littéraire de l’œuvre. Après, on peut aussi faire ici le reproche éternel que l'on fait aux films de « PTA », et que certains ressentaient déjà particulièrement dans The master, à savoir qu'il construit de très beaux écrins, mais un peu vides. Tout ça pour ça, a-t-on un peu envie de dire en sortant de la projection ; et c'est en partie dû au scénario, et donc au matériau originel de Thomas Pynchon., qui au final tourne un peu en rond.

Ma note : **

Inherent Vice (2015) Paul Thomas Anderson

commentaires

mymp 06/03/2015 15:58

Déçu pour ma part, mais peut-être en attendais-je beaucoup trop (Anderson + Pynchon, le rêve). Des éclats, des fulgurances, mais beaucoup de vide (et cette voix off quoi, insupportable effectivement).

neil 06/03/2015 19:10

Je n'en attendais pas tant que ça pour ma part, ayant été un peu échaudé par The master (à qui je trouve également de nombreuses qualités esthétiques), et n'ayant jamais lu de Pynchon.
Et je ne considère pas cela a priori essentiel de tout comprendre, les scénarios de certains de mes films de chevet demeurant pour moi encore abscons.

Thomas 06/03/2015 16:02

Sans voix-off, le film aurait été encore moins compréhensible...

Thomas 04/03/2015 08:09

Pas tout à fait d'accord...
https://thomasnicolon.wordpress.com/2015/03/04/inherent-vice/

neil 04/03/2015 18:51

Nous ne sommes pas non plus en total désaccord. Seulement pour moi ça ne suffit pas.

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