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Snö (2015) Simon Kaijser

par Neil 28 Mars 2015, 06:08 2010's

Fiche technique
Mini-série suédoise
Titre original : Torka aldrig tårar utan handskar

Date de sortie en DVD : 25 février 2015
Durée : 2h54
Genre : premier amour compliqué
Scénario : Jonas Gardell
Image : Stefan Kullänge
Musique : Andreas Mattsson
Édité par Outplay
Avec Adam Lundgren (Benjamin Nilsson), Adam Palsson (Rasmus Stahl), Annika Olsson (Sara Stahl), Simon J. Berger (Paul), Marie Richardson (la mère de Benjamin), Christoffer Svensson (Bengt)..

Résumé : Suède, début des années 1980. Rasmus arrive à Stockholm pour étudier, laissant derrière lui sa petite ville et ses parents. Jeune et séduisant, il découvre la vie gay de la capitale. Lorsque le soir du réveillon de Noël il rencontre Benjamin, c'est aussitôt le coup de foudre. Mais un mal rôde, et peu à peu les jeunes hommes commencent à tomber malades inexplicablement...

Mon avis : l’amour est la seule maladie dont on n’aime pas à guérir

Diffusé en 2012 à la télévision suédoise, Snö a été un beau succès, qui s’exporta dans plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne où il apparu sur la BBC un an plus tard, puis en France où l’on a pu découvrir cette mini-série au Marais Film Festival ; elle y reçu d'ailleurs le prix du public du meilleur long-métrage. À l’origine, le roman de Jonas Gardell qui s’intitule Ne jamais sécher les larmes sans gants a eu un écho favorable en Suède, où la Princesse Victoria en personne remis un prix à son auteur. L’adaptation télévisuelle fut confiée à Simon Kaijser, que l’on connaît en France pour son film Stockholm express, diffusé sur Arte en 2014. L’histoire du film fait écho à d’autres œuvres évoquant actuellement l’irruption du sida dans les années 1980, de The normal heart à House of boys en passant par Dallas buyers club.

Dans une chambre d’hôpital, deux infirmières portant des combinaisons et des masques soignent un malade. L’une d’elles ôte son gant pour le caresser ; en sortant de la pièce, la seconde la réprimande, lui demandant de se laver les mains immédiatement et lui rappelant qu’il est interdit « d’essuyer les larmes sans ses gants ». Quelques années plus tôt, le jeune Rasmus grandit auprès de ses parents et de sa sœur dans une petite ville de Suède. Le tableau semble idylique, hormis quelques passages douloureux à l’école, où Rasmus est victime de harcèlement. Il se garde bien d’en parler à ses parents, mais se hâte d’aller à Stockholm une fois son bac dans la poche. Arrivé à la capitale, il se dirige tout droit dans un endroit dont il a tellement entendu parler : il paraît qu’à la gare, des homosexuels font des rencontres.

La construction de Snö en fait un objet audiovisuel assez singulier, qui déroute au début mais prend son sens petit à petit, tout au long de la diffusion de la série. Les scènes se succèdent les unes aux autres sans logique apparente, à la manière de pensées fugaces, un épisode du passé surgissant après un flash dans le futur des personnages. Trois, voire quatre temporalités sont ainsi développées : la jeunesse de Rasmus et celle de Benjamin, leur rencontre, l’agonie (ceci n’est pas un spoiler, c’est même la première image de la série) et enfin un bref épisode se déroulant durant notre période actuelle. Les époques et les lieux s’entremêlent, s’entrechoquent, pour mieux s’interroger. Le traitement, qui apparaît très vite fluide au spectateur, lui permet habilement de réaliser d’autant mieux les différences ou les similitudes qui apparaissent concernant l’homophobie à tel endroit où à telle époque.

Éminemment intéressant dans son propos, Snö n’en reste pas moins étonnamment naïf dans son traitement. En particulier, le film développe des métaphores assez lourdes, que l’on pense à la trace de main qui s’efface sur la vitre, prémonition du gommage de la vie d’enfant dans celle de ses parents ou à l’élan blanc, rare et différent, tout comme la figure de l’homosexuel à la marge d’une société hétéro-normée. Les situations et les archétypes des personnages sont ainsi surlignées au marqueur sans que, paradoxalement, cela grève l’œuvre. Celle-ci apparaît plutôt d’une fraîcheur un peu surannée, tout en déroulant une histoire d’individus qui au final s’avère celle d’une communauté aux prises avec un mal inconnu mais dévastateur. L’émotion est ainsi finalement au rendez-vous, alliée avec la beauté à la fois des corps et des paysages.

Ma note : ***

Snö (2015) Simon Kaijser

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