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Cola de mono (2018) Alberto Fuguet

par Neil 16 Janvier 2019, 06:32 2010's

Fiche technique
Film chilien
Date de sortie : 17 janvier 2019 (en DVD)
Genre : secrets de famille
Durée : 1h42
Scénario : Alberto Fuguet
Image : Patricio Alfaro
Musique : Christian Heyne
Avec Cristóbal Rodríguez-Costabal (Borja), Santiago Rodríguez-Costabal (Vicente), Carmina Riego (Irene Ovando de Olivos), Diego Nawrath (Guido), Benjamin Bou (Isaías)...

Synopsis : Borja est un adolescent précoce qui développe une passion pour le cinéma. À la veille de noël, il attend la visite de sa grande famille pour célébrer les fêtes. Mais la chaleur suffocante du Chili, les boissons rafraîchissantes et le désir réprimé contribuent à l’ébullition de tous et à l’éruption de secrets longtemps gardés.

Mon avis : jeux dangereux entre Éros et Thanatos

Le réalisateur de Cola de mono, Alberto Fuguet, est un journaliste, écrivain et réalisateur chilien qui a grandi en Californie. Né Alberto Felipe Fuguet de Goyeneche à Santiago du Chili, il utilise dans son œuvre de nombreuses références culturelles provenant de ses deux pays de cœur. Le nom de son dernier film, qui sort directement en DVD en France, et dont la traduction française littérale est « queue de singe », provient d’un cocktail chilien à base de lait et de café que l’on boit généralement durant les fêtes de fin d’année. Le nom du film fait aussi référence à une insulte homophobe, cola désignant dans le langage courant le cul, et par extension, celui qui se fait prendre. Présenté au Los Angeles Outfest Festival en juillet 2018, le film est ensuite montré à la sélection Panorama Fictions du Festival Chéries Chéris.

Il fait chaud et Borja s’ennuie un peu en cette veille de Noël 1984. Il propose à son grand frère Vicente de jouer au ping-pong et, remportant la partie, le contraint à l’emmener le lendemain voir Aliens qui sort au cinéma. Puis il va voir sa mère qui prépare le repas du réveillon, et le fameux cocktail Cola de mono que l’on sert habituellement à cette période de l’année. Déprimée, sa mère ne ménage pas ses critiques envers son fils, qu’elle juge puéril et anormal. Pour la provoquer, il lui répond qu’au contraire il est précoce, surtout au niveau sexuel, ce qui ne fait qu’augmenter l’agacement de sa mère. Celle-ci lui emballe malgré tout les cadeaux qu’il a demandé : plusieurs livres de Stephen King, dont Simetierre et Christine.

Il faut prendre un peu de recul pour apprécier Cola de mono à sa juste valeur. Les pièces du puzzle que constitue le film se mettent en place progressivement, et la narration prend son temps. En particulier, le début du long-métrage d’Alberto Fuguet peut déconcerter, tant on se demande où veut en venir le réalisateur. Puis quelques petits détails nous mettent la puce à l’oreille, en particulier les dialogues savoureux qui sont par exemple échangés lors du réveillon. Et à partir de là, le récit commence à s’éloigner de son rail et on passe à un différent registre de discours cinématographique. Du drame familial intimiste, le film prend une tournure érotique pour ensuite changer encore et nous surprendre de plus en plus, tout en reliant les fils jusqu’ici délicatement tissés.

Une chose est sûre, Cola de mono assume ses références aux années 1980. Outre les romans de Stephen King, et la référence incontournable aux Gremlins ou à Brian de Palma, le film est un direct hommage au Cruising, de William Friedkin. Via des encarts textuels en surimpression, et une esthétique très marquée, on sent qu’Albeto Fuguet s’amuse à forcer de façon outrancière ces appels du pied cinéphiles. L’exubérance se retrouve également dans l’homo-érotisme assumée, le réalisateur n’hésitant pas à explicitement montrer des jolies fesses (mention spéciale à l’acteur principal, sexy en diable) et des sexes, parfois en érection, sans que cela ne soit vulgaire. C’est simplement une façon d’ancrer son récit et d’appuyer un propos, qui est plus complexe et plus sombre qu’il n’en a l’air.

Ma note : ***

Cola de mono (2018) Alberto Fuguet
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