Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Frig (2018) Anthony Hickling

par Neil 28 Novembre 2018, 05:13 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 28 novembre 2018
Genre : OFNI
Durée : 1h00
Scénario : Anthony Hickling
Image : Laure Cornet
Musique : Adrien Frasse-Sombet, Jérémie Lapeyre et Joaquin Sofredini
Avec Biño Sauitzvy, Luc Bruyere, Arthur Gillet, Thomas Laroppe, Gaëtan Vettier, André Schneider, Alvaro Lombard, Christine Mingo...

Synopsis : Une relation amoureuse entre deux personnes est sur le point de finir. C'est le début d'un spectacle en trois actes : Amour, Merde et Sperme.

Mon avis : Les infortunes de Justin

Avec Frig, le réalisateur Anthony Hickling clôt une trilogie entamée en 2013 par Little gay boy, puis poursuivie en 2016 avec Where the horses go to die. Ces trois moyens-métrages abordent des sujets liés à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, à l’homophobie, à la quête de soi, et bien d’autres choses encore. Né en Afrique du Sud, d’un père indien et d’une mère britannique, au milieu des années 1970, il obtient la citoyenneté française en 2018. Dès ses premiers court-métrages, il met en scène des obsessions liées à la religiosité, mêlées avec des souvenirs autobiographiques. Ses films sont souvent projetés dans des festivals LGBTQI, et Hickling lui-même fera partie de l’équipe organisatrice du festival Chéries-Chéris.

Deux hommes se rencontrent dans une boîte de nuit. Ils se séduisent, attendent un taxi ensemble et discutent durant le trajet. Ils vont chez l'un deux, et font l'amour intensément. Pour le personnage principal ce n’est pas habituel : il est plutôt coutumier des rencontres d'un soir et des étreintes dans des lieux interlopes. Une relation débute entre ces deux hommes et c'est l'amour fou, symbolisé par des fleurs, par la nature en éclosion. Car toutes ces sensations ne nous sont qu'évoquées, par des paroles lacunaires, par des bribes d'images, par des souvenirs épars. Ce que l'on sait, c'est que tout ceci n'est que le début d'un voyage initiatique et sensoriel qui se révélera plus sombre,  beaucoup plus sombre.

Le moins que l'on puisse dire c'est que Frig est une expérience à part. Mélange d'œuvre cinématographique décalée,  de performance artistique et d'installation d'art contemporain, le film n'est pas fait pour rassurer. Nombreuses sont les scènes dérangeantes et malgré les avertissements des comédiens venus présenter le film, nous enjoignant à rester jusqu’après le générique de fin, plusieurs spectateurs quittent la salle durant la séance, pourtant courte. Anthony Hickling l'annonce en titre de chacune des parties : Amour, Merde et Sperme, voici le programme qui nous est proposé. Et on ne va pas être épargne, de la pureté à la douleur en passant par le plaisir sadique, tout y passe.

Déstabilisation et images que l'on souhaiterait ne pas voir sont donc au programme de cet objet filmique difficilement identifiable. Pourtant Frig ne cache pas ses sources d'inspiration, des mythes comme Narcisse à l'iconographie religieuse façon Saint Sébastien. Mais évidemment c’est au Marquis de Sade que l’on pense le plus, le récit voguant entre Salò ou les 120 journées de Sodome et une espèce de Justine ou les malheurs de la vertu en version masculine. Et qui dit Sade dit forcément Georges Bataille et Pier Paolo Pasolini : ce trop-plein de citations artistiques en devient indigeste. D’autant plus que Pasolini, pour ne prendre que cet exemple, situe son récit durant la République sociale italienne, ce qui donne une autre ampleur à son adaptation. Ici on peine à voir où Anthony Hickling veut en venir, et malgré une force visuelle indéniable le film nous perd en cours de route.
 
Ma note : **

Frig (2018) Anthony Hickling
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page