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Les héritières (2018) Marcelo Martinessi

par Neil 25 Novembre 2018, 03:35 2010's

Fiche technique
Film paraguayen
Date de sortie : 28 novembre 2018
Genre : quotidien bouleversé
Durée : 1h37
Scénario : Marcelo Martinessi
Image : Luis Armando Arteaga
Avec Ana Brun (Chela), Margarita Irùn (Chiquita), Ana Ivanova (Angy), Nilda González (Pati), Maria Martins (Pituca), Alicia Guerra (Carmela)…

Synopsis : Asuncion, Paraguay. Chela, riche héritière, a mené la grande vie pendant 30 ans avec Chiquita. Mais au bord de la faillite, elle doit vendre tous ses biens et regarde Chiquita, accusée de fraude, partir en prison. Alors qu’elle n’a pas conduit depuis des années, Chela accepte de faire le taxi pour un groupe de riches femmes âgées de son quartier et fait la rencontre de la jeune et charmante Angy.

Mon avis : émancipation féminine au Paraguay

Pour son premier long-métrage, Les héritières, le réalisateur paraguayen Marcelo Martinessi réussit à faire obtenir à son actrice principale, Ana Brun, l’ours d’argent de la meilleure actrice au Festival de Berlin. Marcelo Martinessi est né en 1973 sous la dictature d'Alfredo Stroessner, qui durant tout de même 35 ans, et fut déchu sous la pression américaine en 1989. Suivirent plusieurs gouvernements plus ou moins corrompus jusqu’au coup d’état de 2012. Le réalisateur travaille alors dans la première chaîne de télévision publique et il écrit et met en scène un court-métrage, La voix perdue, qui décrit le chaos ambiant et reçoit le prix du Meilleur court métrage à la Mostra de Venise.

Alors que des clientes fortunées viennent acheter les différents meubles de leur luxueuse maison,  Chela et Chiquita sont invitées à l’anniversaire de Carmela. Mais Chela est déprimée et ne souhaite pas sortir : il faudra tous les talents de persuasion de Chiquita, qui évoque la récente fête des 50 ans de Chela (ou de ses 40 ans ?), où Carmela a été d’une aide indéniable, pour la faire sortir de leur lit. Lors de la soirée, Chiquita boit un peu trop et Chela doit prendre le volant, bien qu’elle ne conduise pas depuis longtemps. Arrivées à la maison, Chiquita tente de séduire sa compagne, mais celle-ci est plus préoccupée par les on-dit qui circulent sur son compte auprès de ses amies. Le lendemain matin, Chiquita reçoit une lettre du tribunal, lui informant d’un jugement la concernant.

Très peu de musiques et de décors sont présents dans Les héritières. La bande originale est modeste et la matière sonore qui accompagne les images est relativement épurée. Quant aux décors, ils se limitent presque à trois endroits : la maison luxueuse remplie des souvenirs de ses occupantes (un décor magnifique dont on comprend aisément la fascination qu’il peut exercer sur les personnages comme sur le réalisateur), la voiture que va être amenée à conduire Chela, et la prison dans laquelle sera incarcérée Chiquita. Ce resserrement des lieux de tournage accentue le sentiment d’enfermement que ressent le personnage principal du film, et de façon métaphorique les habitants du Paraguay.

La tristesse et la solitude qui submerge Chela, Ana Brun parvient parfaitement à la faire ressentir au spectateur. Bien que cette ancienne avocate n’ait jusqu’à présent sévit que sur les planches de théâtre, elle parvient devant la caméra de Marcelo Martinessi à subtilement incarner cette femme en crise qui se découvre des désirs nouveaux. Quasiment uniquement composé de femmes, Les héritières n’en est pas pour autant militant : il dresse simplement le portrait de personnages féminins forts et drôles, sans emphase ni misérabilisme. Voilà donc une occasion, rare pour nous, de voir sur grand écran des images provenant d’un pays comme le Paraguay, qui plus est avec une thématique LGBT (présente dans le film, mais jamais appuyée).


Ma note : ***

Les héritières (2018) Marcelo Martinessi
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