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The happy prince (2018) Rupert Everett

par Neil 19 Décembre 2018, 04:25 2010's

Fiche technique
Film allemand, belge, britannique, italien
Date de sortie : 19 décembre 2018
Genre : fin de vie
Durée : 1h45
Scénario : Rupert Everett
Image : John Conroy
Musique : Gabriel Yared
Avec Rupert Everett (Oscar Wilde), Colin Firth (Reggie Turner), Colin Morgan (Alfred Bosie Douglas), Emily Watson (Constance Wilde-Holland), Edwin Thomas (Robbie Ross), Tom Wilkinson (Le Père Dunne)…

Synopsis : À la fin du XIXe siècle, le dandy et écrivain de génie Oscar Wilde, intelligent et scandaleux, brille au sein de la société londonienne. Son homosexualité est toutefois trop affichée pour son époque et il est envoyé en prison. Ruiné et malade lorsqu’il en sort, il part s’exiler à Paris. Dans sa chambre d’hôtel miteuse, au soir de sa vie, les souvenirs l’envahissent…

Mon avis : souvenirs de l’esprit du mourant

Depuis 2009, Rupert Everett prépare The happy prince. Il sort alors son autobiographie, Tapis rouges et autres peaux de bananes, où il se confie sur beaucoup de sujets, dont son homosexualité et ses aventures souvent extravagantes. Il écrit à ce moment-là le scénario d’un film inspiré des derniers jours d’Oscar Wilde. À croire que sa carrière l’a conduit tout naturellement vers ce chemin-là : nombre des rôles qu’il a interprétés sur scène ou devant la caméra sont tirés des œuvres ou de la vie du romancier et poète irlandais. Ce qui prend encore plus d’ampleur quand on sait que l’acteur britannique a été officieusement blacklisté aux États-Unis pour avoir publiquement fait son coming-out dans les années 1990. Fera des parallèles qui veut…

En sortant d’un restaurant parisien, une anglaise interrompt son mari et un de leurs amis pour poursuivre dans la rue un homme qu’elle vient de reconnaître. Il s’agit d’Oscar Wilde, qu’elle rattrape dans une ruelle et lui témoigne son admiration. L’écrivain, dépenaillé, lui demande de l’argent pour survivre ; le mari de la jeune femme intervient juste après pour les séparer. Oscar rejoint alors un enfant et son frère adolescent dans une taverne, et partage avec eux cette maigre recette en leur offrant de l’absinthe et de la cocaïne. En contrepartie, il propose à l’aîné de le suivre dans sa chambre et promet au cadet de lui raconter après la suite d’une histoire.

On ne peut pas reprocher à The happy prince son manque de rigueur. Rupert Everett est un passionné d’Oscar Wilde et il s’est énormément documenté avant d’écrire son scénario. Le petit-fils de l’auteur, Merlin Holland, ne cesse d’ailleurs de dire tout le bien d’un film qui ne fait que renforcer les réhabilitations officielles d’Oscar Wilde, témoignées par les autorités britanniques depuis ces dernières années. La véracité du propos de du film est renforcé par l’angle avec lequel le réalisateur suit le parcours du personnage, fait de souvenirs épars, finement racontés avec de nombreuses ellipses. Rien que le titre de l’œuvre est un bon exemple de cette recherche attentive : The happy prince, dont de nombreux extraits sont cités, est une nouvelle pour enfants écrite par Oscar Wilde lorsque ses deux garçons étaient bébés, et qu’il leur lisait avant d’aller se coucher.

Ainsi, The happy prince présente toutes les facettes d'Oscar Wilde : un père attentionné auprès de ses enfants et un amant passionné auprès de ses jeunes conquêtes masculines, un dandy extravagant sur scène, mais aussi un ivrogne drogué et mal fagoté à la fin de sa vie. Et conformément à l’image publique de son personnage principal, le film cultive une élégance raffinée, peaufinant ses décors, ses costumes et sa photographie. Les références à Luchino Visconti sont très (trop ?) appuyées, conférant à l'œuvre une esthétique que d’aucuns qualifieraient de surannée. Mais c’est aussi ce qui donne un certain charme au film et qui renforce le romanesque de l’intrigue. Pour sa première réalisation, Rupert Everett a donc joliment soigné sa copie.

Ma note : ***

The happy prince (2018) Rupert Everett
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