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Doubles vies (2018) Olivier Assayas

par Neil 7 Janvier 2019, 01:12 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 16 janvier 2019
Genre : chassés-croisés sentimentaux
Durée : 1h48
Scénario : Olivier Assayas
Image : Yorick Le Saux
Avec Guillaume Canet (Alain), Juliette Binoche (Selena), Vincent Macaigne (Léonard), Nora Hamzawi (Valérie), Pascal Greggory (Marc-Antoine), Christa Theret (Laure)...

Synopsis : Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Léonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

Mon avis : Nouveauté n'est pas originalité ni modernité

La préparation de Doubles vies a été longue pour Olivier Assayas : il a ébauché un scénario au milieu des années 2000, qu’il a eu du mal à financer et l'a finalement mis de côté. Puis il s'est lancé dans des productions internationales comme Carlos ou Sils Maria, ce dernier entamant une brève collaboration avec Kristen Stewart, tout en prolongeant ses fidèles complicités. Son équipe technique travaille en effet avec lui depuis de nombreux films, tel Yorick Le Saux à la photographie ; quant à Juliette Binoche, il la suit depuis L’heure d’été, voire même plus puisqu’il avait déjà pensé à elle pour le rôle qu'a finalement tenu Emmanuelle Béart dans Les destinées sentimentales.

Léonard arrive chez son éditeur Alain pour discuter du manuscrit qu’il lui a envoyé. Lors de la longue conversation qui s’engage dans le bureau d’Alain et se poursuit dans une brasserie parisienne, il est question du passage du monde de l’édition au numérique, des intrications entre les histoires que raconte Léonard dans ses livres et sa propre vie, ou de leurs compagnes respectives. En revenant à la maison d’édition, Léonard demande quelles seront les prochaines deadlines de l’ouvrage, et Alain lui répond qu’il ne le publiera pas. En rentrant chez lui le soir, celui-ci est accueilli par son épouse Selena, qui prépare le dîner qu’ils vont partager avec un groupe de leurs amis.

Le propos de Doubles vies est, comme par hasard, séparé en deux : Olivier Assayas développe d’une part des théories sur la modernité, en l’occurrence sur le passage au numérique, et d’autre part, en construisant un chassé-croisé amoureux assez classique, il nous parle du couple et de la fidélité. À croire que le réalisateur se rend compte de ses propres contradictions ; car à n’en pas douter, s’il pose son décor dans l’univers de l’édition, le propos du film pourrait tout aussi bien s’appliquer au monde du septième art. Et Assayas a tout à fait conscience de ne pas révolutionner le cinéma français avec son film, dont la facture « auteuriste » pourra lui être reprochée.

D’autant que Double vies ne cache nullement ses sources d’inspirations, de Claude Sautet avec ses scènes typiques dans des cafés à Éric Rohmer pour le côté verbeux : Olivier Assayas a toujours tracé un sillon dans cette veine, même s’il a de-ci de-là tenté quelques expérimentations (confère Demonlover). Sa mise en scène est ici très sage, par la force des choses, la majeure partie des scènes étant très dialoguées. Son principe de base est donc le champ-contrechamp, ce qui n’est pas sans danger : on ne compte pas les faux raccords inhérents à cette technique, à croire qu’Assayas ne l’eut fait exprès, comme pour ramener un peu de naturel dans un cadre un brin artificiel.

Quant au casting, les rôles féminins de Doubles vies sont plus intéressants que ceux de leurs homologues masculins, alors même que le personnage principal du film est un homme. Et Olivier Assayas, comme à son habitude, de donner libre champ à ses actrices, qui sont épatantes. Juliette Binoche ne cesse de casser son image et assume tout à fait l’ironie que semble vouloir insuffler Assayas avec ce rôle d’actrice de série qui ne rêve que de revenir à l’art dramatique (et néanmoins théâtral, comme dirait Jérôme Garcin), tandis que Nora Hamzawi trouve un rôle à sa mesure, où elle peut développer avec talent le personnage haut en couleurs qu’elle travaille depuis longtemps dans ses spectacles.

Ma note : **

Doubles vies (2018) Olivier Assayas
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