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Millénium 4 – Ce qui ne me tue pas (2015) David Lagercrantz

par Neil 20 Décembre 2018, 01:13 Bouquins

Fiche technique
Roman suédois

D’après les personnages créés par Stieg Larsson
Titre original : Det som inte dödar oss
Traduit par Hege Roel-Rousson
Genre : polar nordique
482 pages
Édité chez Actes sud
Éditeur original :Norstedts Förlag

4e de couverture : Elle est une hackeuse de génie. Une justicière impitoyable qui n’obéit qu’à ses propres lois. Il est journaliste d’investigation. Un reporter de la vieille école, persuadé qu’on peut changer le monde avec un article. La revue Millenium, c’est toute sa vie. Quand il apprend qu’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle détient peut-être des informations explosives sur les services de renseignements américains, Mikael Blomkvist se dit qu’il tient le scoop dont Millenium et sa carrière ont tant besoin.

Mon avis: C'est pas forcément dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes

La genèse de Millénium 4 – Ce qui ne me tue pas pouvait légitimement être sujette à caution. Le créateur et auteur des trois premiers opus de la saga suédoise, Stieg Larsson, est mort en 2004 d’une crise cardiaque. Même s’il avait supposément écrit une grande partie d'un manuscrit composant un des prochains volumes de la saga, ses héritiers finissent par s’accorder pour ne pas le publier. Or, la maison d’édition de Millenium, Norstedts, annonce fin 2013 qu’un journaliste du nom de David Lagercrantz va écrire la suite des aventures de Mikael Blomkvist et de Lisbeth Salander. Cette décision créé un émoi parmi les proches de Stieg Larsson même si Lagercrantz, qui admet volontiers avoir souhaité rester fidèle à l’intrigue et à l’ambiance originelle, n’a pas utilisé les notes de l’auteur. Reste que ce roman est estampillé « Millenium 4 ».

Lisbeth Salander fait un cauchemar : une main frappe un matelas dans l’obscurité. Un an plus tard, Frans Balder, informaticien suédois, s’apprête à débarquer chez son ex-épouse pour récupérer son fils August. Pourtant il n’avait pas hésité, quelques années auparavant, à abandonner femme et enfant pour accepter un poste haut placé dans la Silicon Valley. Entre temps, son épouse Hanna, comédienne à succès, s’était mise en couple avec un autre acteur, Lasse Westman. Anxieux, il pend son courage à deux mains et annonce à Lasse son désir de prendre August avec lui. À son grand étonnement, l’acteur visiblement éméché accepte volontiers de laisser partir l’enfant, sous le regard ahuri de Hanna, dont Frans peut voir qu’elle a un bleu sur le cou. Mais elle n’appose aucune résistance, peut-être soulagée de se débarrasser du poids qu’elle ressent dans la prise en charge de cet enfant autiste.

En lisant Millénium 4 – Ce qui ne me tue pas, on se souvient du slogan pour une publicité des années 1980 sur une boisson pétillante qui « ressemble à de l’alcool, est doré comme l’alcool, mais n’est pas de l’alcool ». Car a priori, on navigue en terrain connu : les personnages sont les mêmes que dans les trois premiers volumes de la saga, y compris pour les rôles secondaires. Ils sont d’ailleurs tout à fait fidèles à leurs caractères : Lisbeth est toujours la même peste qu’on adore pour sa force de caractère et son audace, Mikael Blomkvist est toujours aussi attachant et son éthique professionnelle n’a pas bougé d’un iota. Et l’ambiance dans laquelle baigne le roman est encore une fois poisseuse, les sujets évoqués sont pareillement féministes et attaquent de front les organisations gouvernementales outrepassant leurs droits et leurs devoirs.

Et pourtant on sort frustré de la lecture de Millénium 4 – Ce qui ne me tue pas. Cela vient principalement de l’écriture de David Lagercrantz, qui est lourde, empesée. À l’inverse d’un Stieg Larsson, qui parvenait à nous tenir en haleine de bout en bout, Lagercrantz fait l’effet d’un tâcheron qui a du mal à faire avancer son récit. Ses phrases ampoulées sonnent creux et les mises en images qu’il tente d’insuffler ne provoquent qu’un mol enthousiasme chez le lecteur. Pourtant l’histoire en elle-même aurait de quoi nous emporter : un complot impliquant les services secrets américains et suédois, avec une organisation criminelle au milieu, ça tient sur le papier. Mais à trop vouloir être fidèle à l’original, David Lagercrantz nous cuisine un plat réchauffé et le soufflé qu’il a mis au four retombe très vite, le lecteur ayant systématiquement un train d’avance sur le récit.

Ma note : °

Millénium 4 – Ce qui ne me tue pas (2015) David Lagercrantz
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