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McQueen (2018) Ian Bonhôte et Peter Ettedgui

par Neil 11 Mars 2019, 03:51 2010's

Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 13 mars 2019
Genre : génie de la mode
Durée : 1h51
Scénario : Peter Ettedgui
Image : Will Pugh
Musique : Michael Nyman
Avec Danny Hall, Koji Tatsuno, Janet Mcqueen, Romeo Gigli, Bobby Hillson, Mira Chai-Hyde, Gary Mcqueen, Sebastian Pons…

Synopsis : McQUEEN est un regard personnel sur la vie, la carrière et le talent hors du commun de l’enfant terrible de la mode, Alexander McQueen. Une icône d’ascendance modeste qui a brillé comme une étoile filante. Le documentaire mêle témoignages exclusifs de sa famille et de ses proches, archives inédites, images et musiques bouleversantes.

Mon avis : L'ascension et la chute d'un génie de la mode

En 2016, un projet de long-métrage s’est développé autour de la figure d’Alexander McQueen, designer britannique décédé en 2010. Porté par le talentueux Andrew Haigh, le film devait avoir comme interprète principal Jack O'Connell. Il semblerait que le projet soit toujours d’actualité, mais entre-temps a été développé McQueen, un documentaire sur le créateur de mode. On se souvient que Loïc Prigent en avait réalisé un pour Arte, intitulé Le Testament d'Alexander McQueen, qui revenait sur sa carrière au travers de ses quatre derniers défilés. Ici, Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, producteur et documentariste, prennent pour trame de fond cinq de ses collections emblématiques pour jalonner la vie et la carrière du styliste. Présenté au Festival du film de Tribeca, le documentaire est nommé aux British Academy Film Awards en 2019.

Assez peu doué pour les études, le jeune Lee Alexander McQueen s’intéresse plus particulièrement aux cours d’arts plastique. Il dira lui-même qu’il passait son temps en cours à dessiner des vêtements. Un jour il décide de toquer à la porte d’un tailleur de Savile Row, Anderson & Sheppard, puis il poursuit son apprentissage dans diverses maison anglaises et italiennes. Il décide alors de prendre des cours à la Central Saint Martins, université londonienne d’art et de design. C’est là qu’il réalisera comme projet de fin d’études la collection « Jack l’Éventreur traque ses victimes », inspiré du fameux personnage historique anglais. Impressionnée par son travail, la journaliste de mode Isabella Blow décide de prendre sous son aile le très jeune créateur. Nous sommes au début des années 1990 et la planète mode est en train d’effectuer sa mue.

La construction de McQueen est assez intéressante. Divisé en cinq chapitres prenant le nom de collections qui ont marqué la vie d’Alexander McQueen, le documentaire y trouve une résonance plus forte. Ainsi Jack l’Éventreur traque ses victimes raconte les débuts du styliste, puis  « Le Viol de l’Écosse » suit le protagoniste dans la préparation de celle qui fera sensation et encrera sa notoriété, ensuite À la recherche de la toison d’or raconte ses premières années en tant que directeur artistique chez Givenchy, puis Voss aborde la suite et fin de sa carrière dans la célèbre maison parisienne, enfin L’Atlantide de Platon évoque son dernier défilé, qu’il considérait lui-même comme son chef d’œuvre, et qu’il avait dédié à Isabella Blow, décédée quelques temps auparavant, avant que lui-même ne se donne la mort.

Chacun des chapitres de McQueen mélange habilement des images d’archives, autant officielles comme celles des défiles de mode, que personnelles comme certaines de ses propres vidéos, et des entretiens réalisés avec les collaborateurs ou les proches du designer. Le rythme est très rapide, quelquefois trop saccadé, et les paroles s’enchaînent, empêchant parfois de profiter des images qui les accompagnent. Jusqu’à ce qu’on arrive aux défilé en eux-mêmes, souvent seulement accompagnés de la très belle musique de Michael Nyman, qui a travaillé avec Alexander McQueen. L’ensemble rend finalement très bien à l’écran, et offre un écrin tout à fait élégant au travail impressionnant que le créateur a pu effectuer tout au long de ses vingt années de carrière qui sont visiblement passées comme un éclair.

Car n’en doutons pas, l’intérêt principal de McQueen demeure la figure de son personnage principal. Jeune homme désargenté, il a réussi avec son culot et don incroyable talent à s’imposer dans un univers qui n’a rien à voir avec son milieu d’origine. Devenu un rebelle au sein des institutions, c’est le système qui l’a finalement rongé de l’intérieur. Et l’on suit avec passion ces fameuses années 1990 qui ont changé l’univers de la mode, avec des figures iconiques comme John Galliano ou bien Tom Ford, sans oublier les top-modèles hyper médiatisées de l’époque, et les grands argentiers qui ont décidé d’investir et se sont livrés à une guerre économique sans merci. On suit tout cela avec à la fois le point de vue de cet être fragile, boulimique de travail et peu à l’aise avec les relations sociales, et celui de ses proches qui vont le voir petit à petit se consumer de l’intérieur.

Ma note : ***

McQueen (2018) Ian Bonhôte et Peter Ettedgui
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