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Genèse (2019) Philippe Lesage

par Neil 10 Avril 2019, 02:16 2010's

Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 10 avril 2019
Genre : premières amourettes
Durée : 2h10
Scénario : Philippe Lesage
Image : Nicolas Canniccioni
Avec Théodore Pellerin (Guillaume), Noée Abita (Charlotte), Édouard Tremblay-Grenier (Félix), Émilie Bierre (Béatrice), Pier-Luc Funk (Maxime), Maxime Dumontier (Théo), Mylène Mackay (Mme Sinclair)…

Synopsis : La naissance des premières amours ébranle trois adolescents dans le tumulte de leur jeunesse. Alors que Guillaume tombe secrètement amoureux de son meilleur ami, sa demi-sœur Charlotte quitte son petit ami pour s’essayer à des rencontres plus libres. À la genèse de ces histoires, dans un camp de vacances, le jeune Félix connait son premier émoi…

Mon avis : des samedis soir sur la Terre

Né au Canada francophone en 1977, Philippe Lesage se forme à la mise en scène en Europe, plus précisément au Danemark. À l’aube de ses trente ans, il s’attèle à un documentaire centré sur le sociologue Alain Touraine. Il continue sur cette voie et se fait en particulier remarquer par son troisième documentaire, Ce cœur qui bat, où il passe du temps auprès d’un malades d’un hôpital de Montreal. Puis il réalise son premier long-métrage de fiction, Les démons, où figurent déjà le jeune Édouard Tremblay-Grenier et Pier-Luc Funk, tout comme l'excellent Théodore Pellerin. Histoire racontée sous le prisme d’un enfant de dix ans, le film, semi-autobiographique, se promène un peu de festival en festival. C’est une fois le plus le cas avec Genèse, qui a entre autre été sélectionné au Festival de Locarno, et où les personnages principaux sont des adolescents.

Debout sur sa chaise, Guillaume cabotine sous les encouragements de ses camarades de classe. Mme Sinclair, la professeure d’anglais entre alors dans la salle et le silence se fait progressivement. En aparté, Guillaume se targue auprès de son meilleur ami Nicolas qu’il va charmer la demoiselle. Elle leur distribue les énoncés de l’examen qu’ils doivent passer et le jeune homme en profite pour l’interpeler, rien que pour la voir se pencher sur sa copie. À la fin des cours, dans cet internat de garçon, le surveillant a du mal à faire régner l’ordre, entre les élèves qui courent dans les couloirs, ceux qui se promènent débraillés et les éternelles batailles de polochon dans les dortoirs. De son côté, Charlotte, la demi-sœur de Guillaume, passe du temps avec son petit ami Maxime, photographe amateur qui la prend souvent comme modèle.

Les deux premiers tiers de Genèse tissent un récit assez délicat sur les premiers émois de deux adolescents. Le premier est un jeune homme apparemment bien dans sa peau, coqueluche de sa classe, et qui n’hésite pas à railler plus ou moins gentiment ses camarades de classe. Il s’avère plus tourmenté qu’il n’en a l’air, et ne sait pas trop quoi faire de ses troubles affectifs. On sent bien que sa volonté d’intégrer l’équipe de hockey révèle surtout sa difficulté à canaliser son énergie et ses désirs, tout comme sa volonté d’affirmer maladroitement sa virilité. L’histoire de sa demi-sœur est en apparence plus banale : assumant plus librement sa sexualité, elle va papillonner de garçon en garçon, et l’on se prend à se demander quel est l’intérêt de cette histoire somme toute commune. Jusqu’à une scène paroxystique que l’on ne voit pas venir et qui clôt douloureusement cette première partie.

Et là, Genèse nous offre une sorte de reboot absolument inutile, où l’on nous raconte l’histoire d’un plus jeune garçon qui tombe amoureux, dans un camp de vacance. L’histoire de Guillaume et de Charlotte avait déjà du mal à nous tenir en haleine tout du long, et on se dit que le film aurait très bien pu s’arrêter avec la fin de leur parcours. La couche de narration supplémentaire qui nous est proposée avec Félix et Béatrice n’apporte absolument rien. On comprend bien pourquoi Philippe Lesage a voulu revenir sur un personnage qu’il avait déjà suivi dans Les démons, et qui symbolise ici la genèse (d’où le titre, pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi) de toute histoire d’amour, mais cette sur-explication est superfétatoire et cette petite affèterie ruine les tentative de naturel qui prévalaient jusqu’à présent.

Cela dit, Genèse se tient artistiquement : la photographie est belle sans être tape-à-l’œil et la musique lancinante, quoique parfois énervante, a le mérite de donner une cohérence supplémentaire à l’ensemble du long-métrage. Le petit truc de mise en scène, qui nous fait nous demander tout au long du film dans quelle époque l’on se situe, est amené d’une façon assez délicate et se révèle finalement efficace. On comprend bien, cela dit, le message sous-jacent, de dire que l’on pourrait se retrouver n’importe quel Samedi soir sur la Terre, comme l’a chanté un célèbre troubadour gascon. Et donc que les amours adolescentes se ressemble souvent, avec leur lot d’émois et de déceptions, qui marquent la trajectoire d’un garçon ou d’une fille. Si certaines scènes sont marquantes, le film mériterait tout de même de  se voir resserré.

Ma note : **

Genèse (2019) Philippe Lesage
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