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Versus (2019) François Valla

par Neil 17 Avril 2019, 02:19 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 8 mai 2019
Genre : adolescent tourmenté
Durée : 1h20
Scénario : Nicolas Journet, Sophie Kovess-Brun et Erwan Augoyard
Image : Tristan Tortuyaux et Romain Wihlelm
Musique : Benoit de Villeneuve et Benjamin Morando
Avec Jérémie Duvall (Achille), Lola Le Lann (Léa), Jules Pélissier (Brian), Karidja Touré (Camille), Victor Belmondo (Kevin), Matilda Marty (Noémie), Benjamin Baffie (Gabriel)…

Synopsis : Achille, un adolescent parisien issu d’une famille aisée est victime d’une agression violente. Envoyé en vacances en bord de mer pour se reconstruire, il rencontre Brian, un jeune homme en colère. De leur confrontation va naître leur vraie nature.

Mon avis : Traumatisme et rapports de classe

Des premiers films français, il en sort tous les ans pléthore, et c’est souvent intéressant de voir quel peut être le pédigrée de ses auteurs. Justement on ne sait pas grand-chose du réalisateur de Versus, François Valla, mis à part qu’il a plutôt une formation de plasticien et que ses deux premiers court-métrages, Wakefield et Beauséjour, ont été en compétition au Festival de Clermont-Ferrand, où le premier avait décroché un Prix de la jeunesse. Il a aussi travaillé avec Partizan Midi Minuit, société de production qui a pu compter parmi ses membres Michel Gondry, Kim Chapiron ou Quentin Dupieux : voilà qui a de quoi mettre la puce à l’oreille. Pour peaufiner son scénario, il s’adjoint les services de jeunes recrues, qui ont déjà travaillé avec Katell Quillévéré ou qui viennent de l’univers des séries (Engrenages par exemple).

Dans un bus de nuit, Achille écoute sa musique quand il se fait bousculer par plusieurs garçons. L’altercation dégénère, on lui vole son portefeuille et quand il riposte, il se retrouve seul contre cinq et ne peut rien faire que d’encaisser les coups. Quelques temps plus tard, il arrive chez sa tante pour des vacances au Cap Ferret. Là il retrouve sa cousine Léa, qui traîne avec sa meilleur amie Camille, et une bande de potes. Ils ne tardent pas à organiser une soirée dans leur grande maison avec piscine et alcool à foison. Un de leurs amis a fait appel à Brian, jeune père de famille et accessoirement dealer, pour lui acheter de la drogue. Il le conduit dans la remise où Brian découvre des armes à feu. De son côté, Achille passe du bon temps et n’entend même pas Brian provoquer l’ensemble des invités en rentrant dans la maison.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Versus ne s’embarrasse pas du superflu. D’une durée courte (le film fait moins d’une heure trente), le premier long-métrage de François Valla traite son sujet, et ne cherche pas à digresser ni à explorer ses personnages. On pourrait croire que c’est un défaut mais finalement cela convient parfaitement au rythme du film et au propos du cinéaste. On ne sait pas grand-chose d’Achille : on ne voit jamais ses parents, et sa seule caractéristique est sa situation sociale, visiblement aisée. En face on ne connait de Brian que ses conditions de vie précaires, seules quelques bribes d’informations nous sont fournies sur ses relations avec sa compagne et sa belle-fille. La confrontation entre Achille et Brian se fera donc à partir de ces quelques traits, et se basera principalement sur des rapports sociaux.

Pourtant Versus n’a rien d’une dissertation de première année de fac de sociologie. Le film ne prétend donner aucune leçon de vie ni asséner de discours lénifiant. C’est avant tout une fiction haletante, qui démarre comme une chronique adolescente pour se muer petit à petit en film de genre. Chaque scène déborde de vie, entre les corps dénudés sur les plages d’été, les émois sexuels favorisés par l’indolence des vacances, mais aussi l’ennui qui accompagne l’adolescence, son insouciance et son insolence. Bien que peu développés, ce qui apparait parfois frustrant pour le spectateur, les deux personnages principaux qui donnent corps au récit parviennent à acquérir l’épaisseur nécessaire à conduire un récit cohérent. Tout concourt à un final à la fois attendu (les flashbacks redondants sont suffisamment explicites pour nous tenir en haleine) et malgré tout surprenant.

Car la seconde partie de Versus, inspirée de nombreux films de série B, parvient à aménager des moments de pure jubilation. Tout au long du film, des petites touches humoristiques sont d’ailleurs distillées entre deux scènes parfois attendues ou bien un peu lourdes (le personnage incarné par Michael Cohen se révèle par exemple inutilement tiré par une grosse ficelle scénaristique). Mais dans l’ensemble, le film se tient très bien et l’on peut saluer un casting tout à fait cohérent. Une mention spéciale mérite d’être accordée aux deux acteurs principaux que sont Jérémie Duvall et Jules Pélissier. Le premier, que l’on a pu découvrir çà et là dans quelques long-métrages, possède un charme assez envoutant, et une sacrée gueule d’ange. Le second, qui a fait son petit bout de chemin depuis La nouvelle star, possède ce petit quelque chose de dangereux, parfait pour le rôle qu’il incarne.

Ma note : ***

Versus (2019) François Valla
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