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Coming out (2019) Denis Parrot

par Neil 1 Mai 2019, 02:06 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 1er mai 2019
Durée : 1h03
Genre : web vidéos
Montage son : Olivier Laurent
Mixage : Bruno Mercère
Musique : Simon Goubert, Daniel Barda, Vincent Carlo, Eugene Ysaye, Ally Hills et Kevin Seddiki
Avec Campbell Gateley, Adam Jernberg, Shayla Miller, Stephen Clifford, Matthew Schueller, Danny Noriega, Emma Wicks, Daniel Ashley Pierce, Artem Kolesov, Cayden Paul, Coltan Ryals, Marcelino Cavallo, Isaiah Larkin, Loren Baldwin...

Résumé : À travers un montage de vidéos bouleversantes filmées par des jeunes du mont entier, Coming out nous fait vivre au plus près ce moment de basculement intime et social qu'est le coming out.


Mon avis : Baby I was born this way

Pour son premier documentaire, le monteur et infographiste Denis Parrot a choisit de rassembler plusieurs vidéos qu'il a trouvé sur Internet. Ainsi, l'idée initiale de Comng out est venue à son réalisateur quand il est tombé via Internet sur une vidéo postée par un jeune homme qui révélait son homosexualité à sa grand-mère. La vidéo de près de dix minutes montre le jeune homme parlant au téléphone de choses  banales avant qu'il fasse son coming out. Puis Denis Parrot s'est rendu compte qu'on pouvait trouver des milliers de vidéos de ce genre, postées de plusieurs coin du Monde. Ayant grandi à une époque où les réseaux sociaux n'existaient pas encore, Denis Parrot se sent fasciné par ces tranches de vie qui sont partagées, et se dit qu'il y a matière à en faire un long-métrage. Il en visionne beaucoup et décide d'en présenter un montage, en sélectionnant celles qui l'émeuvent ou le frappent le plus.

À Perth, en Australie, le jeune Campbell se filme avec sa mère et son petit frère. Assis sur le canapé, il leur annonce qu'il est gay. Sa mère rigole et son frère le regarde bizarrement. Quand il dit qu'il l'a déjà annoncé à ses amis de l'école, sa mère lui demande si il va le dire à son père, et pourquoi il a mis si longtemps à le leur dire. Quant à son frère, il a du mal à croire que c'est pour de vrai, et il n'est pas vraiment à l'aise avec cette révélation. Il veut en savoir plus, et Campbell n'hésite pas à lui répondre qu'il préfère les sexes masculins que les « nichons ou les vagins ». Puis l'on suit Jesi au Cap, qui s’apprête à appeler sa mère. Elle lui annonce qu'elle est lesbienne. Sa mère le lui fait répéter car elle n'avait pas bien entendu. Elle essaye de comprendre ce que ça veut dire pour sa fille. Elle lui dit alors qu'elle n'en est pas moins féminine, ce que Jesi approuve complètement. Quand sa mère lui dit que c'est un choix, elle n'est par contre pas d'accord.

La simplicité et l'absence de prétention de Coming out en fait une de ses grandes qualités. Le documentaire diffuse les vidéos les unes après les autres, sans aucun commentaire, et sans transition. Les actrices et les acteurs sont des jeunes femmes et des jeunes hommes de différents pays, qui ont à la fois la même expérience et un vécu complètement différent. Il s'agit de montrer des moments cruciaux de la vie de ces adolescentes et de ces adolescents, et l'inscription dans le temps et dans l'espace est une façon délicate de la part du réalisateur de leur exprimer que ces histoires leur appartiennent et qu'elles et ils auraient tout intérêt à s'en souvenir précisément. Le coming out, auprès des parents plus particulièrement, est un moment charnière qui s'inscrit dans un mouvement d'acceptation de soi parfois compliqué, parfois douloureux, mais en tout cas jamais simple.

Ainsi les segments de Coming out présentent quasiment tous une même caractéristique, la présence de la mère. C'est une réalité frappante que le documentaire met en avant : il est bien souvent plus facile de révéler son homosexualité, ou sa trans-identité, à un élément féminin. Et chacune et chacun des adolescentes et des adolescents se retrouve dans un état de fébrilité manifeste. Elles et ils ont préparé leur intervention depuis longtemps, et se rendent compte de l'importance de leur message. Si la web-caméra est présente, ce n'est pas par souci de narcissisme mais pour faire acte de témoignage. Il faut partager ce moment, non pas pour devenir célèbre, mais pour aider celles et ceux qui n'auraient pas le courage, pour leur dire combien cet acte apporte certes de la violence quelquefois mais surtout de la libération. C'est une étape nécessaire, non pas tant pour les autres que pour soi-même.

D'ailleurs plusieurs des vidéos de Coming out sont d'une violence assez rare. On pense à ce pauvre Daniel, qui quand il fait son coming out auprès de ses parents, ne reçoit que du rejet et de la haine. Ils l'insultent, le maltraitent et l'expulsent de son foyer. Ceci non pas dans un pays où l'homosexualité est interdite, mais bien dans un petit bled du fin fond des États-Unis. On se rend ainsi compte combien un acte qui nous paraît aussi anodin peut se révéler dangereux et incompris. Tout aussi frappant est la captation de ce répondeur d'une église baptiste, toujours aux États-Unis, qui déverse ses propos haineux à des personnes qui ne veulent que du support et de l'amour. À côté de ça, heureusement, on retrouve quelques moments d'humour, comme ce passage où Danny Noriega, alias Adore Delano, drag-queen apparue notamment dans le RuPaul's Drag Race, plaisante avec sa mère sur son homosexualité.

Ma note : ****

Coming out (2019) Denis Parrot
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