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Noureev (2019) Ralph Fiennes

par Neil 19 Juin 2019, 02:24 2010's

Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 19 juin 2019
Genre : moment crucial
Durée : 2h02
Scénario : David Hare, d’après l’œuvre de Julie Kavanagh
Image : Mike Eley
Musique : Ilan Eshkeri
Avec Oleg Ivenko (Rudolph Noureev), Ralph Fiennes (Alexander Pushkin), Adèle Exarchopoulos (Clara Saint), Raphaël Personnaz (Pierre Lacotte), Louis Hofmann (Teja Kremke), Chulpan Khamatova (Xenia Pushkin)…

Synopsis : Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l'Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d'amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d'un bon œil ses fréquentations « occidentales » et le rappellent à l'ordre.

Mon avis : Fais ton choix, camarade

On a découvert Ralph Fiennes au début des années 1990, où pour l’un de ses premiers films il partageait l’affiche de La liste de Schindler avec Liam Neeson. Ce qu’on ne connait pas beaucoup, c’est la passion qu’il a développée pour la Russie, lui-même parle russe, et que c’est un des acteurs anglo-saxons les plus apprécié dans ce pays. Ayant apprécié la biographie qu’a consacré Julie Kavanagh au danseur étoile et chorégraphe Rudolph Noureev en 1998, Ralph Fiennes se dit que cette histoire serait matière à un bon film. Il garde cette pensée de côté tout en poursuivant sa carrière d’acteur, puis de réalisateur à l’orée des années 2010 (ses deux premiers films ne sont visiblement sortis qu’en DVD ou en VOD en France). Quand il décide de réaliser Noureev, il s’adjoint l’aide d’un scénariste aguerri, David Hare, qui avait notamment assisté Stephen Daldry pour adapter The hours.

Au début des années 1960, Alexander Pushkin est interrogé par le KGB au sujet de Rudolph Noureev. Le danseur étoile est passé à l’Ouest et son professeur de danse insiste sur le fait que le jeune homme est apolitique et que la seule chose qui l’intéresse est la danse. En 1938, dans un train, une femme accouche d’un petit garçon, le futur Rudolph Noureev. Retour en 1961, où une délégation russe du Ballet du Kirov, dans laquelle figure le danseur, débarque en France. À l’aéroport les journalistes se précipitent pour leur demander ce qu’ils ressentent, et s’ils pensent que ce geste améliorera les relations tendues en ces périodes de Guerre froide. Arrivé à son hôtel, Noureev s’échappe quelques instants pour marcher sur la Place de la République, où, avec émotion, il lit sur la statue la devise Liberté, égalité, fraternité.

La conception de Noureev a vu s’affronter deux visions de la mise en scène. D’un côté, le scénariste David Hare insiste sur le fait que le film doit se dérouler en 1961, durant la courte période où Rudolph Noureev a pour la première fois séjourné à Paris. De l’autre côté, le réalisateur du film, Ralph Fiennes, s’appuie sur le fait que la biographie de Julie Kavanagh raconte le parcours du futur directeur de l’Opéra de Paris, pour imposer son idée d’une structure ternaire. Pour lui il est essentiel, pour expliquer le geste de Noureev, de raconter son enfance et son apprentissage à l’Institut chorégraphique d'État de Leningrad. Le résultat des courses est une structure bancale, où l’on passe d’une époque à l’autre sans transition, et où une grande partie des flashbacks n’apporte rien au cœur de l’histoire, qui est pourtant en soi passionnante.

Car on comprend l’intérêt qu’a pu ressentir Ralph Fiennes à réaliser Noureev, dont la partie parisienne est remarquable. Tous les éléments sont présents : de l’émotion, de la sensualité, de la beauté artistique comme plastique, de la tension, du suspense. Cette anecdote qui est arrivée à Rudolph Noureev est absolument fascinante, et la mise en scène de Ralph Fiennes lui rend tout à fait hommage. En particulier, la séquence de fin qui se déroule à l’aéroport du Bourget est digne des grands films d’espionnage. La tension y monte crescendo, les spectateurs sont captivés par le destin des personnages, qui prennent enfin chair, après un début un peu convenu. On se dit que, le film se serait concentré sur cette partie, il en aurait gagné en épure : on n’a pas besoin de ces quelques scènes originelles pour se douter qu’on ne devient pas Rudolph Noureev par hasard.

La distribution de Noureev est à l’image du long-métrage : prometteuse et à moitié réussie. L’acteur principal est tout à fait investi dans le rôle-titre. Oleg Ivenko est un danseur classique qui transmet assez bien la fougue et l’impétuosité du jeune Rudolph Noureev. S’il n’a pas l’étoffe d’un grand acteur, son investissement se voit à l’écran et l’on n’a pas trop de mal à voir en lui l’étincelle du « Seigneur de la danse » en devenir. À ses côtés, Adèle Exarchopoulos incarne une très pâle Clara Saint, quasiment inexistante, et le pauvre Raphaël Personnaz ne fait, malheureusement, que de la figuration. Le film possède toutefois une solide qualité artistique, malgré la lumière sépia qui nimbe la belle reconstitution d’époque. Le travail sur les décors et les costumes est assez discret mais ajoute de la crédibilité à un film en demi-teinte, mais qui a du potentiel.

Ma note : **

Noureev (2019) Ralph Fiennes
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commentaires

dasola 21/08/2019 20:22

Bonsoir Neil, malgré tes bémols, je pense que tu as tout de même aimé ce film. J'ai été personnellement agréablement surprise. Bonne soirée.

Neil 26/08/2019 14:45

Bonjour Dasola, je reste mitigé concernant le film : si le sujet est intéressant, le traitement et la mise en scène me gênent un peu tout de même. Bonne journée

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