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Rocketman (2019) Dexter Fletcher

par Neil 22 Mai 2019, 02:25 2010's

Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 29 mai 2019
Durée : 2h01
Genre : biopic fantasque
Scénario : Lee Hall
Image : George Richmond
Musique : Matthew Margeson

Avec Taron Egerton (Elton John), Jamie Bell (Bernie Taupin), Bryce Dallas Howard (la mère d’Elton John), Richard Madden (John Reid), Steven Mackintosh (Stanley), Gemma Jones (Ivy)...

Résumé : Rocketman nous raconte la vie hors du commun d’Elton John, depuis ses premiers succès jusqu’à sa consécration internationale. Le film retrace la métamorphose de Reginald Dwight, un jeune pianiste prodige timide, en une superstar mondiale. Il est aujourd’hui connu sous le nom d’Elton John. Son histoire inspirante -  sur fond des plus belles chansons de la star – nous fait vivre l’incroyable succès d’un enfant d’une petite ville de province devenu icône de la pop culture mondiale.

Mon avis : He’s still standing after all this time

Il faut avouer que la genèse de Rocketman est un peu compliquée. Le projet a été initié par Sir Elton John himslef en 2012. Le chanteur décide de produire un film basé sur ses débuts, et imagine alors non moins que Justin Timberlake pour incarner son personnage. Le dramaturge Lee Hall est alors engagé pour mener – on le suppose à quatre mains – à bout le scénario du film. Les deux hommes se connaissent puisque Lee Hall avait écrit le livret de la comédie musicale adaptée de Billy Elliot, dont la musique avait été composée par Elton John. L’acteur principal de Billy Eliott, Jamie Bell, sera d’ailleurs engagé pour incarner l’éternel comparse du chanteur britannique, à savoir Bernie Taupin. Après que l’on eut cru que Tom Hardy jouerait le rôle d’Elton John, c’est finalement Taron Egerton qui est choisi, tandis que le réalisateur de film est passé dans les rumeurs de Baz Luhrmann à Dexter Fletcher en passant par Michael Gracey.

Un homme se présente déguisé de façon extravagante à une réunion des alcooliques anonymes. Son nom est Elton Hercules John et il est alcoolique, mais aussi accro à la cocaïne, au shit, au sexe, boulimique et consommateur compulsif. À la question de la modératrice de séance, qui lui demande pourquoi il est là, il répond une boutade défensive, pour finalement déclarer qu’il a envie de changer. Elle l’interroge alors sur son enfance et Elton John se met à chanter, bientôt rejoint par une projection de lui-même, enfant. Ils se retrouvent dans les années 1950, quand le jeune Reginald Kenneth Dwight vit avec sa mère, femme au foyer autocentrée et peu attentive, son père, pilote de la Royal Air Force, autoritaire et absent, et sa grand-mère, qui semble la seule à faire attention à ses talents naissants de musicien. Il assiste régulièrement aux disputes de ses parents et ne se sent pas vraiment aimé dans cette famille où l’on affiche pas ses sentiments.

Un seul parti-pris de mise en scène est exploité dans Rocketman, et de façon assez habile. Le film se présente quasiment comme un opéra-rock, à l’instar de Bohemian Rhapsody, dont Dexter Fletcher a été le réalisateur de secours après le désengagement de Bryan Singer. Ici, les textes des chansons viennent appuyer le récit. Ainsi, Sorry Seems to Be the Hardest Word va illustrer une dispute entre Elton John et sa mère, expliquant combien il est difficile pour l’une comme pour l’autre de s’excuser. De même, Goodbye Yellow Brick Road va servir de prétexte pour nous faire comprendre que Bernie Taupin est en train de réaliser combien son acolyte est en train de perdre pied et qu’il a besoin de prendre ses distances avec lui. C’est un mécanisme assez basique, littéral et simple mais qui fonctionne assez bien. Cela nous permet d’éviter un peu la traditionnelle chronologie, et il faut dire que les textes des chansons s’adaptent assez correctement aux situations vécues par les protagonistes.

L’astuce scénaristique de Rocketman, qui consiste à partir de la cure de désintoxication d’Elton John, au début des années 1990, pour élaborer un retour sur sa vie, est assez intéressante. Cela nous permet de plonger dans l’histoire plutôt habilement, et cela circonscrit la longue période artistique du chanteur à ses débuts et à la gloire foudroyante qu’il va expérimenter. Il faut dire que l’un de ses plus gros succès, à soir Your song, a été composée dès son deuxième album, au début des années 1970. Ce qui fait tout de même une période de vingt ans, survolée de façon énergique au rythme de ses multiples succès. Ce qui pêche un peu, c’est l’insistance appuyée sur l’aspect psychologisant des faits et gestes du personnage principal, principalement motivée par l’abandon. L’enfant qui a vu son père quitter le domicile conjugal va devenir un adulte abandonnique, mettant en place inconsciemment les mécanismes qui le conduiront à se faire larguer par ses proches.

C’est un peu lourd, souvent amené de façon sirupeuse et demeure assez simpliste. De plus, qui connaît peu ou prou la trajectoire d’Elton John n’apprendra pas grand-chose dans Rocketman. L’artiste ne s’est jamais caché d’avoir connu des périodes chaotiques dans sa vie privée, que ce soit par rapport à ses addictions diverses et variées que par rapport à ses relations sentimentales tourmentées. Heureusement on échappe, malgré quelques cartons à la fin du film, à l’hagiographie complète d’une fin de carrière adoubée par tout le monde et où il deviendra un symbole de réinsertion et de probité. On passe tout de même un moment agréable devant le film, pour peu que l’on apprécie les chansons d’Elton John, dont les tubes les plus connus sont souvent interprétés de façon intégrale. Les acteurs jouent dans la surenchère, à l’image du personnage publique que le chanteur s’est lui-même construit, et l’émotion pointe à quelques rares instants.

Ma note : **

Rocketman (2019) Dexter Fletcher
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