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Voyez comme on danse (2018) Michel Blanc

par Neil 9 Mai 2019, 02:09 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 10 octobre 2018
Durée : 1h28
Genre : vaudeville parisien
Scénario : Michel Blanc, d’après les personnages créés par Joseph Connolly
Image : Pierric Gantelmi d'Ille
Musique additionnelles : Ibeyi...
Avec Karine Viard (Véro), Jean-Paul Rouve (Julien), Carole Bouquet (Lucie), William Lebghil (Aex), Charlotte Rampling (Elizabeth), Jacques Dutronc (Bertrand), Sara Martins (Serena), Michel Blanc (Jean-Pierre)...

Résumé : Voyez comme ils dansent… Julien sent comme une présence hostile derrière lui en permanence. Alex, son fils apprend qu’Éva, lycéenne de 17 ans a oublié de le prévenir qu’il allait être père. La mère d’Éva Véro, dans une sale passe depuis sa naissance pense qu’elle va être obligée d’arracher le sac des vieilles pour nourrir le futur enfant. Elizabeth, dont le mari Bertrand s’est volatilisé, voit sa maison dévastée par une perquisition. Lucie exaspérée par les délires paranos de Julien, son mari, est au bord du burn out conjugal.


Mon avis : On prend les mêmes et on ne recommence pas

Au début des années 2000, Michel Blanc avait eu la très bonne idée d'adapter le roman de Joseph Connolly, Vacances anglaises, sorti trois ans auparavant, avec Embrassez qui vous voudrez. Alors que l'auteur anglais avait ensuite pris le parti de retrouver ses personnages quelques mois plus tard dans N'oublie pas mes petits souliers, le réalisateur choisit avec Voyez comme on danse de les fait évoluer quinze années après leurs déboires estivaux. Il prend le soin de garder l'ossature de son premier film, avec la toujours aussi paumée Véro, amie de la riche Elizabeth, sans oublier la malheureuse en ménage Lucie. Et il leur adjoint des personnages secondaires qui seront le moteur initial de l'intrigue, et qui les feront interagir. Michel Blanc se garde le rôle qu'il interprétait déjà dans le premier film, en beaucoup moins développé mais toujours aussi déjanté. Tout comme l'ensemble des personnages, dont le grain de folie pimente les péripéties.

En se réveillant, Elizabeth ne retrouve pas son mari Bertrand à ses côtés. Elle a tout juste le temps de le voir avant qu'il ne parte, peut-être pour plus longtemps qu'elle ne le pense. De son côté, Julien, persuadé qu'il est suivi, entend des pas au-dessus de lui quand il descend les escaliers. Véro, quant  elle, discute avec sa copine de la plastique de leur coach durant leur cours d'aquagym. Elle lui raconte que sa fille Éva arrive le lendemain de Nantes, où elle fait lycée hôtelier. Elle lui organise un anniversaire surprise en famille pour ses 17 ans. L'épouse de Julien, Lucie, le découvre caché dans le rideau : il surveille les types louches qui tournent autour de sa voiture. Il se trouve que l'un d'entre eux est Alex, le fils de Julien. Il vient pour demander à son père de lui prêter sa voiture le lendemain. Celui-ci refuse car il aura besoin de sa voiture pour partir à Cabourg, où il est invité par un de ses clients dans un palace.

La mécanique du boulevard est au rendez-vous avec Voyez comme on danse, tout comme dans l'ensemble des films de Michel Blanc. Depuis Grosse fatigue, le réalisateur s'emploie à partir d'une intrigue assez basique pour développer des personnages aux caractères bien trempés et les pousser dans des situations burlesques. Il tisse ainsi un réseau d'amitiés cinéphiles, dont l'exemple le plus frappant est celui du couple qu'il forme, film après film, avec Carole Bouquet. Quel que soit le film, il va s'appuyer sur ce couple improbable qu'ils forment pour leur faire vivre des aventures toujours aussi délirantes. Chacun garde les traits de son personnage initial, et même si les noms ne sont plus les mêmes, on les retrouve avec un certain plaisir. C'est ce qu'il a voulu exploiter en reprenant les personnages principaux d'Embrassez qui vous voudrez quinze ans après pour leur imaginer un destin fantaisiste.

C'est une belle idée sur le papier, d'autant plus que ce parti-pris permet aux spectateurs n'ayant pas vu Embrassez qui vous voudrez de ne pas se sentir perdus avec Voyez comme on danse. Ceux qui se souviennent du premier opus pourraient par contre paradoxalement être perdus, car si l'on retrouve les personnages, les années ayant passé une certaine dureté apparaît. On perd ainsi en légèreté et les situations qui semblaient doucement loufoques à l'époque sont maintenant un peu lourdes. Mais qu'importe, la musicalité des dialogues concoctés par Michel Blanc est toujours là, et l'on peut compter sur des répliques cinglantes qui font tout le charme de ses long-métrages. Les scènes sont souvent tirées par les cheveux, et le trait est parfois trop appuyé, mais la mécanique du boulevard, trempée à l'acide via une satire des mœurs contemporaines, fonctionne tout de même.

Si Voyez comme on danse marche aussi bien, c'est en grande partie grâce à ses comédiennes et à ces comédiens. Les premières se distinguent, et l'on sent bien que Michel Blanc a pris un soin plus particulier à les mettre en valeur. Bien entendu Carole Bouquet livre une prestation haute en couleur, avec sa personnalité en apparence froide qui cache un tempérament de feu. Comme d'habitude, pourrait-on dire, et c'est d'ailleurs le cas pour l'ensemble du casting. Karine Viard est une fois de plus paumée, Charlotte Rampling est toujours aussi magnifiquement distinguée et décalée. En fait on prend du plaisir à les retrouver, et l'on sent que Michel Blanc s'attache à exploiter les filmographies de chacune et de chacun pour développer leurs alter ego. On pourrait prendre cela pour de la facilité ou  du confort, ou bien tout simplement comme un plaisir basique de spectateur. On passe un très bon moment, sans doute pas mémorable mais qu'importe.

Ma note : ***

Voyez comme on danse (2018) Michel Blanc
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