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Lost holiday (2019) Michael & Thomas Matthews

par Neil 24 Juillet 2019, 02:06 2010's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie inconnue
Durée : 1h15
Genre : enquête foutraque

Scénario : Michael & Thomas Matthews
Image : Donavan Sell
Musique : James Iha

Avec Thomas Matthews (Henry), Kate Lyn Sheil (Margaret), Keith Poulson (Sam), Ismenia Mendes (Amber Jones), William Jackson Harper (Mark), Tone Tank (Le Russe)…

Résumé : Margaret et Henry rentrent à Washington DC pour les fêtes. Les vacances de Margaret sont gâchées lorsqu'elle découvre, lors d'une fête de Noël avec d'anciens amis du lycée, que son ex-copain s'est fiancé. Margaret et Henry quittent la soirée pour acheter de la drogue. Ce qui avait commencé comme une nuit de débauche se transforme peu à peu en une quête personnelle, lorsque les deux protagonistes se persuadent qu'ils sont les seuls à pouvoir résoudre le kidnapping d'une riche héritière locale.

Mon avis : premier film indépendant fauché

Les réalisateurs et scénaristes de Lost holiday sont deux frères, Michael et Thomas Matthews. Si c’est leur premier long-métrage, ils ont déjà navigué dans quelques projets audiovisuels. Michael avait notamment réalisé un film pour Netflix, Five fingers for Marseilles, qui traitait de l’apartheid en Afrique du Sud. Thomas, quant à lui, qui joue aussi le premier rôle du film, apparaissait vaguement dans Le dernier pub avant la fin du monde. Il a également interprété un des rôles récurrents de la série The newsroom, où il a rencontré Emily Mortimer, qui intervient dans leur premier film, non pas directement mais via son organe vocal : c’est la journaliste à la radio qui annonce les nouvelles locales. À leurs côtés, on retrouve Kate Lyn Sheil, une habituée du cinéma indépendant américain, et qui a tenu un rôle durant quelques épisodes de House of cards. Ils choisissent pour leur premier film un tournage en 16 mm qui accentue la caractère indie de leur projet.

En arrivant à Washington pour les fêtes de fin d’année, Margaret et Henry se souviennent de la dernière fois qu’ils sont venu, l’an dernier. Ils avaient réussi à rentrer de nuit dans une piscine et s’étaient amusés comme des gamins avant qu’un gardien ne les délogent. Cela symbolisait pour eux la fin d’une époque où tout était permis, et ils s’en rendent compte amèrement chez leurs amis, qui organisent une fête entre Noël et Nouvel an. Tous sont plus ou moins installés maintenant, en particulier Mark, l’ex de Margaret, dont la fiancée attend un enfant. Les deux compères décident de quitter la soirée pour se rendre chez un dealer surnommée « Le russe ». Celui-ci s’avère être un aspirant acteur porno, qui leur montre une vidéo amateur où une jeune femme le suce. Tandis que Henry s’en va, Margaret, qui a consommé de la cocaïne, se laisse séduire par « Le Russe » et finit par coucher avec lui.

On a du mal à savoir si Lost holiday est un titre à prendre au premier degré ou s’il est ironique. Car à première vue, clairement, les personnages du film perdent leur temps, qui il faut bien le dire n’est pas si précieux que ça. Aucun d’entre eux n’a de problème véritable, mis à part les quelques tourments existentiels qu’ils s’infligent, et on ne peut pas dire qu’ils se préoccupent de leur avenir, ni professionnel, qui n’est jamais évoqué, ni financier, qui n’a pas l’air d’être un problème pour eux. Mais justement, ces quelques jours passés ensemble, qui constituent une aventure peu banale, peuvent être considéré comme un divertissement tout à fait bénéfique pour ces êtres qui s’ennuient à mourir, comme nous le précisent un début de film qui traine en longueur et qui risque de rebuter nombre de spectateur. On a ainsi du mal à rentrer dans une intrigue qui ne décolle véritablement qu’au milieu.

À partir du moment où l’argument véritable du film, à savoir cette course-poursuite policière, est engagé, le rythme s’emballe un peu et l’intérêt du spectateur, s’il est resté jusque-là attentif, peut décoller. On s’engouffre alors dans une aventure de Pied-Nickelés gentillets, un peu comme si les frères Coen (tiens donc, encore un duo de frères à la mise en scène) choisissaient d’ancrer leurs personnages principaux dans des milieux sociaux plus aisés qu’ils n’en ont l’habitude. Évidemment, Lost holiday reste un premier film, et nous sommes loin d’être au niveau de Blood Simple, mais on sent une filiation plus ou moins revendiquée par les frères Matthews. Leur humour est assez décalé, et leurs personnages sont clairement des paumés dans leur tête, entre le grand dadais immature et la dégingandée dépendante affective qui ne parvient pas à construire quoi que ce soit : ça sent les adulescents comme on en voit dans beaucoup de films.

Le résultat est mi-figue, mi-raisin. Pour les amateurs de films indépendants, labellisés Sundance (même si en l’occurrence il s’agit plutôt d’une autoproduction) et qui navigue de festival en festival avant de taper dans l’œil d’un potentiel distributeur, Lost holiday vaut le coup d’œil. Après, de nombreux défaut émaillent le long-métrage : la photographie n’est pas travaillée, les cadres ne sont pas vraiment réfléchis, et la longueur du film est problématique. N’atteignant que difficilement ses soixante-quinze minutes, l’œuvre pourrait soit être resserrée à la manière d’un moyen-métrage, soit augmentée pour atteindre une taille un peu plus critique (on pense à la relation amoureuse entre Margaret et Mark, qui reste à l’état d’ébauche et qui mériterait un traitement plus long). Kate Lyn Sheil et Thomas Matthews s’en sortent tout de même assez bien, même si une fois de plus leurs rôles pourraient être plus étoffés.

Ma note : *

Lost holiday (2019) Michael & Thomas Matthews
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