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Fête de famille (2019) Cédric Kahn

par Neil 4 Septembre 2019, 02:45 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 4 septembre 2019
Durée : 1h41

Genre : anniversaire gâché
Scénario : Fanny Burdino et Samuel Doux
Image : Yves Cape
Avec Catherine Deneuve (Andréa), Vincent Macaigne (Romain), Emmanuelle Bercot (Claire), Cédric Kahn (Vincent), Laetitia Colombani (Marie), Alain Artur (Jean), Luana Bajrami (Emma)…

Résumé : « Aujourd’hui c'est mon anniversaire et j'aimerais qu'on ne parle que de choses joyeuses. » Andréa ne sait pas encore que l'arrivée « surprise » de sa fille aînée, Claire, disparue depuis 3 ans et bien décidée à reprendre ce qui lui est dû, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale.

Mon avis : l’heure d’automne

Selon ses propres dires, Fête de famille a été grandement inspiré à Cédric Kahn par ses propres expériences, ce qui laisse augurer de rapports familiaux assez peu sereins. Le réalisateur de La prière s’inscrit ici dans une certaine tradition du cinéma, qui d’Un conte de Noël à Fanny et Alexandre en passant par Festen, nous relate des histoires familiales souvent compliquées. Ce qui est souvent l’occasion pour un réalisateur de faire le point ou bien de faire passer des messages douloureux autour de moments dits « festifs ». On songe beaucoup à L’heure d’été durant une grande partie du film, au vue de sa thématique inaugurale sur l’héritage, ou bien à Paris pour les relations entre frères et sœurs. Pour une fois, Cédric Kahn s’est lui-même choisi pour interpréter l’un des rôles principaux, pas des plus facile, et il a également choisi des actrices et des acteurs ayant d’autres métiers artistiques, comme Laetitia Colombani ou bien Joshua Rosinet.

Dans leur demeure familiale du Bordelais, les petits-enfants d’Andréa préparent la fête qu’ils prévoient à l’occasion de l’anniversaire de leur grand-mère. Leur père, Vincent, le fils aîné d’Andréa, est là avec son épouse Marie, médecin généraliste. Le second fils, Romain, est venu quant à lui avec sa nouvelle compagne, Rosita, dont tout le monde a du mal à retrouver le prénom. Une averse se produit soudainement et l’on se voit obligés de ranger tous les préparatifs qui étaient dans le jardin. C’est le moment que choisit Claire, la fille d’Andréa, pour l’appeler et lui dire qu’elle se trouve coincé sur un bord de route, en chemin vers la maison pour les rejoindre. Andréa demande alors à Vincent d’aller la chercher en voiture ; il retrouve sa grande sœur sur un parking, avec ses valises et ses sacs. Elle revient d’un voyage de trois ans aux États-Unis, où elle a tout quitté pour revenir en France sur un coup de tête.

La scène d’ouverture de Fête de famille est assez élégante. La caméra, embarquée à l’avant d’une voiture, voit s’ouvrir le portail de la demeure familiale dans laquelle va se dérouler l’intrigue. Le spectateur est ainsi invité à entrer dans l’histoire par la grande porte, faisant petit à petit connaissance avec les protagonistes du récit. La suite est beaucoup plus convenue, succession de scènes de repas et de dialogues, quasiment uniquement dans ce lieu précis et en l’espace d’une journée. Cédric Kahn se permet d’étirer le temps à certains moments, comme cette chanson quasi chantée intégralement par Emmanuelle Bercot et le réalisateur, et qui fait suite à une séquence en voiture beaucoup plus tendue. Le film fait d’ailleurs la part belle à la chanson française, comme cet air de Mon amie la rose ou comme cette chanson originale interprétée par Luana Bajrami et Joshua Rosinet, qui reviennent tous deux comme des gimmicks,

Et puis tout d’un coup Fête de famille se mue en un dispositif assez angoissant, se fermant de façon impromptue, ce que la supposée douceur dans laquelle nous étions alors plongés ne nous avait alors pas préparés. Pourtant le spectateur avisé saura reconnaitre les non-dits et les secrets bien gardés d’une famille de bourgeois de province auxquels Claude Chabrol aurait peut-être pu trouver des affinités électives. Les caractères tempétueux des personnages nous préparent tout autant à un éventuel orage, malgré la détermination avec laquelle les protagonistes du récit persistaient à ne rien vouloir voir. On se trouvait en fait dans une cocotte-minute sous pression, dont le couvercle est soigneusement recouvert tantôt par l’un ou par l’autre, et dont le bouchon est prêt à tout instant à sauter. Si cette fin un peu brutale nous pousse à réfléchir, on peut toutefois reprocher au film un certain manque d’équilibre.

Pourtant Fête de famille a sur le papier un certain cachet. On retrouve Catherine Deneuve dans un rôle taillé sur mesure, où elle peut à son aise déployer toute l’aura qu’elle dégage, son personnage étant enrichi de l’ensemble de la carrière qu’elle charrie derrière elle. L’autre figure féminine centrale du récit est incarnée par Emmanuelle Bercot, qui répète un peu un schéma qu’elle a, bon an mal an, l’habitude d’incarner au cinéma : cette figure border line qu’elle maîtrise, certes, mais qui peut finir par lasser à la longue. Tout aussi lassant est ce personnage de marginal que l’on persiste à donner à Vincent Macaigne, en roue libre comme souvent. À leurs côtés, le casting ne démérite absolument pas : Cédric Kahn et Lætitia Colombani (avec sa silhouette incontournable) sont assez remarquable, et Alain Artur s’empare avec justesse d’un personnage peu facile à cerner. On se retrouve avec un pur produit du cinéma français, pas surprenant mais intéressant.

Ma note : **

Fête de famille (2019) Cédric Kahn
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