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Brooklyn affairs (2019) Edward Norton

par Neil 30 Novembre 2019, 03:35 2010's

Fiche technique
Film américain
Titre original : Motherless brooklyn
Date de sortie : 4 décembre 2019

Durée : 2h24
Genre : enquête new-yorkaise
Scénario : Edward Norton, d’après l’œuvre de Jonathan Lethem
Image : Dick Pope

Musique : Daniel Pemberton
Avec Edward Norton (Lionel Essrog), Bruce Willis (Frank Minna), Gugu Mbatha-Raw (Laura Rose), Willem Dafoe (Paul Randolph), Alec Baldwin (Moses Randolph), Cherry Jones (Gabby Horowitz)...

Résumé : New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York…

Mon avis : New-York Confidential

Le parcours d’Edward Norton s’étoffe de plus en plus au fil du temps. On l’a vu apparaitre comme acteur au milieu des années 1990 où il manqua notamment de décrocher l’Oscar du meilleur acteur pour American History X, la statuette atterrissant finalement dans les mains de Roberto Benigni pour La vie est belle. Il passe ensuite par la case « réalisation » au début des années 2000 avec Au nom d’Anna, puis continue sa trajectoire de comédien jusqu’à ce Brooklyn affairs, qu’il réalise, produit et dans lequel il incarne le rôle principal. À l’origine du film se trouve le roman Les Orphelins de Brooklyn, écrit par Jonathan Lethem, et dont on se demande pourquoi les distributeurs ont décidé de ne pas garder la traduction originale. Il prend le parti de ne transposer l’histoire, qui se déroulait dans une époque contemporaine, dans les années 1950, se plaçant clairement dans la lignée des films de noirs de cette époque.

En 1957, le détective privé new-yorkais Lionel Essrog est atteint du syndrome Gilles de la Tourette, sans que cette maladie ne lui soit alors diagnostiquée. Il travaille avec Frank Minna qu’il considère comme son mentor. Un soir, il fait une planque pour surveiller une réunion mystérieuse à laquelle Frank participe. Doté d’une mémoire phénoménale, il écoute par le truchement d’une cabine téléphonique la conversation et suit Frank quand il sort du bâtiment, escorté par plusieurs hommes de mains. En voiture avec son coéquipier, ils tentent de retrouver les gangsters et les retrouvent finalement dans une impasse, où ils assistent, impuissants, à la tentative d’assassinat de leur patron. Échappant aux tueurs, ils emmènent Frank à l’hôpital où il doit être opéré d’urgence. Sur un brancard, il parvient in extremis à dire un mot à Lionel : Formose, avant de s’évanouir, sans que les chirurgiens ne puissent le réanimer.

La filiation de Brooklyn affairs avec les polars des années 1950 est, bien que très voire trop évidente, très habilement réalisée. Il suffit d’un premier plan pour nous embarquer dans cet univers très identifiable, et pour nous sentir à l’aise. Le travail effectué par Edward Norton et ses équipes est assez remarquable, on n’observe aucune fausse note et les moindres détails sont soignés. On retient en particulier les costumes supervisés par Amy Roth, qui a travaillé avec quelques grands noms du cinéma comme Steven Spielberg, Peter Jackson ou les frères Coen. La photographie est tout aussi travaillée, ce qui n’est pas étonnant vu le pédigrée de Dick Pope, qui avec ses quarante ans de carrière et ses deux nominations aux Oscars. Au final Edward Norton a très bien su s’entourer, signant une mise en scène assez modeste mais efficace, qui s’adapte à son histoire, elle-même apparemment fidèle dans les grandes lignes avec le roman d’origine.

Un des atouts de Brooklyn affairs, qui faisait déjà le sel du roman de Jonathan Lethem, est son personnage principal. Le fait qu’il soit atteint de la maladie de Gilles de La Tourette est assez bien exploité dans la narration, et ajoute du piquant à une histoire, injectant un brin d’humour appréciable dans cet imbroglio policier. Car il faut bien l’avouer, l’intrigue du film à tiroirs n’est pas forcément son plus bel atout. Certes on est loin d’une complication à la L.A. Confidential, mais la sophistication des histoires parallèles fait ici un peu penser à une montagne qui accouche d’une souris. Las, ce n’est pas bien grave car on sent bien que ce n’est paradoxalement pas le plus important. Le suspense distillé au compte-goutte rythme un récit qui tient plus sur l’ambiance qui nous est proposée et sur la galerie des personnages, très bien campée par des actrices et des acteurs de qualité.

Car à n’en pas douter, Brooklyn affairs possède un casting d’enfer, avec, en tête de liste, un Edward Norton qui assure le job. Il écope d’un rôle difficile à tenir sur la longueur et pourtant s’en sort très bien. Il n’en fait pas des tonnes mais suffisamment pour qu’on croie à son personnage aux troubles mentaux handicapant. Il nous touche discrètement et on en vient à s’attacher à cette histoire d’amour secondaire qu’il développe avec Gugu Mbatha-Raw, tout aussi convaincante malgré le manque relatif d’épaisseur de son personnage. Dans la famille des seconds rôles, on remarque particulièrement l'excellente Cherry Jones, dont le talent n'est pas assez exploité, mais aussi Willem Dafoe, comme à son habitude excellent malgré un maquillage un tout petit peu excessif, et Alec Baldwin qui s’amuse visiblement beaucoup de son rôle quelque peu caricatural mais fidèle aux archétypes du genre. On passe donc un très bon moment devant ce polar mené tambour battant et réalisé assez finement.


Ma note : ***

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