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Benjamin (2019) Simon Amstell

par Neil 24 Décembre 2019, 03:21 2010's

Film britannique
Date de sortie : 25 décembre 2019
Durée : 1h25
Genre : manque de confiance
Scénario : Simon Amstell
Image : David Pimm
Musique : James Righton
Avec Colin Morgan (Benjamin), Phénix Brossard (Noah), Jessica Raine (Billie), Joel Fry (Stephen), Jack Rowan (Harry), Anna Chancellor (Tessa)...

Résumé : Benjamin, jeune cinéaste en herbe, est sur le point de sortir son second film, non sans rencontrer quelques difficultés. Un soir, il tombe sous le charme d’un musicien français nommé Noah. Accablé par son manque de confiance en lui, Benjamin se retrouve confronté à sa plus grande angoisse, le sentiment amoureux...

Mon avis : I wish I was special

Présenté au Festival du film de Londres puis au Festival du film de Cabourg et au Festival Chéries-Chéris, Benjamin sort judicieusement en France pour les fêtes de fin d’année. Son réalisateur Simon Amstell est un pur produit de la télévision britannique. Dès son adolescence il apparaît dans plusieurs émissions de la chaîne publique Channel 4 et sur une chaîne pour enfants, où, pour la petite histoire, il se plaît à raconter qu’il a été remercié pour son ton sarcastique. C’est ce même esprit qui fera les grands jours de l’émission Popworld, qu’il présente durant six ans et qui lui donne l’occasion de faire ses gammes. Il poursuit sur sa lancée avec le jeu Never Mind the Buzzcocks, tout en développant son activité de scénariste pour diverses séries, dont Skin, et en préparant un spectacle de stand-up. Pour son premier long-métrage, il choisit de s’inspirer de ses relations amoureuses, et en particulier de deux d’entre elles, plus compliquées que les autres.

Benjamin regarde la dernière version de son prochain film en salle de montage avec sa productrice Tessa. Pour la énième fois, il se demande s’il ne devrait pas passer au noir et blanc ou bien remettre dans la narration une ou deux scènes. Son monteur, exaspéré, quitte la pièce et Tessa calme Benjamin, qui s’avère stressé. Il se demande comment va être la réaction du public après le relatif succès de son premier film, il y a sept ans. En rentrant chez lui, il s’occupe de son chat et regarde la vidéo d’un moine bouddhiste. Une journaliste vient l’interviewer dans son appartement et il se montre maladroit et confus. Elle l’invite cependant à une soirée promotionnelle où il se rend avec son ami Stephen. L’endroit est plein de jeunes gens bobos et ils ne s’y sentent pas vraiment à l’aise. Sur scène se produit un groupe dont le chanteur tape immédiatement dans l’œil de Benjamin, qui va tout faire pour entrer en contact avec lui.

Le créneau que parvient à trouver Benjamin est relativement bien trouvé. Le film s’inscrit dans le genre du « feel good movie gay », ce qui n’est pas vraiment banal. On retient en particulier le ton du long-métrage, où les répliques et les situations sonnent toujours en décalé, ce qui fait que le spectateur est souvent surpris par ce qui arrive. Cela tient surtout à l’écriture ciselé et en particulier aux personnages hauts en couleurs qui émaillent le récit. Benjamin est un garçon bourré de complexes et dont la dépression, qui pourrait être un frein à la narration, devient un ressort à des situations embarrassantes et loufoques. Parmi les personnages secondaires, les figures d’artistes un peu timbrés ne manquent pas de piquant, et les dialogues fusent de façon assez régulière. On sent l’influence du « one man show » que Simon Amstell a pratiqué, mais il parvient à n’en tirer que les bons aspects pour les adapter au format long-métrage.

Le réalisateur parvient aussi à faire de Benjamin un film dont les thématiques gay, sont le moteur de l’histoire, mais sans endosser les travers des films étiquetés « LGBT ». La mise en scène est sobre et sans ornement, la narration est sèche et ne s’embarrasse pas de superflu. L’histoire d’amour qui nous est présentée comme le nœud de l’intrigue est amenée de façon assez simple et ses rebondissements adviennent logiquement et au bon moment. La durée du film n’excède pas le temps imparti pour raconter ce qu’il a à dire et Simon Amstell se garde bien de plomber son récit de questionnements interminables. Au contraire, les atermoiements de son personnage sont présentés de manière humoristique, renforçant l’attachement que le spectateur peut ressentir envers lui. Ainsi, on peut relativement facilement se projeter sur les nombreuses interrogations plus ou moins métaphysiques qu’il met lui-même en scène, de façon plus ou moins consciente.

Et puis il faut bien dire que visuellement Benjamin est assez agréable à regarder. D’une part le discret travail sur la photographie fait son petit effet, et d’autre part les apparitions des acteurs principaux ne sont pas pour déplaire. On pense évidemment à Colin Morgan, un acteur nord-irlandais qui dévoile ici l’étendue de son charme et de ses talents. Après un début au théâtre, on a pu l’apercevoir dans plusieurs séries, dont Doctor who et plus récemment The crown, sans oublier le rôle de Merlin l’enchanteur dans la série éponyme. À ses côtés on peut trouver un jeune homme avec du potentiel, Phénix Brossard, que l’on a aperçu dans quelques films jusqu’à présent, et qui interprète un second rôle dans Little Joe. Au final, Benjamin s’avère être une bonne petite surprise devant laquelle on rit de bon cœur sans se prendre la tête, un film léger et sans prétention, dont la petite musique romantique n’est pas pour déplaire.

Ma note : ***

Benjamin (2019) Simon Amstell
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