Mardi 23 mai 2006

Fiche Technique

Nationalité : Américain

Date de sortie : 11 avril 1990

Genre : Trips médicamenteux

Durée : 1h40

Scénario : Gus Van Sant et Daniel Yost d'après l'oeuvre de James Fogle

Musique : Elliot Goldenthal

Directeur de la photographie : Robert D. Yeoman

Avec : Matt Dillon (Bob), Kelly Lynch (Dianne), James Remar (Gentry), Heater Graham (Nadine), James LeGros (Rick)

Synopsis : Les errances d\'un junkie qui vit de rapines dans les drugstores de la côte Ouest pour se procurer son unique raison de vivre : la drogue. Le jour où une de ses amies meurt d'une overdose, il décide de changer de vie mais son passé ne tarde pas à le rattraper. (Allociné)

Mon avis : Vous reprendrez bien un peu de contre-culture ?

 Juste après son film de fin d'études, Mala noche, Gus Van Sant s'attaque à un sujet sensible, la toxicomanie. Aidé de William S. Burroughs pour le scénario (celui-ci interprète aussi un petit rôle dans le film), il choisit d'adapter le roman autobiographique de James Fogle. L'histoire d'une bande de jeunes sous l'emprise de drogues diverses et variés qui vivent au jour le jour, leur seule préoccupation se résumant à savoir quelle prochaine pharmacie ils vont pouvoir braquer afin d'assouvir leur dépendance et à semer les flics ne cherchant qu\'à les prendre en flagrant délit.

Le personnage principal est donc déjà un paumé, héros qu'affectionne particulièrement Gus Van Sant, sa filmographie le prouvera. Bob n'a pas de passé, pas d'avenir, au grand désespoir de sa mère qui le voit inexorablement sombrer sans qu'aucun de ses sermons ne le fasse réagir. Tout ce qu'il a, ce sont sa femme Dianne et ses deux "amis" Rick et Nadine. Ou plutôt ses disciples : ces deux adolescents traînent leur vie comme un mal en peine en apprenant de Bob toutes les ficelles du "métier". On est loin de la jeunesse doré que veulent nous montrer bon nombre de films trop formatés.

Matt Dillon est un peu dans une mauvaise passe quand on lui propose le film. Le jeune acteur prometteur de Outsider trouve ici une occasion de rebondir, et il le fait sacrément bien. Véritable pierre angulaire du film, il rend son personnage à la fois pathétique et attachant. Car le risque est toujours grand avec ce genre de sujet : difficile de montrer le quotidien de junkies sans tomber dans le moralisme ni dans la caricature. Drugstore cowboy ne tombe dans aucun de ces travers et réussit à être un film à la fois distrayant et profond, mais jamais donneur de leçon : Bob est lucide sur sa condition et refuse de se considérer comme une victime. On sent que l\'aide apportée par William S. Burroughs, qui prononce d\'ailleurs un monologue écrit par lui-même, a été d\'un grand secours à un Gus Van Sant encore en début de carrière.

Ma note : 8/10

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