Mardi 23 mai 2006

Fiche Technique

Film japonais

Genre : Frissons aqueux

Scénario : Yoshihiro Nakamura et Ken-Ichi Suzuki, d’après l’œuvre de Kôji Suzuki

Musique : Kenji Kawai

Directeur de la photographie : Junichiro Hayashi

Avec Hitomi Kuroki (Yoshimi Matsubara), Rio Kanno (Ikuko Matsubara), Mirei Oguchi (Mitsuko Kawai)…

Synopsis : Yoshimi Matsubara vient de divorcer. Elle élève seule Ikuko, sa fille âgée de six ans. Pour améliorer leur quotidien, elle décide d'emménager dans un appartement plus grand. Mais une fois sur place, les lieux se révèlent insalubres. Des bruits étranges retentissent à l'étage supérieur. Puis, du plafond, commence à tomber de l'eau, qui, lentement, envahit le domicile. Chaque goutte devient alors une bombe destinée à faire voler en éclats la vie fragile de Yoshimi. (Allociné)

Mon avis : Histoire d’eau

Le cinéma fantastique japonais aura mis du temps à conquérir le grand publique occidental. Longtemps méconnu chez nous, le genre a acquis une grande popularité dans son pays d’origine. Il a permis l’avènement de nombreux réalisateurs, de Nobuo Nakagawa à Hideo Nakata, auteur de la série des Ring. Dans Dark water, le véhicule de l’angoisse n’est pas une cassette vidéo, mais l’eau courante. Plus précisément une eau saumâtre qui suinte de l’appartement insalubre de Yoshimi. Si l’événement est anecdotique au début, il prend une ampleur de plus en plus grande au fur et à mesure que l’intrigue nous est dévoilée.

La première partie du film est d’ailleurs d’un classicisme confondant : une femme en procédure de divorce doit faire face à un ex-mari odieux et trouver du travail pour élever sa fille de 6 ans toute seule. Cette situation très bien analysée nous révèle les failles d’une société japonaise, ou plutôt de la société de consommation en général. Notons la fine interprétation de Hitomi Kuroki qui porte le film du début à la fin (on est bien loin des héroïnes de certaines séries B sans autre profondeur que leur décolleté). Le film glisse dans le fantastique par petites touches tandis qu’on sent l’angoisse sourdre crescendo.

Grâce à une réalisation tantôt discrète, tantôt énergique le réalisateur arrive à créer une atmosphère pesante, aussi nauséabonde que les eaux putrides qui croupissent dans cet immeuble. On a beau s’attendre au pire, des sursauts de frayeur arrivent quand même à nous surprendre pour notre plus grand plaisir. Les indices égrenés tout au long du film permettent discrètement à l’imagination du spectateur de fonctionner à plein régime et d’élaborer mille et une explication plus ou moins farfelues. On garde en tout cas longtemps des images prégnantes de ce film efficace à l’ambiance chargée.

Ma note : 8/10

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