Vendredi 16 mai 2008
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 14 mai 2008
Genre : tranches d’enfance
Durée : 1h20
Musique : Tal Haddad
Avec Julie Gayet (La mère de Fritz Lang), Elsa Zylberstein (La mère d’Ingmar Bergman), Clotilde Hesme (Gabrielle), Isild Le Besco (La tante d’Orson Welles)…

Synopsis : Six anecdotes, six films qui s'enchaînent, une échappée dans l'enfance, celle d'auteurs renommés ayant marqué de leur style l'Histoire du cinéma. C'est sur l'histoire de ces cinéastes que s'arrêtent ici de jeunes réalisateurs, ces petites histoires enfantines décidant parfois de toute une vie et venant ainsi éclairer leurs oeuvres… (Allociné)

Mon avis : C’est là que tout a commencé

En voilà une idée qu’elle est bonne : Enfances regroupe donc les courts-métrages de six jeunes réalisateurs français jusqu’ici peu ou inconnus. Si ça s’arrêtait là, me direz-vous… mais les six films en question relatent chacun une anecdote concernant l’enfance de célèbres réalisateurs du vingtième siècle. Quoi de plus intéressant pour ce début de siècle que de revisiter l’enfance de Welles, Tati, Bergman, Hitchcock, Renoir ou Lang ? C’est ainsi que l’on peut voir un petit garçon découvrant sa judaïté, un autre prend soin de sa mère alitée, un troisième se découvre une amitié particulière, untel voit avec un mauvaise œil l’arrivée de sa sœur dans la famille tandis que l’autre se voit brimé ou que le dernier a du mal à s’accommoder de sa grande taille.

Tous les réalisateurs (et les spectateurs) de courts-métrages vous leur diront : c’est à un exercice périlleux que se sont prêtés Isild Le Besco et ses compères. Comme tout groupement de courts  Enfances s’avère inégal, forcément. Deux ou trois réalisations emportent l’adhésion immédiate, comme celle sur l’enfance de Jacques Tati, et l’ensemble n’est pas forcément d’une qualité homogène. Pourtant, chaque réalisateur a su s’imprégner de son sujet pour livrer son œuvre, à la fois personnelle et inspiré, voire vampirisé par son modèle (voir le court-métrage autour de sir Alfred Hitchcock). Le résultat est un film iconoclaste, passionnant et émouvant. Qu’on connaisse ou pas la biographie des maîtres, qu’on s’intéresse ou non à leurs œuvres, il y a forcément dans Enfances un clin d’œil, un fragment de vie, un bref regard qui saura nous interpeller. Toutes ces histoires, si différentes fussent-elle, ont en commun cette curiosité, cet appétit de vivre, ce petit plus qui feront que Bergman sera fasciné par la culpabilité ou Renoir par l'étude de ses contemporains. Véritable pépite pour cinéphile, Enfances mérite franchement qu’on s’y attarde de plus près, d’autant plus que le film ne va sans doute pas bénéficier d’une sortie en salle très favorable.

Ma note : 8/10
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