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La poursuite infernale (1946) John Ford

par Neil 8 Juin 2015, 07:00 1940's

Fiche technique
Film américain
Titre original : My darling Clementine
Genre : revanche familiale
Durée : 1h42
Scénario : Winston Miller, d’après l’histoire de Sam Hellman et Stuart N. Lake
Image : Joseph MacDonald
Musique : David Buttolph et Cyril J. Mockridge
Avec Henry Fonda (Wyatt Earp), Linda Darnell (Chihuahua), Victor Mature (Doc Holliday), Walter Brennan (Old Man Clanton), Ward Bond (Morgan Earp),  Cathy Downs (Clementine Carter)…

Synopsis : en 1882, les quatre frères Earp amènent leur troupeau vers l'Ouest et passent la nuit près de Tombstone. Pendant que James garde le campement, ses trois frères vont se distraire en ville. À leur retour, ces derniers découvrent que James a été assassiné et que le bétail a été volé. Wyatt Earp devient alors shérif pour venger la mort de son plus jeune frère... (allocine)

Mon avis : touche pas à mon frère

Vous avez lu l’histoire de Jesse James, comment il vécu, comment il est mort ? Ça vous a plu, hein, vous en demandez encore. Et bien écoutez l’histoire de Wyatt Earp, ou tout du moins la version de John Ford parce que le maître du western s’accommode un peu avec la véracité historique, tout comme le fera dix ans plus tard John Sturges avec Règlements de comptes à O.K. Corral. Qu’importe, La poursuite infernale est un des plus beaux films de Ford. Et pourtant c’était pas gagné : les différents notoires qui opposèrent Darryl F. Zanuck à son réalisateur (donnant lieu à de nombreuses coupes dans le film) mirent fin à une collaboration fructueuse de plus de dix ans.


Quand les frères Earp arrivent avec leur troupeau de bétail à proximité de la ville de Tombstone, ils sont tout de suite confrontés aux frères Clanton qui leur proposent de racheter leur cheptel. Le refus des premiers sonnera le glas du plus jeune, James. Mais nous n’en sommes pas encore là : les 3 aînés décident d’abord d’aller se changer les idées à Tombstone. Ils y découvrent une ville où règne le désordre le plus total. Réussissant à calmer un indien ivre qui menaçait les habitants, Wyatt Earp se voit d’emblée proposer le poste de shérif. Décidé à mener son troupeau en Californie, celui-ci refuse quand, de retour auprès du campement, il constate le vol du bétail et la mort de son frère. C’est ainsi qu’il décida de remettre l’ordre à Tombstone.

Encore une fois chez John Ford c’est la famille qui tient lieu de motif pour la vengeance du héros de La poursuite infernale (qu’on songe également à La prisonnière du désert). Un héros élevé au rang de parangon de la sainte vertu, malgré quelques petites touches d’humour le présentant aussi comme un grand dadais mal à l’aise avec les femmes (voir la scène de bal, encore une grande constante dans l’œuvre de l’irlandais). À côté, il fallait l’antithèse du héros propre sur lui, et ce sera Doc Holliday. La star locale de Tombstone est un débauché qui fuit de ville en ville, séduisant les filles du coin et passant ses journées à jouer au poker. Et la rencontre de ces deux personnages hauts en couleurs donne lieu à des échanges savoureux mais aussi à une amitié improbable et non moins sincère.

Une histoire de mecs, donc ; et comme toujours ce sera une femme qui viendra mettre la zizanie, bien malgré elle comme de bien entendu. Clementine Carter va ainsi jouer les trouble-fête dans le ménage à trois constitué de Wyatt Earp, Doc Holliday et la sensuelle Chihuahua qu’il convient de ne pas oublier. Et John Ford de filmer ce quatuor de sa caméra fixe. Voilà encore une constante de l’œuvre du réalisateur, ici admirablement réalisée : les plans fixes des superbes paysages de Monument Valley, la relative absence des mouvements de caméra (Ford avait coutume de dire que vu leurs différences de salaires c’étaient aux acteurs de se déplacer vers les machinistes et non l’inverse) accentuent le lyrisme et la solennité de cette Poursuite infernale.


Le casting est irréprochable : fidèle parmi les fidèles, Henry Fonda incarne un Wyatt Earp tout en nuances tandis que Victor Mature réussit à saisir toute l’ambiguïté du personnage de Doc Holliday. Au final My darling Clementine est un western d’une éclatante beauté qui peut se vanter de posséder à la fois une bonne partie de la tirade du Macbeth de Shakespeare et un dénouement spectaculaire où les morts se comptent à la pelle. Du western à l’ancienne, comme on l’aime.

 

Ma note : ****

La poursuite infernale (1946) John Ford
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commentaires

Beno�t 17/05/2007 13:10

Arf, je ne l'ai pas vu. Pourtant, j'aime les westerns de John Ford: La prisonnière du désert, Qui a tué Liberty Valance ou encore Rio Grande. Je l'ajoute à la longue liste des films que je dois voir.

Benoît

Chris 15/05/2007 19:39

Oui Eequab, au moins 15 !!! ptr Sinon, pour dire que mon Western préféré est "L'homme qui tua Liberty Valance" du même John Ford. Oui, "Poursuite infernale" d'un cinéaste pas encore tout à fait mature mais qui fait preuve d'un talent indéniable.

"Ford avait coutume de dire que vu leurs différences de salaires c’étaient aux acteurs de se déplacer vers les machinistes et non l’inverse".... Je ne la connaissais pas celle-là... Merci ;-)

Neil 16/05/2007 09:26

Oui le titre français ne correspond absolument pas au film, mieux vaut le titre original (comme souvent d'ailleurs...)Côté western Fordien, je n'ai pas vu encore Liberty, en tout cas La prisonnière du désert me plaît beaucoup aussi. ;-)

eeguab 13/05/2007 10:15

Excellent film de Ford(mais il y a au moins 15 films excellents de Ford).Il n'y a qu'une chose que je n'aime pas c'est le titre français.Tu as fort bien décrit le côté familial,voire clanique du film et bien sûr l'opposition des deux héros et amis.Merci de tes appréciations sur La Comtesse.A bientôt.

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