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Reservoir dogs (1992) Quentin Tarantino

3 Septembre 2014, 05:06 1990's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 2 septembre 1992
Genre : huis-clos déjanté
Durée : 1h39
Scénario : Quentin Tarantino et Roger Avary

Image : Andrzej Sekula
Avec Harvey Keitel (Mr White), Michael Madsen (Mr Blonde), Tim Roth (Mr Orange), Steve Buscemi (Mr Pink), Chris Penn (Eddie Cabot), Quentin Tarantino (Mr Brown), Edward Bunker (Mr Blue), Lawrence Bender (Le jeune policier)…

Synopsis : après un hold-up manqué, des cambrioleurs de haut vol font leurs comptes dans une confrontation violente, pour découvrir lequel d'entre eux les a trahis. (allocine)

Mon avis : la violente chorégraphie des gangsters déchus

J’aimerais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Tarantino en ce temps là faisait du cinéma et non du marketing. D’ailleurs si la filmographie de Quentin Tarantino était un repas, Reservoir dogs serait une délicieuse mise en bouche, Pulp fiction un plat de résistance copieux, Jackie Brown un dessert savoureux et Kill Bill (Part one) un bon petit digestif. Le reste, jusqu'à Django unchained, est beaucoup trop indigeste à mon goût. Dommage parce qu’avec ce premier film le réalisateur entrait avec son comparse Roger Avary très brillamment dans la cour des grands.

La petite introduction de Reservoir dogs est toute tarantinesque : un groupe de pote est attablé pour manger leur petit déjeuner en discutant à bâtons rompus. Qui a vu cette scène n’écoutera plus jamais Like a virgin de la même façon. Générique. Puis on se retrouve dans une voiture, Mr White est en train de conduire un Mr Orange sanguinolant qui vient de se faire tirer une balle dans le ventre. On apprendra plus tard de quelle façon c’est arrivé. Pour l’heure nos deux compères arrivent dans un hangar vide et désaffecté. C’est là que devaient se rejoindre les six braqueurs si le casse s’étaient bien déroulé. Maintenant ils ne sont plus que quatre. Et si les  deux autres n’arrivent pas Mr Orange pourrait bien passer l’arme à gauche.

Puis Reservoir dogs enchaîne sur un « extérieur jour ». Mr Orange gît inconscient sur des marches d’escalier. Un flic est assis sur une chaise, ligoté. Mr Blonde se dirige vers la radio, et quand il l’allume les premières notes de Stuck in the middle with you retentissent dans le hangar. Mr Blonde nous gratifie alors d’une chorégraphie digne de celle d’Uma Thurman sur Girl, you’ll be a woman soon. Il prend alors un rasoir, fait mine de se raser et se dirige vers le flic qui commence à flipper. Après l’avoir bâillonné, il dirige lentement la lame du rasoir vers son oreille. La caméra glisse habilement hors-champ et lorsqu’elle se braque sur Mr Blonde, celui-ci brandit fièrement l’oreille du flic comme un trophée.

Car la mise en scène de Quentin Tarantino est dans Reservoir dogs d’une insolente virtuosité pour un premier long-métrage. Le cinéphage a indubitablement digéré tous les films qui l’ont fait vibrer et si références il y a (la plus flagrante étant Stanley Kubrick à travers L’ultime Razzia), celles ci ne sont pas lourdes comme pourront en être d’autres par la suite. Le scénario est un petit bijou d’ingéniosité, faisant passer le huis-clos imposé comme une lettre à la poste grâce à des flash-back non seulement utiles mais aussi drôles et futiles. Les dialogues frisent la perfection et donnent au film une dose d’humour essentielle et un cachet inimitable. Loin de grever le film comme dans l’horripilant Death proof, ils sont au contraire nécessaires et indispensables à la création de cette ambiance issue de nulle part.

Mais Reservoir dogs ne serait rien ou si peu s’il n’avait pas ce casting de choc dont, comme dans la plupart des films de Quentin Tarantino, peu de long-métrages, fussent-ils de la grande époque d’Hollywood, peuvent se réclamer : Tim Roth est fabuleux en gangster agonisant, Michael Madsen jubilatoire en chien fou qui ne sait pas se maîtriser, Steve Buscemi hilarant en gangster qui flippe sa race malgré lui, et Harvey Keitel, ben c’est la classe ce mec… Sinon what else ? Ah oui, j’oubliais la bande originale, parfaite compilation de standards du rock des années soixante-dix plus ou moins oubliés, élément indispensable qui deviendra l’une des marques de fabrique d’un des réalisateurs les plus géniaux de la dernière décennie du vingtième siècle.

Ma note : ****
Reservoir dogs (1992) Quentin Tarantino

commentaires

Mo5kau 06/09/2014 11:22

Pour un premier film, c'est une vrai réussite. Et quel casting ! J'aurai toujours une préférence pour Pulp Fiction, mais ça reste un plaisir de revoir Reservoir Dogs.

neil 06/09/2014 16:28

Pareillement, c'est toujours aussi agréable de le revoir :)

dasola 03/09/2014 16:23

Bonjour Neil, c'était le premier Tarantino, cela reste son meilleur (selon moi) avec Jackie Brown mais si Django Unchained est aussi très bien. Bonne après-midi.

neil 03/09/2014 22:29

Bonsoir Dasola, j'ai à peu près le même regard que toi sur la filmographie de Tarantino, même si j'ai une faiblesse peut-être encore plus forte pour Pulp fiction. Bonne soirée

Bastien 13/06/2007 11:13

Ce qui porte préjudice à notre ami Quentin, c'est son ego démesuré :; il sait qu'il est l'un des meilleurs de sa génération, qu'il pourrait filmer le cul d'un chien en le rendant passionnant et comme il a prouvé ses dons scénaristiques (Pulp Fiction, Jackie Brown) et techniques (encore Jackie Brown, Kill Bill vol. 1), il s'amuse a essayer d'autres trucs, comme Death Proof. Ce dernier est sans conteste son plus mauvais film, et pourtant perso quel pied ! Mais ce n'est que de l'expérimentation pour lui : il s'essaie directeur photo, il veut refaire les grosses cascades sans ordis, il cherche même à copier Russ Meyer dans son genre. décalé, fun quand on le prend au 3849e degré.

Concernant Reservoir Dogs en revanche, une tuerie dans tous les sens du terme : un premier film plus que remarquable, des acteurs au sommet, une b.o. immense et une technique déjà très éaborée à l'image de cette intro dans le café en travelling circulaire. Comment une chanson de Madonna, une radio kitsch et une théorie sur les pourboires deviennent passionantes. Tarantino où le mélange d'un Prévert pour gangster et d'un Woody Allen encore plus branché cul.

En parlant de gangster, j'aime comparer Tarantino et Scorsese dans ce domaine : chez Scorsese, les gangsters sont violents, immoraux mais en relation avec des Paul Muni/Scarface d'Howard Hawks : ils sont tout sauf agréables. Chez QT en revanche, les gangsters ont la classe, s'habillent comme chez Melville, se flinguent comme chez Woo sans oublier de danser sur Stuck in the middle with you.

Grandiose.

Neil 13/06/2007 17:44

La comparaison est toute judicieuse en effet. Je dirais même en plus que chez Scorsese les gangsters vivent des histoires mythifiées, quasi bibliques. Par contre chez Tarantino c'est vrai qu'ils ont la classe d'un certain point de vue, mais en même temps ils paraissent aussi un peu minables, voire losers quelquefois... curieux mélange mais qui le fait assurément.

Chris 12/06/2007 08:44

Totalement d'accord avec cette vision des choses, sur "Reservoir dogs" et sur l'ensemble des films du cinéastes pas toujours au niveau du talent extraordinaire qu'il possède.

Neil 12/06/2007 09:57

C'est dommage en effet. J'en discutais justement hier soir avec un pote et on est arrivé à la conclusion malheureuse que l'ami Tarantino est dans une impasse. Wake up Quentin !

SysTooL 11/06/2007 15:32

Superbe film de Tarantino, dont j'ai préféré PULP FICTION et pour lequel, comme toi, j'ai eu davantage de peine avec les derniers en date... pas vu Death Proof, par contre

SysT

Neil 12/06/2007 09:54

Ah oui Pulp reste pour moi un sommet : je me souviens encore d'être sorti KO de la projection. C'est le film qui m'a fait comprendre comment la musique, le montage, la mise en scène... tout les éléments pouvaient s'intégrer si bien ensemble. Faudra que j'écrive dessus un de ces quatre. "_"

Wilyrah 11/06/2007 09:57

En effet, une vraie réussite du genre !

Neil 12/06/2007 09:51

Et quelle bonne surprise en plus à sa sortie :-)

Beno�t 11/06/2007 01:30

Tarantino... J'adore ce réalisateur... Vu tous ces films sauf Jackie Brown et Death Proof (je compte régler ça bientôt)... Et sur tout ce que j'ai vu j'ai toujours considéré ces films comme jouissifs... j'espère ne pas être déçu avec Death Proof dont les critiques semblent mitigées... :)

Neil 11/06/2007 09:33

Ah mais pour moi Tarantino a longtemps été LE réalisateur par excellence, et je continue à vénérer ses 3 premiers. Si j'ai détesté Death Proof c'est que je ne suis (plus ?) un geek, que des gros seins, des poursuites en bagnole et ... Kurt Russell (!!) ça ne me fait pas ... o_O

Melolita 10/06/2007 23:57

Alors ses huit femmes, ca t'a pas plu? j'hesite a aller le voir...

Neil 11/06/2007 09:29

Hum... franchement ? Non, pas du tout... désolé... mais que ça t'empêche pas d'y aller hein

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