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La monstrueuse parade (1932) Tod Browning

par Neil 6 Janvier 2015, 06:28 1930's

Freaks.jpg Fiche technique
Film américain
Titre original : Freaks
Genre : monstres sympathiques
Durée : 1h05
Scénario : Al Bloasberg, Willis Goldbeck, Léon Gordon et Edgar Allan Woolf, d’après l’œuvre de Tod Robbins
Image : Merrit B. Gerstad
Avec Wallace Ford (Phroso), Leila Hyams (Vénus), Roscoe Ates (Roscoe), Olga Baclanova (Cléopâtre), Henry Victor (Hercules), Rose Dione (Madame Tetrallini), Harry Earles (Hans), Daisy Earles (Frieda)...

Synopsis : des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s'exhiber en tant que phénomènes de foire. Le lilliputien Hans, fiancé à l'écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l'acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d'une belle somme, elle décide de l'épouser pour ensuite l'empoisonner. (allociné)

Mon avis : n’est pas monstrueux qui le croit

Dire que Freaks est une légende dans le monde merveilleux des cinéphiles serait un euphémisme. L’œuvre majeure de Tod Browning, tournée un an après son Dracula, continue d’alimenter les cinémathèques, et pour cause. Mythique aussi est sa conception, puisque comme tout chef d’œuvre qui se respecte (demandez à Orson Welles qui s’y connaît en films maudits ), le film a déclenché un scandale retentissant à l’époque de sa sortie et ne sera réhabilité que soixante ans plus tard ; Tod Browning ne s’en remettra jamais.

Pourtant le réalisateur avait au départ toute la confiance de la MGM qui lui demandait une histoire terrifiante de plus ; ils en auront pour leurs frais. Car si Freaks est terrifiant, ce n’est pas tant du fait de son casting (entièrement réalisé dans une véritable foire aux monstres de l’époque) que du comportement humain. Le film dépeint en effet la vie d’un cirque ambulant, avec ses nains, ses hommes-troncs et autre femme à barbe. Hans, lilliputien en couple avec la naine Frieda, tombe sous le charme de Cléopâtre, acrobate et de surcroît l’une des seules femmes non « monstrueuse » de l’équipe. Sans qu’il ne rende compte de quoi que ce soit elle va le duper comme c’est pas permis (ah, les femmes…).


Autant le dire tout net, Freaks est une claque et nombreux sont ceux qui ne s’en sont pas remis. Pas une seconde durant l’heure que dure le film (sacrilège, il a été escamoté de trente minute), Tod Browning ne se montre méprisant ou condescendant envers ceux qu’il filme. Ce sont bien eux, les stars, ces créatures toutes plus étranges les unes que les autres qui nous paraissent tout d’un coup fascinantes. Il faut voir l’homme tronc allumer sa cigarette, l’avaleur de sabres ou le cracheur de feu dans leurs œuvres : on se croirait revenu en enfance, quand on regardait, ébloui, les artistes du cirque.

Et la grande force de Tod Browning dans Freaks est d’intégrer tous ces personnages hauts en couleurs dans une narration simple et efficace, faisant d’eux les héros du film et retournant l’ordre « naturel » des choses. Les êtres les plus détestables ne sont ici pas dépourvus de malformation physique, renvoyant ainsi au spectateur le miroir de sa propre conscience. Malgré tout pas moralisateur pour un sou, le film est, hormis ses nombreuses qualités esthétiques, bel et bien un film d’une humanité et d’une tolérance rare, qui a inspiré bon nombre de cinéastes tels David Lynch ou Steven Shainberg. A ne manquer sous aucun prétexte.


Ma note : ****
La monstrueuse parade (1932) Tod Browning

commentaires

dasola 16/01/2015 10:30

Bonjour Neil, quel film qui n'a rien perdu de sa force grâce à ces personnages monstrueux et pourtant si humain. Bonne journée.

neil 17/01/2015 10:52

Bonjour Dasola, le film reste audacieux et fort, plus de 80 ans après, en effet. Bonne journée

Hartigan 25/09/2007 08:44

O oui un grand grand chef-d'oeuvre !!!

Neil 25/09/2007 17:31

Je crois qu'on atteint ici un véritable consensus :-)

eeguab 22/09/2007 12:54

Hallucinante galerie d'une très haute éthique,ce film reste inégalé.

Neil 23/09/2007 19:41

Oui, inégalé et pourtant il date d'il y a 75 ans...

mlmp 22/09/2007 00:10

One of us, one of us, she's one of us!!!

A sa place, comment réagiriont nous si on avait autour de nous des monstres disant ces mots? seriont nous aussi horrifiés?

Lyle Lovett, je sais pas si quelqu'un s'en souvient, mais dans le film d'Altman "The Player", il dit aussi cette réplique au personnage de Robbins, faisant se marrer la femme-flic jouée par Woopie Goldberg. Ok, je suis le seul à m'en souvenir...

Neil 23/09/2007 19:40

Bonne question, mlmpQuant à ta citation du film d'Altman j'avoue que je n'ai pas fait attention... je ferai gaffe quand je le reverrai ;-)

Beno�t 21/09/2007 23:51

Pas vu. Ai déjà vu le DVD dans des commerces, j'essayerai de me le procurer.
Surtout, que déjà avant ton avis, j'en avais entendu énormément de bien (normal, chef-d'oeuvre intemporel...)

Benoît

Neil 23/09/2007 19:39

Oui je pense qu'on doit le trouver facilement dans le commerce

Bastien 21/09/2007 21:30

Un immense chef-d'oeuvre : alors que le film aurait pu être moqueur, horrible, maladroit, il est tout simplement ce que la plupart des films ne sont plus : humain.

Neil 21/09/2007 22:00

Oui, tout à fait : le sujet est casse-gueule mais le film est au bout du compte sublime :)

Anne 21/09/2007 20:10

Un film qui m'a profondément marquée étant jeune...

Neil 21/09/2007 21:59

Oh, un nouveau site pour Anne... j'y vole, j'y cours ;-)

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