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Mon frère est fils unique (2006) Daniele Luchetti

par Neil 23 Septembre 2007, 23:41 En salles

monfrereestfilsunique.jpgFiche technique
Film italien
Date de sortie : 12 septembre 2007
Titre original : Mio fratello e figlio unico
Genre : chronique familiale
Durée : 1h40
Scénario : Daniele Luchetti, Sandro Petraglia et Stefano Rulli, d’après l’œuvre d’Antonio Pennacchi
Photographie : Claudio Collepiccolo
Musique : Franco Piersanti
Avec Elio Germano (Accio), Riccardo Scamarcio (Manrico), Diane Fleri (Francesca), Angela Finocchiaro (Mme Benassi), Luca Zingaretti (Mario Nastri), Anna Bonaiuto (Bella)…

Synopsis : Accio, La Teigne, crée le désespoir de ses parents. Il est farouche, bagarreur et a les nerfs à fleur de peau. Son frère Manrico est beau, aimé de tous, mais tout aussi dangereux... Dans la province italienne des années 60, les deux jeunes hommes se battent sur deux fronts politiques opposés, aiment la même femme et traversent une période de leur vie faite de fugues, de retours, d'échanges de coups et de grandes passions. (Allociné)

Mon avis : Moi je grandis en m’énervant, les genoux niqués, évidemment

Le cinéma transalpin a su maintenir tout au long des années une tradition romanesque sociale et politique aiguë, qui manque malheureusement à notre cinéma franco-national : les héritiers de Rossellini puis d’Ettore Scola se sont appelé Nanni Moretti puis Daniele Luchetti. Celui-ci s’était fait remarqué en France il y a une dizaine d’années avec Le porteur de serviette qui évoquait la corruption dans l’Italie des années 80. Aujourd’hui, avec Mon frère est fils unique (un bien beau titre ma foi, inspiré d’une chanson italienne), il adapte le romancier Antonio Pennacchi et aborde assez subtilement un sujet sensible (le fascisme) en l’enrobant dans un vécu familial séduisant. On suit Accio, dit « La Teigne », jeune garçon agité, alors qu’il s’apprête à entrer au séminaire et épouser la vocation ecclésiastique. Ce qui n’est pas du goût de son frère Manrico, aux aspirations communistes, qui s’empresse de lui donner la photo d’une belle actrice de l’époque. Accio ne va pas tarder à succomber aux charme de la « bella ragazza » et quitter le séminaire ; de retour à la maison, il va faire la connaissance de la charmante Francesca, la petite amie de Manrico.

Les années 60, particulièrement en Italie, sont un vivier d’inspiration pour ancrer une histoire dans un cadre politico-social passionnant. Et en confrontant deux idéologies opposées au sein d’une même famille, Mon frère est fils unique utilise habilement cette ficelle pour la dérouler tout au long du film en y entremêlant une rivalité amoureuse qui ne dit pas son nom. Car si le petit Accio (Elio Germano très convaincant) en pince pour Francesca dès qu’il la rencontre, son respect pour son frère l’empêche de marcher sur ses plates-bandes (même s’il le combat ouvertement sur des sujets plus politiques). C’est une des jolies réussites du film de Daniele Luchetti qui, sans prendre position directement, montre les deux discours qui, de propagandes en manifestations, finiront peu ou prou par phagocyter les deux personnages aux caractères bien trempés. Le beau
Riccardo Scamarcio, latin aux yeux de braise, n’est d’ailleurs pas en reste dans un rôle de beau gosse un peu énervant mais diablement attachant. Dans cette ville italienne de province, construite par Mussolini dans un élan populo pas piqué des hannetons, les classes laborieuses ont la vie dure mais ne se plaignent pas pour autant. Voilà un autre aspect du film de Luchetti qui est vraiment enthousiasmant : la vie quotidienne de ces ouvriers et leurs aspirations parfois déçues. Tout ça fait de Mon frère est fils unique une agréable chronique un brin nostalgique sur une famille des classes populaires dans les années 60.

Ma note : 7,5/10
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commentaires

Chrislynch 27/09/2007 11:38

Ok Neil, je comprends... mais je pense vraiment que la démarche est très différente. Chez Scola, il y a toujours un sourire, une légèreté même dans ses tableaux les plus noirs "Une journée particulière". Bon, sur ce coup-là, je pense qu'on va pas trop trouver un terrain d'entente... lol +++ ;-)

Neil 27/09/2007 19:05

Ah mais je suis tout à fait d'accord avec toi, l'approche de Scola est toute autre. Et puis de toutes façons c'est bien qu'il y ait débat :)

Chrislynch 26/09/2007 10:35

"les héritiers de Rossellini puis d’Ettore Scola se sont appelé Nanni Moretti puis Daniele Luchetti".

Rossellini et Scola, pour moi, sans aucun lien. Il existe chez Scola une dérision, du recul cynique que je ne retrouve pas chez les autres réalisateurs cités. Pour les uns, il s'agit de (néo)réalisme, pour Scola de comédie dite "à l'italienne". Et selon moi, tout les oppose.

Neil 26/09/2007 21:23

Tu fais bien de pointer du doigt ce passage : quand je cite ici Scola, c'est en pensant en particulier à des films comme Une journée particulière ou Nous nous sommes tant aimés, où il mêle selon moi habilement discours "politisé" et scénario original. C'est là où je trouve une certaine filation avec d'autres réalisateurs italiens d'hier ou d'aujourd'hui (sans vouloir non plus stigmatiser).

Chrislynch 26/09/2007 10:30

Du réalisateur, je n'ai vu que "Le porteur de serviette" que je n'avais pas beaucoup aimé. Assez amoureux d'un cinéma italien plus ancien - la comédie à l'italienne - je ne retrouve pas ce cinéma à la hauteur aujourd'hui.

Neil 26/09/2007 21:18

Je n'ai pas vu Le porteur de serviette donc je ne peux comparer. Par contre je te rejoins, les films italiens d'aujourd'hui ne valent certainement pas ceux d'hier.

Melodinette 24/09/2007 22:09

Mais même si Riccardo il a les occhi azzuri et que c'est un sex symbol de l'autre côté des alpes, mes copines et moi on a craqué pour Elio (mais pourquoi je raconte ma vie de midinette ici, moi?)(pardon Neil).

Neil 25/09/2007 17:30

Ah mais allonge toi et raconte ta vie, no soucy.Oui j'ai vu qu'il était comparé à Jude Law de l'autre côté de l'Atlantique... faut pas pousser quand même. Bon, il est craquant, c'est vrai. Enfn bref :-)

karamzin 24/09/2007 19:29

C'est drôle ça ... au cinéma, lorsque deux types s'opposent politiquement (ou pour tout autre chose) il faut toujours qu'ils soient amoureux de la même femme!

Neil 25/09/2007 17:28

Oui c'est bien vrai ça... alors que dans la vraie vie... (lol)

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