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127 heures (2010) Danny Boyle

par Neil 19 Février 2011, 06:11 2010's

127_heures.jpg   
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 23 février 2011
Titre original : 127 hours
Genre : randonnée à risque
Durée : 1h34
Scénario : Simon Beaufroy, d’après l’œuvre d’Aron Ralston
Photographie : Enrique Chediak
Musique : A.R. Rahman
Avec James Franco (Aron ralston), Amber Tamblyn (Megan), Treat Williams (Le père d’Aron), Kate Mara (Kristi), John Lawrence (brion), Clémence Poésy (Rana)…

Synopsis : Le 26 avril 2003, Aron Ralston, jeune homme de vingt-sept ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah. Il est seul et n’a prévenu personne de son excursion. Alpiniste expérimenté, il collectionne les plus beaux sommets de la région… (Allociné)

Mon avis : Canyon fais moi peur

On connaît bien la thématique du héros solitaire adepte de sports extrêmes qui veut aller au bout de son trip (version Point Break). Ou le témoignage réel du bobo amateur de nature et en rupture avec la société commerciale (Into the wild). Il y a aussi le film pour claustrophobes, où le héros est enfermé (genre Buried). Et puis le reportage personnel sur une aventure plus ou moins flippante (à la Projet Blair Witch). En fait, 127 heures c’est un peu tout ça à la fois. Rajoutez un réalisateur talentueux mais à la carrière en dent de scie et un acteur à la mode, vous aurez toutes les billes pour aller voir le film.

Aron Ralston reçoit chez lui un message de sa sœur qui lui demande de le rappeler. Il ne décroche pas et continue ses préparatifs : il part en voyage en solitaire dans le Blue John Canyon. Arrivé dans les gorges de l’Utah, il laisse sa voiture et s’engage dans son périple. Il faut dire qu’Aron connaît bien les lieux puisqu’il y vient depuis l’enfance avec son père. Quand il rencontre deux jeunes femmes perdues il leur propose donc naturellement de les guider vers leur destination. Plus encore, il les emmène dans un endroît connu des seuls initiés, une excavation au milieu des rochers où l’on peut plonger à pic dans un lac souterrain.

Quand on a réalisé un film culte comme Trainspotting et qu’on vient d’obtenir un Oscar du meilleur réalisateur, on est attendu au tournant pour son prochain film. En l’occurrence, Danny Boyle s’en sort honorablement avec 127 heures. Et pourtant j’avais de gros doutes avant d’entrer dans la salle : j’ai un peu l’impression qu’on a fait le tour des films « expérience vécue », et ceux-ci peuvent assez vite tourner à vide avec pour seul enjeu une boucherie gratuite afin d’effrayer le chaland, ou bien au pathos élogieux envers le courageux héros. Ici pas vraiment : tout d’abord il n’y a pas un seul temps mort ; le sujet est judicieusement amené, on vit avec le personnage et on a le temps de le connaître (vite fait, certes) avant qu’il ne lui arrive des malheurs.

Et puis une fois qu’on se retrouve enfermé avec le personnage principal de 127 heures, le traitement opéré par Danny Boyle est assez intéressant. Il ne va pas chercher les clichés du genre ni le spectaculaire à outrance. Les petites bêtes qui grouillent autour du héros ne sont pas considérées comme un danger permanent, elles sont juste une donnée de plus à considérer. De même, alors même qu’on se situe dans une temporalité bien définie (ces cinq jours qui donnent au film son titre), le réalisateur se permet des traitements oniriques pour mettre en image les délires du personnages, ce qui créé un décalage bienvenu. La mise en scène est d’ailleurs tout à fait maîtrisée, le travail sur la photographie met joliment en valeur les paysages tandis que l’interprétation de James Franco est tout à fait honnête sans être spectaculaire. Un bon film, sans prétention et assez prenant.

Ma note : ***

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commentaires

copa738 09/03/2011 15:29


Entièrement d'accord pour ce qui est du regroupement de tous les bons ingrédients des survivals. Après, je pense que j'ai plus trouvé un coté philosophique à cette oeuvre qui, avec beaucoup
d'effets clinquants, ne doit pas se prendre au premier degré, même s'il faut des fois le prendre sérieusement.


Neil 09/03/2011 17:54



Un film à nepas prendre au premier degré, d'accord avec toi. Quant au côté philosophique, je n'irai pas jusque là...



Christophe 01/03/2011 22:54


Critique très pertinente, à laquelle j'adhère complètement !


Neil 02/03/2011 09:44



Merci Christophe. Je me sens un peu moins seul...



Squizzz 26/02/2011 23:45


Je vais en rajouter une petite couche alors ;). Contrairement à Jérémy et Wilyrah, je suis ressorti du film avec un avis plutôt positif. Boyle s'en tire plutôt pas mal avec ce sujet casse-gueule,
après je rejoins la question posée par Jérémy : y avait-il un réel potentiel cinématographique avec cette histoire ?
Mais je vais quand même te contre-dire sur plusieurs points ! "pas un seul temps mort" euh... je me suis presque ennuyé à quelques moments. "on a le temps de connaître le personnage", son caractère
oui, par contre sa vie en elle-même est trop rapidement traitée pour nous toucher, d'où le loupé des séquences de flashbacks et des fantômes qui viennent le hanter. J'ai préféré les délires du type
de celui de la fausse émission, entre démence et remise en question. Sinon le début est jouissif car mené à 300 à l'heure et surtout le final qui nous prend aux tripes du début de l'amputation à
l'arrivée de hélicoptère.


Neil 27/02/2011 10:14



En fait, je trouve qu'on arrive plus à le connaître que le héros de Buried, qu'on ne connait qu'enfermé dans son cercueil. La séance d'introduction nous montre ici un personnage
puant, ce qui ne va pas nous faire compatir à ses malheurs mais bon... Enfin bref moi je ne me suis pas ennuyé, je n'ai pas non plus adoré le film mais ça va.



Wilyrah 23/02/2011 15:51


Un bon film sans prétention et prenant ? Non justement, je le trouve prétentieux et maniéré dans sa réalisation et très vide pour être prenant. De plus le personnage n'attire aucun sympathie,
hormis la compassion physique. Encore un film peu convainquant de Boyle pour moi. Mais bon, tu avais ptèt déjà vu ma fiche.


Neil 26/02/2011 11:02



Oui je sais personne n'est vraiment d'accord avec moi. Mais je persiste et signe ^^.



Jérémy 19/02/2011 19:19


L'analyse est intéressante.
J'ai adoré toute la première partie. Après, lorsque l'enfer du personnage débute, je ne sais pas... je ne me suis pas ennuyé mais j'ai souvent eu beaucoup de mal.
J'aime beaucoup Boyle (notamment pour 'Trainspotting' et 'Sunshine', mon préféré). Mais là ses effets de mise en scène font un peu surenchère... car il ne se passe rien.

Finalement je doute de la capacité à faire un bon film à travers ce fait divers... L'exercice de style est pas mal, mais de la part de Boyle, je suis resté sur ma fin.


Neil 20/02/2011 10:48



Je suis d'accord avec toi sur le fait qu'on ne peut sans doute pas faire un grand film avec ce genre de fait divers. Maintenant, je trouve que le film se tient et qu'il est d'une qualité
supérieure à beaucoup d'autres.



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