L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007) Andrew Dominik

par Neil 15 Octobre 2007, 23:43 En salles

lassassinatdejessejames.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 10 octobre 2007
Titre original :The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford
Genre : Western méditatif
Durée : 2h39
Scénario : Andrew Dominik, d’après l’œuvre de Ron Hansen
Photographie : Roger Deakins
Musique : Nick Cave et Warren Ellis
Avec Brad Pitt (Jessie James), Casey Affleck (Robert Ford), Sam Shepard (Frank James), Mary-Louise Parker (Zeralda James), Paul Schneider (Dick Liddil), Sam Rockwell (Charley Ford)...

Synopsis
: Robert Ford était l'un des plus ardents admirateurs de Jesse James. Ce jeune homme idéaliste et ambitieux rêvait depuis longtemps de partager les aventures de son idole. Il était loin de prévoir qu'il entrerait dans l'Histoire comme "le sale petit lâche" qui tuerait Jesse James dans le dos. Mais qui fut vraiment Jesse James, au-delà du folklore et du battage journalistique ? Et qui fut ce Robert Ford, entré à 19 ans dans le cercle des intimes de Jesse, qui réussirait à abattre chez lui l'homme que poursuivaient les polices de dix Etats ? (allociné)

Mon avis
: Les derniers soubresauts de la Légende du Grand Ouest

Hors-la-loi célèbre de son vivant, Jesse James n’a cessé depuis sa mort en 1883 d’alimenter le folklore américain de chansons, histoires et autres films. Avec ses frères, il a durant dix ans dévalisé de nombreuses banques avec violence et effusion de sang, puis il fonde son propre gang et sème la terreur dans tout le pays. Malgré cela, son statut de dernier « outlaw » et la férocité avec laquelle les autorités s’acharnent sur lui vont lui attirer les faveurs de la population. C’est sans doute ce statut d’ultime légende de l’ouest qui attire les réalisateurs de cinéma, où le western a longtemps fait office de genre de prédilection. Si Henry King et Nicholas Ray se sont penchés sur la légende vivante, Samuel Fuller évoquait déjà son meurtrier dans J’ai tué Jesse James. Pour se second film, Andrew Dominik s’attache les services de producteurs renommés (Tony et Ridley Scott sans oublier Brad Pitt qui en profite pour jouer le rôle principal) et livre avec cet Assassinat de Jesse James un beau film mélancolique qui suit les derniers jours de Jesse James et de son assassin. Ou comment le plus célèbre hors-la-loi, traqué par tous mais pourtant malade et vieillissant, va se faire piéger par un homme lâche et sans envergure.

Dès le début, le film impose son rythme lent et sa narration méditative ; le spectateur est prévenu : gare aux assoupissements intempestifs durant les deux heures trente du long-métrage (certains spectateurs ne tiennent d’ailleurs pas jusqu’au bout). La tentative d’associer au western la poésie n’est pas nouvelle (on pense bien sûr récemment au Dead man de Jarmusch) et elle est une fois encore ici réussie. Les derniers jours d’un condamné sont ici retranscrites fidèlement par Andrew Dominik avec une pointe de réflexion existentielle et un savant dosage d’effets artistiques. Car ce qui frappe à l’œil dans L’assassinat de Jesse James c’est sa lumière crépusculaire et hivernale. Le travail de Roger Deakins, photographe des frères Coen, est ici remarquable, et s’allie magnifiquement aux notes superbement mélancoliques composées par un Nick Cave (qui fait une petite apparition) en grande forme. De l’interprétation de Brad Pitt il n’y a pas grand chose à dire mis à part qu’elle est impeccable, toute en sobriété ; il en impose et révèle quelques fêlures qui alimentent de façon intéressante le personnage complexe qu’il a la charge d’incarner. A ses côtés, Casey Affleck lui tient la dragée haute et relève brillamment l’honneur familiale (quelque peu écornée par son frère) : on avait déjà pu le remarquer dans le trop méconnu Lonesome Jim, voilà un acteur qui mérite qu’on parle de lui. Film sur la fin d’un monde, très beaux portraits de personnages complexes qui se cherchent un nom ou au contraire ne rêve que de s’en défaire, L’assassinat de Jesse James vaut le coup d’œil, ne serait-ce que par son côté atypique et intransigeant, mélangeant tout à la fois classicisme et modernité.

Ma note : 8/10

commentaires

jrom 16/10/2007

Judicieuse référence à Dead man. L'ambiance du film me rappelle aussi "The outlaw of Josey Wales" de Eastwood. Voir ma
critique du film

Melody 16/10/2007

C'était qui Nick Cave?? (on est pareil, ouééééé)

Melody 17/10/2007

reprenons. je voulais dire, c'est qui dans le film Nick Cave?

SysTooL 18/10/2007

Franchement, Brad me fatigue un peu depuis quelques années, mais j'ai entendu beaucoup de bien de ce JESSE JAMES... je me demande si je ne vais pas aller le voir ;-)

SysTooL

klak 18/10/2007

oui un beau film, comme tu l'as justement dit les jeux de lumieres sont magnifiques. ils rendent la scene de l'attaque du train irréelle avec ces gars masqués tapis dans les bois et soudain éclairés

Franka 19/10/2007

Je me suis un peu ennuyée, mais avec tellement de classe !
Après le western-spagetti, voici le western-fjord (pas Ford hihi) à la Bergman ... glacial, mais somptueux.
Bravo pour ta belle critique !

Beno�t 21/10/2007

Que j'attends beaucoup de ce western qui semble totalement loin des classiques du genre. Malheureusement, il n'est ni au cinéma près de chez moi ni à celui de mon campus universitaire. Bref, il sera peut-être programmé plus tard mais une choses est certaine, je ne louperai pas le DVD :p

Wilyrah 21/10/2007

Pour bientôt... très bientôt j'espère.

eeguab 21/10/2007

Je sors du film à l'instant et n'en parlerai pas plus sur Blogart car tu as dit tout le bien que j'en pense.Deux toutes petites réserves:un fond psychanalytique un peu lourd(tuer le père)et,car je l'ai hélas vu en VF la voix calamiteuse qui double Nick Cave.Cette chanson Jesse James est l'une des nombreuses consacrées à James,reprise entre autres par le Boss sur l'album The Pete Seeger Sessions

Wilyrah 02/11/2007

Un film qui aurait gagné à être raccourci, mais qui vaut tout de même le détour, ne serait-ce que pour cette sublime photographie ou le tandem Pitt-Affleck, au top de leur forme.

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