Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La nuit nous appartient (2007) James Gray

par Neil 7 Décembre 2007, 23:34 En salles

lanuitnousappartient.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 28 novembre 2007
Titre original : We own the night
Genre : tragédie familiale
Durée : 1h54
Scénario : James Gray
Photographie : Joaquin Baca-Asay
Musique : Wojciech Kilar
Avec Joaquin Phoenix (Bobby Green), Mark Wahlberg (Joseph Grusinsky), Robert Duvall (Burt Grusinsky), Eva Mendez (Amada Juarez), Tony Musante (Jack Shapiro), Antoni Corone (Michael Solo)...

Synopsis : New York, années 80. Bobby est le patron d'une boite de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l'explosion du trafic de drogue, la mafia étend son influence sur le monde de la nuit. Pour continuer son ascension, Bobby doit cacher ses liens avec sa famille : son frère, Joseph, et son père, Burt, sont des membres éminents de la police new-yorkaise... (allociné)

Mon avis : Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir

Après David Cronenberg et son Eastern promises, c’est au tour de James Gray de visiter l’univers de la mafia russe dans ce We own the night. Mais lorsque le premier ancrait son récit dans un Londres d’aujourd’hui, le deuxième s’attache à une période moins récente, les années 80, à New-York. Le point commun des deux films : traiter de la mafia russe mais avec un regard extérieur ; une jeune innocente pour l’un, le rejeton d’une famille de flics pour l’autre. Famille : le mot est lâché ; un mot qui revêt une signification particulière pour James Gray (notons toutefois que dans le film de Cronenberg aussi les liens familiaux ont leur importance) : le réalisateur new-yorkais a construit avec Little Odessa et The yards une œuvre ancré dans cet univers sclérosant pour les uns, unificateur pour d’autres. Notez d’ailleurs que les rôles sont inversés entre les deux derniers films du réalisateur : après avoir incarné le fils de famille intégré dans The yards, Joaquin Phoenix récolte ici le rôle de l’enfant rebelle tandis que Mark Wahlberg joue le fils spirituel de son père. Le cadre est posé : une famille de policiers, probes et honnêtes, un rejeton qui ne s’inscrit pas dans cette droite lignée mais lui préfère les spot lights des boîtes de nuits. Oui mais jusqu’à quand pourra-t-il faire bonne figure ?

Comme dans chacun de ses films, il y a de la profondeur dans le dernier long-métrage de James Gray ; le réalisateur n’est certes pas prolixe mais il livre à chaque fois du bel ouvrage. We own the night est un film épais, qui a du corps et de la chair, comme les bons vieux films noirs d’antan. La vieille dichotomie entre bons flics et mauvais gangsters tient encore la route, et ce grâce à cette jolie idée de placer au beau milieu le personnage de Bobby, tiraillé entre sa bonne conscience et ses vieux démons. L’évolution du personnage est en ce sens admirable : si au début on suit un homme aux antipodes des valeurs familiales que prônent son père et son frère, la suite du film nous offrira à voir les divers stades de sa lente métamorphose. Il est ici de bon ton de noter la performance remarquable de Joaquin Phoenix, sobre et toujours dans le ton, mais aussi celle de son alter ego dans le film, Mark Wahlberg qu’on avait pas vu en aussi bonne forme depuis longtemps. Pour compléter le portrait de famille, Robert Duvall est impérial en patriarche fatigué et aimant. Après avoir salué une bande originale aux petits oignons, on pourra toutefois regretter l’absence de touche féminine, Eva Mendes faisant un peu office de potiche dans l’histoire. Mais cette tragédie qu’on pourrait croire d’un ancien temps est intrinsèquement masculine, c’est la vieille histoire d’Abel et de Caïn, celle d’A l’est d’Eden qui nous passionne toujours autant. Pour preuve, écoutez le tout dernier dialogue du film, et voyez comment il est mis en scène : il n’y a plus rien à ajouter.

Ma note : 8,5/10

commentaires

D&D 14/12/2007 17:28

Très grand plaisir à la découverte de ce film, et je suis très attaché à The Yards...
Bon, ce qui est chouette aussi, c'est qu'à côté de moi, tu es un rapide. Suis incapable d'écrire quelque chose avant d'avoir revu un film, donc celui-là : j'y retourne !

Neil 14/12/2007 23:15

hum... rapide... mouais... faut le dire vite "_"

Wilyrah 11/12/2007 12:19

Au début, j'avais l'impression que ça serait une espèce de grosse daube sans scénar, rien qu'à voir Eva Mendes sur l'affiche.
Si tu dis que ça vaut le coup, je vais voir si j'ai le tps de le voir ;)

Neil 11/12/2007 22:28

Ah non pas du tout alors, au contraire c'est un film assez profond si j'ose dire. C'est vrai qu'Eva Mendes, ça fait peur, et je confirme, elle est plutôt transparente. Mais le film vaut le coup :)

Beno�t 09/12/2007 22:39

Ce film me fait fort envie mais je n'ai malheureusement pas le temps d'aller au cinéma à l'heure actuelle. :s

Neil 10/12/2007 23:42

Arf pas de bol. Je te vois de moins en moins actif sur ton blog d'ailleurs. J'espère bientôt :)

Brice 08/12/2007 16:53

C'était donc vrai ! On peut donc aimer certains films de manière commune !

PS : les gens liront tes commentaires quand ils seront fait sur des billets récents :p

Neil 09/12/2007 11:07

Oui bah faut bien que j'ai le temps d'aller voir les films avant, je ne suis pas invité aux avant-premières, moi, môssieur :p

Evelyn Dead 08/12/2007 11:21

J'ai hâte de voir le film, aussi vais-je laisser un commentaire sans lire ton article... (c'est futé, ça, Evelyn !)

Haut de page