Fiche technique
Film britannique, américain
Date de sortie : 11 juillet 2007
Titre original : Harry Potter and the order of the Phœnix
Genre : lutte de pouvoirs magiques
Durée : 2h18
Scénario : Michael Goldenberg, d’après l’œuvre de J.K. Rowling
Photographie : Slawomir Idziak
Musique :Nicholas Hooper et John Williams
Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Imelda Staunton (Dolorès Ombrage), Rupert Grint (Ron Weasley), Emma Watson (Hermione Grangier), Ralph Fiennes (Lord Voldemort), Gary Oldman (Sirius
Black)…
Synopsis : Alors qu'il entame sa cinquième année d'études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort,
convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de
Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l'ordre à l'école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. (Allociné)
Mon avis : Le diable s’habille en fuchsia
Pour ce dernier épisode en date de la saga Harry Potter, le quatrième réalisateur à s’y coller s’appelle David Yates. Un bref CV ne nous apprend pas grand chose de lui ;
réalisateur britannique de pure souche, il s’est longtemps appliqué à réaliser des téléfilms et des séries télévisuelles. Donc, après un réalisateur habituel des soupes pour grand public, un
Alfonso Cuaron inspiré et un Mike Newell visiblement fatigué, place à la nouveauté. Lourde tâche pour Harry Potter et l’ordre du Phœnix, énorme pavé plein de
rebondissements et d’intrigues parallèles. Comment renouveler le genre sans trahir l’auteur du best-seller en respectant les desiderata des grands studios tout en ménageant le public enfantin et
en ne décevant pas les lecteurs assidus ? C’est sans doute ce qu’a dû penser David Yates avant de s’y mettre. Bon courage. D’autant que ce qui attend Harry dans ce cinquième volume n’est
pas piqué des hannetons : une nouvelle directrice à Poudlard, un lien de plus en plus étroit avec Voldemort, une lutte sans merci qui se prépare contre les Mangemorts... sans compter ses premiers
émois amoureux.
La frustration est peut-être le sentiment qui domine devant Harry Potter et l’ordre du Phœnix. Frustration du héros tout d’abord, abandonné par Dumbledore, maltraité par Rogue,
méprisé par ses condisciples, tourneboulé par ses sentiments envers Cho. C’était flagrant dans le livre, ça l’est déjà un peu moins dans le film, qui parvient difficilement à réellement montrer
les différents états d'âme qui envahissent le personnage. Ce qui nous amène un autre grand frustré : le lecteur assidu, qui verra que dans cette adaptation David Yates a dû faire des
coupes larges dans le récit pour l’adapter (le film dure toutefois déjà 2h18). Quid du portrait de la mère de Sirius, de l’épisode à l’hôpital Sainte Mangouste, des scènes à Pré-au Lard… ?
Frustration aussi des acteurs, pourtant tous fabuleux mais contraints d’effectuer des mini apparitions, telles celles de Helena Bonham Carter ou de Emma Thompson. Une nouvelle
recrue se montre toutefois à la hauteur : Imelda Staunton, encore une actrice britannique issue des planches, est impeccable en inquisitrice mielleuse et pet sec haïe de tous. Mais
malgré tout ces défauts, Harry Potter et l’ordre du Phœnix ne s’avère pas aussi épouvantable que ça en a l’air sur le papier : la mise en scène de David Yates n’a certes
rien de novateur mais s’avère efficace (ce qui n’est pas un défaut via ma plume), plus à l’aise dans les effets spéciaux de toutes sortes que dans les scènes intimes, mais qu’importe : c’est bien
ici qu’on l’attendait au tournant. Dans la famille des films formatés et calibrés pour les enfants (quoique pour ma part je n’emmènerais pas les enfants de tous âges voir le long-métrage,
certaines scènes, et certains thèmes étant tout de même bien sombres), cet antépénultième tome de la franchise Harry Potter ne démérite pas et reste somme toute passable.
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