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Croix de fer (1977) Sam Peckinpah

par Neil 21 Janvier 2019, 02:08 1970's

Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 18 janvier 1978
Titre original : Cross of iron
Genre : guerre et honneurs
Durée : 2h15
Scénario : Julius J. Epstein, James Hamilton et Walter Kelley, d’après l’œuvre de Willi Heinrich
Image : John Coquillon
Compositeur : Ernest Gold
Avec James Coburn (Sergent Steiner), Maximilian Schell (Capitaine Stransky), James Mason (Colonel Brandt), David Warner (Capitaine Kiesel), Klaus Löwitsch (Kruger), Vadim Glowna (Kern)…

Synopsis : Sur le front russe, un aristocrate allemand est prêt a tout pour obtenir la croix de fer. Tout sauf y laisser la vie. Cette conception du métier de soldat se heurte a celle d'un vieux baroudeur place sous ses ordres. (allocine)

Mon avis : La guerre comme si vous y étiez

C’est dans la difficulté qu’après Tueur d’élite, film de commande aux genres composites, Sam Peckinpah s’attèle à une de ses œuvres les plus denses, à savoir Croix de fer. La frilosité des producteurs ainsi que la fameuse exigence artistique (qui confine parfois à l’obsession) du réalisateur de Chiens de paille vont faire que le tournage en Yougoslavie de Croix de fer sera loin d’une sinécure. D’un état de santé instable, Peckinpah insiste sur le réalisme des scènes, n’hésitant pas à utiliser de véritables chars soviétiques ou d’authentiques armes portatives. Il reprend ici un de ses acteurs fétiches, James Coburn ,dans cette adaptation d’une nouvelle de Willi Hinrich.
Sur le front russe, en pleine retraite allemande, le capitaine Stransky, aristocrate allemand, est nommé pour prendre la tête d’une unité. Peu enclin aux exercices sur le terrain, il admet volontiers qu’il n’est là que pour une chose et une seule : obtenir la croix de fer, récompense suprême des armées qui lui permettra de rentrer parmi les siens avec les honneurs. C’est sans compter sur le sergent Steiner, un homme singulier qui n’apprécie guère les ronds de jambes et autres mystifications qui accompagnent la hiérarchie militaire. Manquant uniquement du témoignage de celui-ci pour obtenir sa croix de fer, Stransky saura lui rendre coup pour coup.

On le sait, l’univers de Sam Peckinpah est loin d’être celui de Candy au pays des Bisounours. N’empêche qu’avec Croix de fer le réalisateur nous livre une de ses œuvres les plus violentes et les plus dures. Les scènes de combat son d’un réalisme incroyable et renverraient la scène d’ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan à une gentille mise en bouche. La mise en scène nerveuse, souvent caméra à l’épaule, met le spectateur en plein cœur de l’action et apporte un style quasi-documentaire dont Stanley Kubrick s’inspirera sans doute pour son Full Metal Jacket. Le spectateur n’est d’ailleurs pas épargné par des scènes de torture, tant physiques que morales.
Sur le fond, Sam Peckinpah a la sublime idée de placer d’emblée Croix de fer sur un territoire assez inconnu, d’autant plus pour un auteur britannique : celui de l’ennemi. Nous sommes en présence de soldats allemands, de surcroît sur le front russe et en pleine déroute, ce qui augmente l’intensité qui existe entre les protagonistes. La rivalité est donc au plus fort entre Stransky et Steiner, nous sommes une fois de plus chez Peckinpah en présence de deux personnages que tout oppose, avec en particulier le « héros » classique cher au réalisateur, ici incarné par James Coburn, un anti-héros finalement, fatigué, en décalage avec son environnement. La confrontation est habile tant elle permet une dénonciation du système militaire de l’intérieur, par le biais de ses petites intrigues.

Car Sam Peckinpah ne se contente pas de dire que la guerre c’est pas bien et que la violence non plus d’ailleurs. Au contraire même il utilise celle-ci comme une arme qui, telle une grenade trop vite dégoupillé, explose  la figure de son utilisateur. Le discours est glaçant mais percutant, en particulier les images et le son qui accompagnent les génériques de début et de fin de film sont impressionnant (restez bien jusqu’à la fin pour voir la citation finale, énorme). Croix de fer est donc un film riche, dense (trop dense ?) qui marque les esprits comme nombre des films de son réalisateur.

Ma note : ***
Croix de fer (1977) Sam Peckinpah
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commentaires

el pibe 12/01/2008 20:29

Un film de guerre audacieux, riche de sens et qui selon moi gagne à être comparé à La horde sauvage.
C'est un grand Peckinpah, moins connu que certains mais qui vaut en effet vraiment le détour!

Neil 13/01/2008 10:38

Oui, sans doute un des meilleurs Peckinpah, et un des meilleurs films sur la guerre.

EdSissi 11/01/2008 21:35

La réputation de "Croix de fer" n'était pas terrible. J'ai été d'autant plus étonné de le découvrir récemment : c'est tout simplement l'un des plus grands films de guerre. La haine grandissante de Coburn pour l'uniforme est saisissante. Malgré le peu de moyens, Peckinpah filme des batailles impressionnantes. L'affrontement avec les femmes russes, l'attaque des chars sont des morceaux d'anthologie. Et que dire de cette fin glaçante...

Neil 12/01/2008 11:38

Oui, un des plus grands films de guerre je suis d'accord avec toi. :)

Hartigan 10/01/2008 13:17

Pour moi le 3ème meilleur Peckinpah après Les Chiens de Paille et La Horde Sauvage. Une chose est sûre : peckinpah ne faisait pas dans la dentelle. Parce que faire une séquence finale aussi osée (le rire de coburn qui résonne avec les images du générique final) fallait le faire. Sinon, c'est juste un putain de film de guerre comme on en voit rarement, d'une violence et d'une richesse incroyable (voire le carnage final) sur des mecs, comme tu le dis, fatigés, usés, à l'image de James Coburn en parfait anti-héros (le seul qui veut devenir un héro est parfaitement ridiculisé par Peckinpah).

On pouvait croire qu'après un très moyen Convoi, Peckinpah était déjà mort. Mais c'est tout le contraire.

Neil 10/01/2008 23:46

J'ai le même classement que toi sur les films de Peckinpah. Bon, il faut dire que je n'ai vu que ces 3 là en même temps... Sinon, ce rire final est tout simplement génial et terrifiant !

Wilyrah 10/01/2008 00:18

Nous sommes d'accord pour Je vais bien, ne t'en fais pas. Un beau film avec de la finesse et une mise en scène juste et maîtrisée. Ce qui est rare en France... Merci pour ton petit message (auquel j'ai répondu sur le blog).

Neil 10/01/2008 23:44

Oui, un joli film qui était en plus une surprise pour moi vu que je n'en attendais pas grand chose...

Beno�t 10/01/2008 00:10

Pour Zodiac, je respecte totalement ton avis. Pour Fight Club, j'avais adhéré à 100% mais je peux comprendre qu'on n'aime pas et tu n'es pas le seul à me l'avoir fait remarqué ;).
Pour le Peckinpah, disons que ma connaissance s'arrête à La horde sauvage que j'avais adoré.

Neil 10/01/2008 23:43

Moi aussi j'avais adhéré à 100% à Fight club la première fois... mais bon j'ai dû changer ! Sinon La horde sauvage est aussi très bon.

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