Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 14 janvier 2004
Titre original : The last samourai
Genre : traditions enseignées
Durée : 2h24
Scénario : John Logan, Marshall Herskovitz et Edward Zwick
Directeur de la photographie : John Toll
Compositeur : Hans Zimmer
Avec Tom Cruise (Nathan Algren), Ken Watanabe (Katsumoto), Billy Connolly (Zebulon Gant), Tony Goldwyn (Benjamin Bagley), Timothy Spall (Simon Graham), Hiroyuki Sanada (Ujio)…
Synopsis : En 1876, le capitaine Nathan Algren vit avec les souvenirs des batailles sanglantes menées contre les Sioux. Fort de son expérience au combat, il devient
conseiller militaire pour le compte de l'empereur japonais soucieux d'ouvrir son pays aux traditions et au commerce occidentaux et d'éradiquer l'ancienne caste guerrière des samouraïs.
(allocine)
Mon avis : Le Japon pour les nuls
On flaire déjà la grosse production à l’américaine en regardant le casting du Dernier samouraï. A la mise en scène nous avons Edward Zwick, réalisateur légèrement
insipide à qui l’on doit Glory ou Légendes d’automne. A la production, et bien sûr (on n’est jamais mieux servi que par soi-même), Mister « une seule expression
dans le regard » himself, j’ai nommé Tom Cruise. Ce qui nous permet au passage de noter qu’entre un Minority report et un Collateral l’acteur américain
préféré des ménagères de moins de cinquante ans a eu le temps de s’intéresser aux anciennes civilisations orientales. Sacré nom d’un nom, mais il est partout ce Tom.
Nathan Algren est un brave et courageux capitaine américain qui en 1876 peut se targuer d’avoir combattu pour la gloire de son beau pays d’Amérique les méchants indiens qui colonisaient sa nation
(bouh c’est pas bien). Bon, maintenant il en est un peu réduit à devoir faire des exhibitions dans tout le pays pour relater ses vieilles batailles. Heureusement qu’un spectateur est là pour lui
proposer un truc vachement plus cool : aller apprendre à ces sauvages de japonais comment il faut faire pour se servir d’une arme à feu. Parce qu’il paraît que là-bas ils se battent tous avec des
grandes épées et des costumes un peu bizarres, les nazes. Espérons que l’Oncle Sam va réussir à leur vendre tout plein de pistolets comme ça tout rentrera dans l’ordre.
Moi de mauvaise foi ? Non, ça se saurait… Il faut dire que le film de Zwick est agaçant. Dès le début les plans m’as-tu-vu et qu’on a d’ailleurs vu et revu se succèdent comme des images
d’Epinal. Le capitaine désabusé qui boit en coulisses pour oublier, l’arrivée sur le nouveau continent à la proue du navire les bras croisés… hum. Et tout du long (et c’est long en plus)
Le dernier samouraï de dérouler une intrigue mielleuse où tous les coups de théâtre sont attendus. Le valeureux guerrier qui se fait prisonnier non sans avoir lutter sans merci,
la simili histoire d’amour naissante avec la femme qui a tout pour le détester, le retournement de veste pour se rallier du côté des gentils… si c’est pas du déjà-vu tout ça.
On pourrait passer sur l’indigence du scénario si la forme était au moins intéressante. Las, la mise en scène d’Edward Zwick se montre d’une platitude exemplaire, au niveau des
superproductions qu’Hollywood nous pond à longueur d’année. Aucune inventivité, un classicisme à faire bailler les plus assidus. Quant à l’interprétation de Tom Cruise elle s’avère égale
à celles qu’il fournit d’habitude : l’acteur sur-joue les moindres émotions de son personnages et finit par nous lasser de ces grimaces qui n’apportent rien. Seul l’excellent Ken
Watanabe tire son épingle du lot et se fait enfin connaître du grand public occidental, ce qui lui vaudra par la suite de jouer dans Lettres d’Iwo Jima de Clint
Eastwood.
Sinon Zwick alimente quand même pas mal les poncifs sur le Japon vu par les occidentaux, malgré une louable intention de montrer une opposition entre l’honneur classique des samouraïs et
la cupidité rampante qui s’infiltre dans le Japon de la fin du XIXeme siècle. Les scènes les plus intéressantes sont d’ailleurs celles qui se déroulent durant la captivité du héros, où il apprend
à connaître l’ennemi et ses traditions. C’est un peu manichéen, on voit venir gros comme une maison l’amitié qui se lie entre le personnage et son « bourreau » mais bon, ne soyons pas trop
regardant. Toujours est-il que jusqu’au bout Le dernier des samouraï n’en finit pas de finir. Et ce n’est jamais un très bon signe.
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