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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 00:21
zabriskiepoint.jpg Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 14 avril 1970
Genre : amours psychédéliques
Durée : 1h45
Scénario : Michelangelo Antonioni, Franco Rossetti, Sam Shepard, Tonino Guerra et Clare Peploe
Photographie : Alfio Contini
Musique : Jerry Garcia
Avec Mark Frechette (Mark), Daria Halprin (Daria), Rod Taylor (Lee Allen), Bill Garaway (Morty), Kathleen Cleaver (Kathleen), Harrison Ford (un employé de l’aéroport)...

Synopsis : A la suite d'une révolte estudiantine, Mark s'enfuit dans le désert de la Vallée de la Mort. Il y rencontre Daria, rejetant également cette société conservatrice qui ne répond pas à leurs aspirations. (allociné)

Mon avis : La liberté c’est la conscience de la nécessité

Quelqu’un m’a dit qu’il fallait « liquider les idées de mai 68 », ça tombe bien puisque ressort en salles Zabriskie Point. Le film de Michelangelo Antonioni est en effet un des films qui retranscrit le plus habilement l’esprit libertaire qui soufflait aux Etats-Unis en cette fin de décennie révolutionnaire. Sortant tout juste de son Blow up qui diagnostiquait le Swinging London, le réalisateur italien s’exile donc dans le pays de l’oncle Sam à la demande de la MGM. Celle-ci lui demande de réaliser un film à partir d’un fait divers : l’histoire d’un hippie qui avait décoré un petit avion de slogans peace and love. En l’occurrence, c’est Mark, jeune homme contestataire qui ne se retrouve pas dans l’atmosphère des meetings d’étudiants. Voulant agir, il se retrouve embarqué malgré lui dans une émeute impliquant la police et des étudiants noirs. Pour éviter d’être arrêté il va fuir dans le désert, où il rencontre Daria, jeune secrétaire baba-cool qui partage ses idées libertaires.

On peut dire que Zabriskie Point est découpé en deux parties, l’une urbaine et l’autre dans le désert. Dans la première on est frappé par la surabondance de symboles matraquant la société de consommation. Panneaux publicitaires, magasins, publicités, hommes de marketing… autant de détails qui donnent la nausée. A côté nous avons les étudiants, sympathiques mais foutrement bordéliques dans leurs réunions où l’on devine qu’il ne se pourra rien se passer tant les dissensions sont nombreuses parmi les participants, et bien sûr les forces de l’ordre étiquetées par un Antonioni avec un poil de parti-pris comme le Mal absolu qui matraquent à bout de bras tous les jeunes qui passent sous leur chemin. On se croirait presque dans Punishement Park. Puis la seconde partie est plus poétique : là se trouve en substance l’esprit libertaire  qui sous-tend les hostilités (notons qu’une fois de plus le réalisateur prend le désert comme symbole absolu de la liberté). Alors peut se développer une autre histoire, celle de Mark et Daria (deux acteurs inconnus, Mark Frechette et Daria Halprin) et leurs rêves d’absolu, de grands espaces, de fuite et de liberté. Notons aussi que ce qui intéresse Antonioni c’est le rêve contestataire plus que sa réalisation en elle-même. Les deux séquences phares de Zabriskie Point sont en effet deux hallucinations, deux fantasmes orgiaques (l’un purement sexuel l’autre plus anarchiste) qui amplifient le rejet de la société de consommation. Antonioni semble ainsi nous faire comprendre combien le mouvement alors à son apogée est déjà voué à l’échec, réflexion d’ailleurs soulignée par la thématique de la fuite en avant des deux protagonistes, errance finalement futile et vaine, quoique sans doute indispensable. Se jouant habilement d’une ressemblance avec un film comme La mort aux trousses, Antonioni réalise là un film qui est loin d’être parfait mais reste un témoignage assez fort de cette époque.

Ma note : 7,5/10
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