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Spider (2001) David Cronenberg

par Neil 19 Mars 2019, 03:50 2000's

Fiche technique
Film canadien, britannique
Date de sortie : 13 novembre 2002
Genre : plongée en schizophrénie
Durée : 1h38
Scénario : David Cronenberg, d’après l’œuvre de Patrick McGrath
Image : Peter Suschitzky
Musique : Howard Shore
Avec Ralph Fiennes (Spider), Miranda Richardson (Mrs Cleg), Gabriel Byrne (Bill Cleg), Lynn Redgrave (Mrs Wilkinson), John Neville (Terrence), Gary Reineke (Freddy)…

Synopsis : Après plusieurs années d'internement psychiatrique, un jeune homme est transféré en foyer de réinsertion dans les faubourgs de l'est londonien. C'est à quelques rues de là qu'enfant, il a vécu le drame qui a brisé sa vie. De retour sur ces lieu, Spider replonge peu à peu dans ses souvenirs et mène une étrange enquête... (Allociné)

Mon avis : David Cronenberg tisse sa toile

Pour une fois David Cronenberg n’est ici pas à l’origine de son projet cinématographique : Spider doit pour beaucoup son existence à Ralph Fiennes. L’acteur britannique a cherché à tous prix à développer ce projet, réussissant à convaincre David Cronenberg de le réaliser. Le réalisateur canadien sort de Existenz et va entamer avec Spider ce qui se profile comme un tournant dans sa carrière puisque après viendront A history of violence et Les promesses de l’ombre. On est loin des outrances à tendance série B de ses débuts ; pourtant à y regarder de plus près on ne s’éloigne pas tant que ça de l’univers du réalisateur.
Spider débarque de son train et s’engage dans les faubourgs londoniens. Il entre dans un établissement où il fait rapidement connaissance avec la logeuse Mrs Wilkinson et un des pensionnaires. On s’aperçoit très vite que Spider est méticuleux, très méticuleux. Il écrit souvent dans son cahier à spirales des mots que lui seul comprend. Son esprit se met alors à divaguer pour revenir à son enfance et revivre un drame personnel qui le marquera à jamais.

C’est à croire que David Cronenberg s’est pris au jeu de son personnage principal : sa mise en scène est méticuleuse, peut-être trop , en tout cas en tout point maîtrisée. Le maître canadien sait où il va, il mène le spectateur de bout en bout, d’un point A à un point B. Point de fioriture, le timing est respecté, nous suivons pas à pas dans ce Spider l’enquête introspective de son personnage. On assiste ainsi à une mise en abîme personnelle assez impressionnante, chemin nécessaire que doit parcourir le personnage pour arriver à une possible rédemption. On sent que c’est vers le passé qu’il faut se tourner pour trouver la clé du problème, et si il faut bien dire qu’au début on peut trouver ce petit drame familial d’une platitude consternante, la suite nous prouvera bien vite que rien n’est simple chez Cronenberg.
Avec l’aide de Patrick McGrath, écrivain britannique qui connaît bien le sujet, il développe une intrigue schizophrénique aux petits oignons. Et qui dit schizophrène dit boulevard pour l’interprétation ; ici Ralph Fiennes s’en donne à cœur joie et livre une performance irréprochable, à la fois sobre et inquiétante. Il est aidé par un casting parfait : l'excellente Miranda Richardson est absolument magnifique (comme toujours) dans un triple rôle qui oscille entre la maîtresse et la femme au foyer. Quant à Gabriel Byrne il montre encore une fois combien un second rôle peut avoir d’importance dans un film. Bref, Spider est une œuvre dense, habitée par ses interprètes, une plongée fascinante dans l’univers de la folie qui réserve de belles surprises.

Ma note : ***
Spider (2001) David Cronenberg
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commentaires

D&D 15/04/2008 02:05

Ahhhhh... Salut Neil !
Et pardonne-moi ma présence fantomatique sur le web pour quelques temps encore...
C'est en retard mais avec grand plaisir que je découvre ton article sur Spider.
Autant dire que lire sur un film de Cronenberg est la plupart du temps un délice pour moi :-)
Et puis, Miranda Richardson, comme tu dis !
A revoir. Peut-être le seul que je n'ai pu voir qu'une seule fois à ce jour en salle de ce cher David... N'était pas resté bien longtemps, je crois...
Mais je me souviens aussi des couleurs de ce film, de bruns, de verts, très singuliers, et puis comme le surgissement fatal d'un bleu tranchant... Enfin, il me semble...
En tout cas, bravo pour ton billet,
A bientôt :-)

Neil 16/04/2008 22:41


N'étais pas resté bien longtemps, le film, ou toi dans la salle ? Je penche plutot pour la première solution cela dit... "_"
Oui, joli travail sur les couleurs pour ce film en effet.
A bientôt D & D :)


Wilyrah 12/04/2008 14:16

Et je suis d'accord avec Dasola et toi ;) D'ailleurs, j'essaie toujours dans les meilleures conditions pour voir un film et l'apprécier à sa juste valeur !

Neil 13/04/2008 11:38


Oui malheureusement on n'a pas toujours le choix. Mais je tâche aussi de le faire "_"


dasola 11/04/2008 10:49

Bonjour Neil, ta critique me fait vraiment envie de revoir ce film que j'ai vu à une époque difficile sur le plan personnel. Je me rappelle m'être doucement assoupie dans mon fauteuil. Je l'avais vu à une séance de 22H. J'y étais allée parce que j'aime les acteurs qui jouent : Ralf Fiennes, etc. Que le sujet m'intéressait. Que le roman de Patrick Mc Grath est très bien. Je me rappelle surtout la réalisation de Cronenberg qui nous fait toucher du doigt ce que c'est que la schizophronie. C'est un film que l'on doit voir en s'étant réposé et pas après une journée fatigante de boulot.

Neil 12/04/2008 10:26


Oui, d'ailleurs je trouve que les conditions dans lesquelles on voit un film sont primordiales pour son appréciation ultérieure.


Wilyrah 11/04/2008 02:21

Un peu trop dense et glauque justement. Dommage, il y avait de quoi faire un très grand film.

Neil 12/04/2008 10:25


J'aime bien le glauque, ça tombe bien :p


Beno�t 10/04/2008 17:41

De Cronenberg, j'en suis toujours qu'à A history of violence. Mais ce film m'a réellement donné envie de découvrir ce cinéaste.

Neil 10/04/2008 18:28


Un cinéaste à suivre. Et tu verras que nombre de ses films ne ressemblent pas beaucoup à A history of violence.


Edisdead 10/04/2008 16:56

J'avais trouvé Spider très fort surtout dans la façon de faire remonter le passé à la surface. Cependant, la mise en scène de Cronenberg m'avait semblé un poil rigide et la performance de Ralph Fiennes ne m'avait pas convaincu totalement. C'est quand même assez passionnant et comme tu le dit très justement, cela marque un tournant dans l'oeuvre du canadien.

Neil 10/04/2008 18:27


Oui, la mise en scène de Cronenberg moi je l'ai trouvée un peu plan-plan. Mais c'est vrai que cette façon de faire revenir les souvenir, et de mélanger présent et passé (cf le triple rôle
de Miranda Richardson) est très bien vue.


el pibe 10/04/2008 15:15

Je me souviens avoir bien apprécié ce film, notamment pour sa froideur et pour sa construction. je me permets de mettre un lien vers ma note sur ce film!

http://yannick.chiwalou.org/blog/2006/09/10/99-spider-novembre-2002

Neil 10/04/2008 18:25


Très intéressante analyse en effet, merci el pibe :)


Melody 10/04/2008 00:17

hey les gars! neil il a vu un film des années 2000!

Neil 10/04/2008 18:25


La bave du crapeau n'atteint pas la blanche colombe, chère Mélo.
(Quoique, moi en blanche colombe, j'en connais qui se gausseraient...)


Thomas 09/04/2008 23:33

C'est peut-être le Cronenberg que j'ai le moins aimé. Mais comme toujours chez le réalisateur canadien, ses films gagnent à être revus pour révéler toujours plus de profondeur.

Neil 10/04/2008 18:24


Bienvenue Thomas :)
Oui, il y a toujours quelque chose d'intéressant à prendre chez un Cronenberg, même quand il n'est pas l'initiateur du projet.


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