Fiche technique Film canadien, britannique Date de
sortie : 13 novembre 2002 Genre : plongée en schizophrénie Durée : 1h38 Scénario : David Cronenberg, d’après l’œuvre de Patrick McGrath Photographie : Peter Suschitzky Musique : Howard Shore Avec Ralph
Fiennes (Spider), Miranda Richardson (Mrs Cleg), Gabriel Byrne (Bill Cleg), Lynn Redgrave (Mrs Wilkinson), John Neville (Terrence), Gary Reineke (Freddy)…
Synopsis : Après plusieurs années d'internement
psychiatrique, un jeune homme est transféré en foyer de réinsertion dans les faubourgs de l'est londonien. C'est à quelques rues de là qu'enfant, il a vécu le drame qui a brisé sa vie. De retour
sur ces lieu, Spider replonge peu à peu dans ses souvenirs et mène une étrange enquête... (Allociné)
Mon avis : Cronenberg tisse sa
toile
Pour une fois David Cronenberg n’est pas à l’origine de son projet cinématographique : Spider
doit pour beaucoup son existence à Ralph Fiennes. L’acteur britannique a cherché à tous prix à développer ce projet, réussissant à convaincre David Cronenberg de le réaliser. Le
réalisateur canadien sort deExistenzet va entamer avec
Spider ce qui se profile comme un tournant dans sa carrière puisque après viendront A history of violence etLes promesses de l’ombre. On est loin des outrances à tendance série B de ses débuts ; pourtant à y regarder de plus près on ne s’éloigne pas tant que ça de l’univers du
réalisateur. Spider débarque de son train et s’engage dans les faubourgs londoniens. Il entre dans un établissement où il fait rapidement connaissance avec la logeuse Mrs Wilkinson et un des
pensionnaires. On s’aperçoit très vite que Spider est méticuleux, très méticuleux. Il écrit souvent dans son cahier à spirales des mots que lui seul comprend. Son esprit se met alors à divaguer
pour revenir à son enfance et revivre un drame personnel qui le marquera à jamais.
C’est à croire que David Cronenberg s’est pris au jeu de son personnage principal : sa mise en scène est
méticuleuse, trop peut-être, en tout cas en tout point maîtrisée. Le maître canadien sait où il va, il mène le spectateur de bout en bout, d’un point A à un point B. Point de fioriture, le timing
est respecté, nous suivons pas à pas dans ce Spider l’enquête introspective de son personnage. On assiste ainsi à une mise en abîme personnelle assez impressionnante, chemin
nécessaire que doit parcourir le personnage pour arriver à une possible rédemption. On sent que c’est vers le passé qu’il faut se tourner pour trouver la clé du problème, et si il faut bien dire
qu’au début on peut trouver ce petit drame familial d’une platitude consternante, la suite nous prouvera bien vite que rien n’est simple chez Cronenberg. Avec l’aide de Patrick
McGrath, écrivain britannique qui connaît bien le sujet, il développe une intrigue schizophrénique aux petits oignons. Et qui dit schizophrène dit boulevard pour l’interprétation ; ici
Ralph Fiennes s’en donne à cœur joie et livre une performance irréprochable, à la fois sobre et inquiétante. Il est aidé par un casting parfait : Miranda Richardson est
absolument magnifique (comme toujours) dans un triple rôle qui oscille entre la maîtresse et la femme au foyer. Quant à Gabriel Byrne il montre encore une fois combien un second rôle
peut avoir d’importance dans un film. Bref, Spider est une œuvre dense, habitée par ses interprète, une plongée fascinante dans l’univers de la folie qui réserve de belles
surprises. Ma note : 8/10
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