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Brazil (1985) Terry Gilliam

par Neil 26 Août 2014, 05:56 1980's

Fiche technique
Film britannique, américain
Date de sortie : 20 février 1985
Genre : dictature imaginaire
Durée : 2h05
Scénario : Terry Gilliam, Torn Stoppard et Charles McKeown
Image : Roger Pratt
Musique : Michael Kamen
Avec Jonathan Price (Sam Lowry), Kim Greist (Jill Layton), Robert de Niro (Harry Tuttle), Katherine Helmond (Ida Lowry), Michael Palin (Jack Lint), Ian Holm (Mr Kurtzmann), Bob Hoskins (Spoor)…

Synopsis : Sam Lowry, fonctionnaire modèle d'une mégapole étrange, a des problèmes avec sa maman et avec l'État, tout puissant. Pour couronner le tout, des songes bizarres l'entraînent chaque nuit sur les ailes d'Icare, à la recherche d'une jeune femme blonde, évanescente, inaccessible. Chaque fois qu'il est sur le point de l'atteindre, leurs trajectoires se séparent et le songe s'interrompt cruellement... (allociné)

Mon avis : l’imagination au pouvoir

Est-il utile de le rappeler, Terry Gilliam a débuté sa carrière cinématographique avec les Monthy Python. Voilà qui pose un personnage : humour décalé, inventivité permanente, anti-révérence adéquate… autant d’ingrédients qu’il va réutiliser en tant que réalisateur. Puis vinrent Jabberwocky et Time Bandits, hors d’œuvre de choix pour entamer le plat principal qui vient en 1985, à savoir Brazil. Une œuvre incandescente qui mélange Kafka et Orwell dans un style affirmé, à la fois complètement déjanté et totalement maîtrisé. C’est ça qui fait le charme des films de Terry Gilliam.

Posons le cadre : une ville futuriste dans laquelle un fonctionnaire maladroit commet une faute fatale qui envoie Monsieur Buttle en prison à la place de Monsieur Tuttle. Faute qu’est chargé de réparer Sam Lowry, fonctionnaire doué mais totalement dépourvu d’ambition, au grand dam de sa mère adepte de chirurgie plastique. Dans son investigation Sam rencontre Jill, la voisine de Monsieur Buttle, qui n’est autre que la fille dont il rêve nuit après nuit.

Le synopsis de Brazil fourmille tellement d’idées toutes plus intéressantes les unes que les autres qu’il est difficilement résumable. Les innovations de Terry Gilliam ne s’arrêtent d’ailleurs pas à un scénario aux petits oignons mais transpirent pratiquement à chaque plan : ici une pépite de mise en scène, là des effets spéciaux plus vrais que nature… tout ça en n’étant jamais tape-à-l’œil ni aucunement foutraque. Voilà encore un des charmes du film de Gilliam : le spectateur est baladé tout naturellement entre onirisme et monde ultra réaliste.

Ainsi on peut voir dans Brazil un chevalier délivrant une princesse en cage mais aussi une administration tentaculaire croulant sous le poids de la paperasse. Des antagonismes en perspective pour mettre en valeur la force du propos de Gilliam : soyez réalistes, demandez l’impossible. Et surtout, rêvez. Car que serait Sam, très justement interprété par Jonathan Price, s’il  n’avait ses rêves pour s’évader de son triste quotidien ?

C’est l’anti-conformisme que défend Terry Gilliam quand il réalise Brazil : tous les personnages positifs du film, du plombier non licencié (irrésistible Robert de Niro) à la citoyenne révoltée sont mis en parallèle avec les tenants de l’establishment, que ce soit la mère tyrannique (Katherine Helmond étonnante) ou l’employé zélé mais inefficace (Michael Palin excellent). Brazil s’avère donc être un film intemporel qui analyse de façon caustique la société actuelle et qui célèbre la liberté, l’imaginaire et l’amour.
 
Ma note : ****
Brazil (1985) Terry Gilliam
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commentaires

Sorel 27/08/2014 15:05

Salut Neil, c'est Marcozeblog. Rebaptisé en Sorel. J'espère que tu vas bien. Tu parles de vieux films ces derniers temps. Tout comme moi pour circonscrire le périmètre. J'y passais trop de temps sinon. J'ai vu Brazil, j'étais genre ado et j'étais totalement passé à travers. Il devra faire partie de ceux que je devrai revoir un jour ou l'autre. Bonne rentrée.

neil 27/08/2014 20:28

Salut Sorel, oui pour l'instant je ne fais que mettre à jour d'anciens billets qui parlent de vieux films. Je jetterai un oeil à ton nouveau blog dès que possible. Bonne rentrée à toi aussi.

dasola 27/08/2014 07:07

Bonjour Neil, 6 ans après, je continue à dire que ce film est génial (il faudrait que je le revois). Bonne journée.

neil 27/08/2014 07:43

Bonjour Dasola, comme tu le vois je recycle mes anciens billets. Mais ce sont des bons films alors autant en profiter :) Bonne journée.

Elyette 09/06/2008 13:10

Ta critique est très juste. J'adore ce film, c'est foisonnant et drôle, tout en apportant un regard très juste sur notre monde. La fin est extraordinaire, je ne me lasse pas de le revoir.

Neil 10/06/2008 21:19


C'est vrai que cette fin est extra. A voir et revoir.


alamissamoun 13/05/2008 21:54

Une merveille d'anticipation, la référence pour moi dans ce registre avec Bienvenue à Gattaca (plus sérieux certes). En tout cas 2 heures de grand cinéma, dans un univers à la fois loufoque, contestataire et d'une justesse incroyable. Un film à vous donner des frissons.

Neil 14/05/2008 22:16


Oui, la référence à Gattaca est bien trouvé, dans l'esprit. :)


Edisdead 18/04/2008 23:26

Que dire d'autre sur ce classique, l'un de ces films d'adolescence que l'on continue à chérir des années après ? Moi, je pense surtout à cette fin qui joue si habilement avec la réalité (la fin à tiroirs est devenu un procédé banal dans le fantastique d'aujourd'hui, mais en 85, c'était très impressionnant). Sinon, à part "L'armée des douze singes", j'ai aussi de l'affection pour "Munchausen".

PS : Klapisch et Altman dans la même phrase, ça colle vraiment pas, Neil.

Neil 21/04/2008 21:54


Ah oui cette fin reste aujourd'hui encore d'une force incroyable !
Tu vas rire mais Munchausen je crois que je ne l'ai jamais vu (shame on me)
Et pour les deux réalisateurs, c'est pas moi qu'a commencé d'abord, c'est Bastien mdr


Evelyn Dead 16/04/2008 23:55

Terry Gilliam a réalisé deux films parmi les plus importants du cinéma occidental contemporain: Brazil et L'Armée des Douze Singes. Lorsque l'on voit de quelle manière nos gouvernements actuels souhaitent modifier notre société, et l'état d'urgence écologique dans lequel baigne notre civilisation, on mesure la portée politique, prophétique et poétique de ces deux oeuvres majeures. Quand on a fait Brazil, on est excusé pour tous les autres films.

Neil 17/04/2008 23:10


Voilà qui est bien parlé. Evelyn Dead président ! :-)


Bastien 16/04/2008 23:17

En 5 minutes, De Niro vole la vedette à tout le monde. Et ça, c'est très fort !

Sinon le film ressemble à un mélange improbable de Kafka et de Don Quichotte, sauce George Orwell... J'adore !!!! ^^

9.9/10, et en cotant vache !


PS : à propos de Paris de Klapisch, il ne t'a pas évoqué Short Cuts ? C'est pour ça que je le compare, c'est parce que j'ai eu la désagréable impression d'assister à un plagiat de ce film en fait...

Neil 17/04/2008 23:10


Oui, un mélange très bien réussi :)
Pour Paris en fait j'avais pas du tout pensé à Short Cuts moi, je dirais presque que c'est un compliment que tu fait au film de Klapisch lol : le 2eme est bien plus profond
c'est clair, celui là ne fait qu'effleurer une galerie de personnage, sans aller très loin. Mais bon je l'ai trouvé pas mal quand même (bon j'arrête la polémique lol "_" )


dasola 15/04/2008 16:31

Les séquences qui me restent de ce film sont la séance de "lifting" de Katherine Helmond (peu ragoûtante) et quand Harry Tuttle est au milieu de tous les câbles électriques et autres. Ce film est délirant et génial.

Neil 16/04/2008 22:44


Oui, la scène du lifting est remarquablement saisissante. Et toutes les apparitions de De Niro sont excellentes :)


el pibe 15/04/2008 14:35

ah Brazil, l'époque où Gilliam faisait encore des films intéressants même si je serais un peu moins enthousiaste que toi ! Depuis il a commis l'immonde Tideland qui m'a fait réviser mon opinion sur lui !

Neil 16/04/2008 22:43


Oui, pour moi le meilleur Gilliam. Quoique, je ne crache pas sur L'arméé des 12 singes, bien au contraire.
Tideland, je ne le qualifierais pas d'immonde mais il ne m'a pas laissé un grand effet.


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