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Alice n’est plus ici (1974) Martin Scorsese

par Neil 25 Avril 2008, 22:40 1970's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 30 mai 1975
Titre original : Alice does not live here anymore
Genre : femme sans foyer
Durée : 1h55
Scénario : Robert Getchell
Directeur de la photographie : Kent L. Wakeford
Musique : Richard Lasalle
Avec Ellen Burstyn (Alice Hyatt), Chris Kristofferson (David), Dianne Ladd (Flo), Harvey Keitel (Ben Eberhart), Jodie Foster (Audrey), Alfred Lutter (Tommy Hyatt)…

Synopsis : Quand elle avait huit ans, Alice rêvait de devenir une star de la chanson. Nous la retrouvons vingt-sept ans plus tard, mariée et mère d'un insupportable gamin. Son mari meurt accidentellement et Alice décide de réaliser son rêve: devenir chanteuse de cabaret… (allocine)

Mon avis : Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

On ne peut pas dire que la gent féminine soit majoritaire dans la filmographie de Martin Scorsese ; raison de plus pour s’attarder sur son quatrième long-métrage, Alice n’est plus ici. Nous sommes en 1974 et le réalisateur est fraîchement auréolé du succès de Mean streets
. Ellen Burstyn, quant à elle, a les faveurs des studios grâce à sa prestation dans L’exorciste ; c’est elle qui va imposer Scorsese pour réaliser un film sur un sujet qui la touche particulièrement en ces temps de féminisme naissant : le portrait d’une femme qui décide de prendre son destin en mains.

A l’âge de huit ans, lorsqu’Alice vivait encore à Monterey, son but était de devenir chanteuse. Vingt-sept ans plus tard, elle vit à Soccoro avec un mari irascible et un gosse fatiguant : elle rêve avec son amie Bea de quitter son homme pour une vie meilleure. C’est alors qu’elle apprend la mort de celui-ci ; effondrée, elle décide de tout quitter avec son fils Tommy pour retourner là où elle a été le plus heureuse, dans son village natale de Californie. Mais une femme seule sans argent et avec un fils de onze ans à nourrir n’a pas la vie facile.

Le générique et la toute première scène d’Alice n’est plus ici a de quoi étonner un habitué des films de Scorsese : on se croirait en plein dans les années 50, avec les couleurs saturées du Technicolor et une chanson digne des comédies musicales d’antan. Comptez sur Marty pour revenir à la réalité dès la scène d’après : autant le début nous montrait une vision idéalisée de l’enfance d’Alice, autant là nous pouvons observer son quotidien décevant près de trente ans après. On retrouve alors la mise en scène frénétique, les travellings et autres décadrages qui ont fait la réputation de Scorsese à ses débuts.

Mais là s’arrête la comparaison : Alice n’est plus ici ne ressemble en rien à ce qu’a pu nous montrer Scorsese, mais ajoute une facette de plus à un réalisateur déjà éclectique. Si comparaison il fallait établir, elle se situerait plutôt du côté d’un
Wanda, réalisé quatre ans plus tôt par Barbara Loden, dans cette mouvance de films dits féministes qui montraient la difficile lutte des femmes pour imposer leur liberté. Pourtant ici aucune revendication revancharde, et Alice est montrée sous toutes ses facettes, à la fois libre et indécise, indocile et pourtant dépendante d’un soutien masculin. On a devant nous le portrait d’une femme fragile et téméraire, un être humain complexe et attendrissant.

Si le film gagne à être connu, c’est en grande partie grâce à la prestation d’Ellen Burstyn. Récompensée par un oscar pour le rôle, elle incarne Alice avec une force et un charme qui force l’admiration. Epaulée par des personnages masculins charismatiques - Harvey Keitel en brute qui cache son jeu et Chris Kristofferson en cow-boy improbable -, elle tire son épingle du jeu de façon remarquable. Alice n’est plus ici est aussi l’occasion de voir Jodie Foster dans un de ses tout premier rôle, ce qui n’est pas déplaisant. On a donc un film d’une grande maturité, loin d’être tape-à-l’œil mais au charme ravageur.

Ma note : 8/10

commentaires

Hartigan 03/05/2008

Pour moi, tout simplement un des meilleurs Scorsese. Superbe portrait de femme, juste et touchant.

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