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L’année du dragon (1985) Michael Cimino

par Neil 22 Janvier 2019, 02:31 1980's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 13 novembre 1985
Titre original : Year of the dragon
Genre : enquête obstinée
Durée : 2h14
Scénario : Michael Cimino et Oliver Stone, d’après l’œuvre de Robert Daley
Image : Alex Thomson
Musique : David Mansfield
Avec Mickey Rourke (Stanley White), John Lone (Joey Tai), Ariane (Tracy Tzu), Leonard Terno (Angelo Rizzo), Caroline Kava (Connie White), Eddie Jones (William McKenna)…

Synopsis : Une vague mystérieuse de violence vient de s'abattre sur Chinatown. Le capitaine Stanley White, personnalité très forte, penche pour la théorie du développement d'une mafia chinoise. Un duel à mort va l'opposer au parrain de Chinatown. (allociné)

Mon avis : La traque infatigable du héros solitaire

D'un côté nous avons Michael Cimino, réalisateur talentueux et quelque peu maudit. Après l’échec monumental de La porte du paradis il effectue une traversée du désert de cinq ans avant de sortir cette Année du dragon. De l'autre on trouve le non moins talentueux Oliver Stone, peut-être moins habile que son confrère caméra à l’épaule mais toujours aussi efficace lorsqu’il s’agit de participer à des scenarii, que se soit pour Midnight express ou Scarface. Il officie donc ici aussi en tant que scénariste, en adaptant avec Cimino l’œuvre de Robert Daley.

Autant dire que le résultat est une belle réussite des années quatre-vingt, peut-être pas aussi flamboyante que les précédentes œuvres de Michael Cimino mais fichtrement intéressante. Nous faisons la connaissance de Stanley White lors de la procession à l’occasion de la mort d’un des caïds de Chinatown. Bien décidé à mettre de l’ordre dans ce quartier new-yorkais si mystérieux, Stanley commence à mal se faire voir par ses collègues policiers. Son obstination sera mise à mal par les bâtons dans les roues que va lui mettre Joey Tai, jeune loup de la Triade qui a l’intention de devenir calife à la place du calife.

On ne s’attaque pas à la mafia chinoise sans conséquence ; avec L’année du dragon Michael Cimino s’en rendra vite compte, lui qui fut déjà taxé de raciste après Voyage au bout de l’enfer. Il est vrai qu’objectivement il n’y a pas un seul personnage asiatique qui soit mis en valeur, mis à part la journaliste Tracy qui est plus à considérer comme une américaine. Effectivement, tout est vu sous l’angle de Stanley White : dans les rares scènes où il n’est pas à l’écran, une fois sur deux on parle de lui. Et lui c’est un personnage pas piqué des hannetons : limite raciste, égocentrique et colérique, il est invivable au quotidien, ce que d’ailleurs sa femme Connie lui reproche constamment.

Entièrement vu sous l’angle d’un ancien du Vietnam qui s’est inséré mais a tout de même gardé des blessures profondes de cette expérience, L’année du dragon peut paraître rédhibitoire par certains côtés : omniprésence du drapeau américain, quasi-absence féminine sinon pour mettre en valeur le sale caractère du personnage principal. Un autre angle de lecture est de voir le film comme un pendant, un peu revanchard certes, de Voyage au bout de l’enfer : ici le héros a réussit à surmonter en apparence son traumatisme, seulement il cherche à tout prix à reprendre le contrôle, ce qui passe pour lui par cette croisade insensée où il risque de tout perdre.

Dans le rôle de ce chien fou Mickey Rourke tient là un de ses plus beaux rôles (sinon le meilleur) aux côtés d’acteurs peu ou pas connus à l’époque. Mais L’année du dragon c’est aussi un travail sur l’image assez remarquable, réalisé avec le très british Alex Thomson. Réputé pour être pointilleux, Michael Cimino peaufine les décors et l’atmosphère du film en nous offrant une œuvre qui est bien marquée « années 1980 » mais conserve encore tout son charme.
 
Ma note : ***

L’année du dragon (1985) Michael Cimino
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commentaires

D&D 08/07/2008 14:54

Pas revu depuis l'époque, mais très bon souvenir... A revoir donc... Sympa de lire dessus.
Cela dit je reverrais volontiers Sunchaser aussi, sans doute moins important, mais qui m'avait, alors, beaucoup intéressé.

Neil 08/07/2008 22:11


Je crois que je l'ai jamais vu tiens Sunchaser. Bonne idée ça...


Melo-a-la-bouche sur une idée originale de 24/06/2008 21:26

en attendant Sagan...

Neil 25/06/2008 22:48


Ah oui Sagan... j'ai plus le temps d'écrire sur tout, melo, plus le temps... o_O


Beno�t 21/06/2008 19:52

Je n'ai toujours rien vu de Cimino, ce qui, on peut le dire, est honteux. :-)

Neil 25/06/2008 22:46


Non pas honteux : au contraire, tu t'apprètes à vivre de belles émotions ! :)


Edisdead 20/06/2008 13:52

Comme le dit Dasola, film important à l'époque, surtout si on l'a découvert ado comme moi. Par la suite, se font jour quelques réserves en comparaison avec "Voyage..." et "La porte du Paradis" (pas par rapport à l'ambiguité du personnage, qui est je pense une vraie force du film, surtout quand on a aujourd'hui tant de portraits asseptisés à force de prudence politique), mais rappelons que cela reste certainement le dernier grand film de Cimino.

Neil 25/06/2008 22:44


C'est vrai, Cimino n'a après plus rien fait de marquant. C'est bien dommage d'ailleurs.


dasola 19/06/2008 18:11

Bonjour Neil, il faut se rappeler que quand ce film est sorti, c'était un événement. Rourke était en pleine ascension auprès du public français. Bien entendu, je suis allée voir en 1985. J'avais trouvé que c'était un chef d'oeuvre et les relations plus qu'ambiguës entre Rourke et John Lone (qu'est ce qu'il est beau!) ont fait les beaux jours des Cahiers du cinéma. Film hautement recommandable que la jeune génération devrait découvrir.

Neil 25/06/2008 22:43


Ah oui tiens les relations entre Rourke et Lone méritent en effet d'être mentionnées. "_"


eeguab 18/06/2008 20:11

Très bon film,notamment les scènes plus intimes de Rourke.Mais c'est un vieux souvenir et je ne m'aventurerai pas à en dire plus.Il faut que je le revoie.

Neil 18/06/2008 22:52


C'est drôle moi c'est ce que j'ai trouvé de moins réussi justement, les scènes intimes dans le film. Mais ça ne gâche rien.


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