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Intérieurs (1978) Woody Allen

par Neil 14 Août 2014, 05:05 1970's

Fiche technique
Film américain
Titre original : Interiors
Genre : crise familiale
Durée : 1h33
Scénario : Woody Allen
Image : Gordon Willis
Avec Diane Keaton (Renata), Geraldine Page (Eve), Mary Beth Hurt (Joey), Kristin Griffith (Flyn), Sam Waterston (Mike), E.G. Marshall (Arthur), Maureen Stapleton (Pearl)…

Synopsis : Arthur et Eve sont mariés depuis de longues années. Ils ont eu trois filles. Eve pensait donner un sens à sa vie en créant pour ceux qu'elle aime un intérieur le plus harmonieux possible. Cependant son goût obsessionnel pèse sur sa famille ainsi que la grave crise de dépression qu'elle traverse. N'en pouvant plus, Arthur décide une séparation temporaire. (allocine)

Mon avis : la famille prise dans son nœud gordien

Il est intéressant de voir combien Intérieurs a été mal perçu par la plupart des critiques de l’époque et comment ce film est aujourd’hui réhabilité par beaucoup. Un an auparavant Woody Allen avait réalisé avec Annie Hall le doublé, séduisant à la fois la critique (quatre statuettes aux oscars pour le film, la mise en scène, le scénario et l’interprétation de Diane Keaton) et le public. N’ayant réalisé jusque là que des comédies (et pas des moindres), Woody se lance alors dans ce qu’il pense être l’œuvre de sa carrière, un hommage à son maître incontestable, Ingmar Bergman. Enorme flop pour Intérieurs ; ironie du sort : Woody Allen est aujourd’hui le premier critique du film.

Eve est une femme seule : elle qui a élevée avec son mari Arthur trois filles voit son mariage partir en fumée et sa vie avec. Ses filles sont maintenant adultes, deux d’entre elles sont mariées et la troisième vit à l’autre bout du pays. Son mari est parti en Grèce pour faire le point, à son retour l’accompagne une autre femme, vivante et loquace, tout le contraire d’Eve. Ce n’est pas le soutien que lui apporte sa fille Joey qui arrive à lui faire remonter la pente. Joey elle-même se sent coupable de ne rien pouvoir faire, elle qui envie tellement sa sœur Renata, le petit génie de la famille à qui tout réussit.

La sobriété et l’épure d’Intérieurs sont en tout points remarquables. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le film, on ne peut nier la forte influence qu’a pu y exercer le cinéma de Bergman. D’abord par les thèmes évoqués : la famille, oppressante et paralysante, l’absence de communication, voire même de sentiments (tout du moins en façade), ou même la quasi-omniprésence de la mort. Ensuite par les personnages : cinq femmes fortes, trois hommes effacés. Et puis évidemment cette mise en scène, avec l’accumulation de plans fixes, de gros plans sur des visages (magnifique scène finale où les trois sœurs se retrouvent face à une vitre), les décors épurés.

Evidemment on peut comprendre le trouble provoqué par Intérieurs quand on ne voit que la partie immergé de l’iceberg Woody Allen, dont les cinq premiers films étaient des comédies burlesques qui n’avaient d’autres but que de faire rire. La mécanique craque dans Intérieurs : le personnage principal est en profonde dépression, tente même de se suicider, la haine est omniprésente, y compris dans ce pourtant sacro-saint cocon que demeure la famille. Les personnages sont fragiles, à la limite de la rupture, sans aucune confiance en eux ou si peu. La rédemption n’arrive que tardivement, et à quel prix, d’ailleurs on peut à peine parler de rédemption, tout du moins d’apaisement.

La petite famille de Woody Allen commence sérieusement à se former à partir d’Intérieurs, où l’on retrouve déjà plusieurs de ses fidèles lieutenants. Parmi eux l’excellente Diane Keaton bien sûr mais aussi Sam Waterston et Maureen Stapleton pour les acteurs. Les collaborateurs fidèles sont aussi là, à commencer par le chef opérateur Gordon Willis (huit films au compteur avec le réalisateur), la directrice de casting Juliet Taylor ou les producteurs Charles H. Joffe et Jack Rollins. Tout cela nous donne une œuvre très intéressante, souvent mésestimé mais qui gagne à être connue.

Ma note : ****
Intérieurs (1978) Woody Allen
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commentaires

Bastien 06/07/2008 12:22

Argh, l'un des rares Allen que je n'ai aps encore eu le temps de voir !!!! Faut vraiment que je rattrape ça au plus vite !

Neil 08/07/2008 22:10


Moi il me manque encore Zelig et Radio Days et puis ce sera bon. Courage ! "_"


eeguab 03/07/2008 20:17

Un très grand W.A.d'une grande violence.

Neil 05/07/2008 11:41


Oui, assez violent, comme souvent chez Bergman d'ailleurs.


Beno�t 02/07/2008 23:31

Pour moi, c'est toujours no comment sur un Woody Allen...

Neil 05/07/2008 11:23


Désolé, c'est vrai que je me suis défoulé ces derniers temps sur Woody... "_"


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