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L’affaire Cicéron (1952) Joseph L. Mankiewicz

par Neil 22 Juillet 2008, 21:17 1950's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 20 juin 1952
Titre original : 5 fingers
Genre : espionnage mondain
Durée : 1h48
Scénario : Michael Wilson et Joseph L. Mankiewicz
Photographie : Norbert Brodine
Musique : Bernard Herrmann
Avec James Mason (Diello), Danielle Darrieux (La comtesse Anna Staviska), Michael Rennie (George Travers), Walter Hampden (Sir Frederic), Oscar Karlweis (LC Moyzisch), Herbert Berghof  (Colonel von Richter)…

Synopsis
: En 1944, Diello sert un ambassadeur anglais à Ankara, en Turquie. Il en profite pour livrer des photographies de documents secrets alliés aux Nazis sous un nom de code : Cicéron. La comtesse polonaise Anna Staviska fait mine de l'aider... (allociné)

Mon avis : Un espion plus british que James Bond

On ne pourrait pas croire facilement, à voir la filmographie de Joseph Leo Mankiewicz, que l’homme put briller dans le genre si particulier qu’est l’espionnage. A voir des comédies sophistiquées telles que Eve ou Chaînes conjugales l’affaire n’est pas gagnée à priori. Et pourtant L’affaire Cicéron, œuvre qui ne reste pas des plus connues du réalisateur, est une belle réussite. Il faut dire que Mankiewicz était un féru d’histoire (confère ses œuvres ultérieures comme Cléopâtre) et qu’il s’est intéressé de près à cet épisode peu connu de la seconde guerre mondiale. Nous sommes en mars 1944 et la guerre fait rage en Europe. A Ankara, capitale de la Turquie neutre, s’est réfugiée la comtesse Staviska (personnage romanesque issue de l’imagination des scénaristes) qui essaye tant bien que mal de subsister. Nous avons aussi l’ambassadeur d’Angleterre et son fidèle majordome Diello. Enfin fidèle… si l’on veut : le petit malin se débrouille pour copier tous les plans des alliés et les revend à l’ambassadeur d’Allemagne. N’ayant aucune autre motivation que l’argent, il ira même jusqu’à se procurer les plans du débarquement en Normandie.

On retrouve dans L’affaire Cicéron tous les ingrédients qui font le charme des films de Mankiewicz : dialogues raffinés, intrigue finement ciselée, élégance distinguée des personnages. Et pourtant l’intrigue de L’affaire Cicéron fait froid dans le dos : à quoi tient une victoire, si l’on doit se fier aux faits relater à pas grand chose finalement. Là est tout le talent de Mankiewicz, qui s’approprie une intrigue qui pourrait être tout droit sorti d’un film de Hitchcock et qui se réapproprie l’ensemble parfaitement. Si ce n’était cette intrigue vaguement amoureuse entre Diello et la comtesse, le rythme de cette Affaire Cicéron ne souffrirait d’aucun temps mort. Il faut dire que le film est servi par un acteur hors pair, James Mason qui n’avait pas son pareil pour jouer des personnages troubles (il récidivera l’année d’après avec le même réalisateur dans Jules César). Rarement le flegme britannique n’aura été aussi bien porté que par ce pourtant bien peu fidèle sujet de Sa Majesté. Film politique aussi divertissant qu’intéressant, L’affaire Cicéron nous apporte encore une fois la preuve que Mankiewicz était un des plus grands.
 
Ma note : 8,5/10
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commentaires

dasola 22/07/2008 23:19

Bonsoir Neil. J'ai découvert ce film (en DVD) assez récemment. Je suis restée scotchée à mon fauteuil parce qu'absolument passionnée. Et puis quel "casting" avec James Mason (grand comédien, un peu trop méconnu à mon goût), et Danielle Darrieux (absolument divine). La chute de l'histoire est géniale.

Neil 23/07/2008 18:46


Bonjour Dasola. Oui, un beau casting et il est vrai que cette chute finale est vraiment très bienvenue :)


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