Lundi 4 août 2008
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Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 23 août 1995
Genre : western féministe
Durée : 1h50
Scénario : Gus Van Sant, d’après l’œuvre de Tom Robbins
Directeur de la photographie : John J. Campbell
Musique : Ben Mink et K.D. Lang
Avec Uma Thurman (Sissy Hankshaw), John Hurt (The Countess), Angie Dickinson (Miss Adrian), Keanu Reeves (Julian Gitche), Lorraine Bracco (Dolores Del Ruby), Heather Graham (Heather)…
Synopsis : Dans les années 50, Sissi quitte sa ville natale pour Manhattan où elle devient mannequin. Sissi est alors envoyée en Oregon
pour tourner une publicité dans un ranch transformé en centre de remise en forme. Là, elle tombe au milieu d'une bande de cow-girls décidées à prendre possession du lieu. (allocine)
Mon avis : La femme au pouce hypertrophié
Au début des années 90 deux films ont suffi pour propulser Gus Van Sant comme icône des réalisateurs gays indépendants (si si ça existe). My own private Idaho puis deux ans après Even cowgirls get the blues sont aujourd’hui considérés comme des films cultes du cinéma gay et lesbien. Je vous l’accorde, ils
ne sont pas légion ; et je vous l’accorde ça ne fait pas de ces films un gage de qualité. Il n’empêche qu’Even cowgirls get the blues démarre sous de bons auspices : un auteur post-beatnik
en verve (Tom Robbins), un casting de haut rang et une histoire pas banale.
Sissy est née avec une malformation pas banale : des pouces de 25 centimètres. A leur grand dam, ses parents ne la verront pas devenir chirurgien ; Sissy décide alors très tôt de profiter de son
handicap pour en faire un atout : elle va devenir la plus célèbre auto-stoppeuse d’Amérique. Elle travers alors le continent de long en large et en travers pour aboutir, épuisée, à New-York chez
la Comtesse (qui n’est autre qu’un travesti). Celui-ci l’envoie dans son ranch, qu’il a transformé en salon de beauté de luxe, et où elle va faire la connaissance de cowgirls.
Un vent de liberté souffle dans Even cowgirls get the blues. Rien que le personnage de Sissy Hankshaw est d’une fraîcheur qui fait plaisir : on peut la croire naïve, elle est en tout cas
ouverte à toutes les opportunités que la vie peut lui amener. Traversant le pays sans but aucun, elle se laisse porter par les expériences. On sent ici l’influence de la beat generation que
Gus Van Sant a tant apprécié et dont ses premiers films sont imprégnés. On y retrouve d’ailleurs furtivement William Burroughs dans son propre rôle.
Road-movie psychédélique, western féministe, difficile de caractériser Even cowgirls get the blues. Le film a les défauts de ses avantages : ayant opté pour une narration libre qui colle
très bien à son sujet, Gus Van Sant ne réussit pas vraiment à nous scotcher devant une intrigue franchement boiteuse. Si on s’attache peu ou prou au personnage principal du film, toutes
les intrigues parallèles passent un peu à la trappe. Par exemple, Van Sant aurait mieux développé l’intrigue sentimentale entre ces deux cowgirls sympathiques qu’on ne lui en aurait pas
tenu rigueur, au contraire. Au lieu de ça il passe d’un sujet à l’autre sans vraiment s’attarder.
Par contre une panoplie de bons acteurs est au rendez-vous d’Even cowgirls get the blues. Mais là encore, Gus Van Sant ne réussit pas très bien à les mettre en valeur. Si Uma
Thurman se révèle tout à fait convaincante dans le rôle titre, on ne comprend pas très bien pourquoi le réalisateur n’a pas laissé une place plus importante à Angie Dickinson ou à
John Hurt qui crève pourtant l’écran à chacune de ses apparitions. Il n’empêche qu’Even cowgirls get the blues est un film drôle et original, décalé dans sa forme et qui apporte
une certaine fraîcheur, sans prétention aucune et c’est aussi bien comme ça.
Ma note : 6,5/10
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