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Be with me (2004) Eric Khoo

par Neil 25 Décembre 2014, 06:49 2000's

Fiche Technique
Film singapourien
Date de sortie : 12 octobre 2005
Genre : fragments d’humanité
Durée : 1h30
Scénario : Wong Kim Hoh

Image : Adrian Tan
Musique : Kevin Mathews et Christine Sham
Avec Theresa Chan (elle-même), Lawrence Yong (le fils), Lynn Poh (Ann), Seet Keng Yew (Fatty Koh)…

Synopsis : un mariage d'histoires construites autour des thèmes de l'amour, de l'espoir et du destin. Les personnages de Be with me mènent des vies séparées, mais sont liés par un même désir : vivre auprès de l'être aimé. (allociné)

Mon avis: quand on n’a que l’amour

Be with me est un film fragile, authentique et émouvant. Fragile parce qu’il vient de Singapour, qui n’est pas réputé pour sa culture cinématographique, et qu’un petit film asiatique dont ni le réalisateur ni les acteurs ne bénéficient d’une solide notoriété, même s’il a fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, n’a pas la force de lutter contre les block-busters. Authentique parce ce troisième film du réalisateur Eric Khoo lui a été en partie inspiré d’une histoire réelle, celle de Theresa Chan, qui joue son propre rôle dans le film. Émouvant car il nous parle directement au cœur, en évitant toute sensiblerie outrancière mais avec une sensibilité à fleur de peau, simple et sans artifice.

Trois histoires s’entremêlent dans la première partie de Be with me, et il faut avouer qu’on y comprend pas grand chose. La force des images est cependant telle qu’on est happé par la romance moderne de ces deux jeunes filles accros au tchat et aux sms, par l’obsession de ce vigile pour une femme élégante qui travaille dans le même bâtiment ou par ce vieil homme dont la femme est en train de mourir à petit feu. Quasiment sans aucune parole, en restant au plus près des visages, l’amour du réalisateur pour ses personnages plus ou moins décalés, et on a envie de dire pour le genre humain en général, transparaît doucement mais sûrement. Puis le film bascule sans qu’on s’en rende compte vers le quasi-documentaire. Il faut dire qu’entre temps est entré en scène le personnage principal du film, celui qui révèle, qui relie. Cette femme s’appelle Theresa Chan.

Cette femme, Theresa Chan, est née il y a 61 ans et a grandit dans un milieu très modeste ; elle est devenue sourde et aveugle à 14 ans et a perdu d’un cancer le seul homme qu’elle ait aimé. Et pourtant on est stupéfié de l’énergie que cette femme peut déployer pour mordre la vie à pleines dents, sans amertume et simplement. Sa vie nous est présentée grâce à des sous-titres tandis que Be with me la suit dans sa vie quotidienne enseigner à des petits enfants, manger ou faire les courses.

Et les histoires entremêlées jusque là nous apparaissent soudain sous un jour nouveau et prennent une dimension universelle. On se rend compte que la forme même du langage cinématographique (très peu de dialogues, de nombreux plans rapprochés…) s’adaptait finalement naturellement au propos du réalisateur. Et c’est une émotion à qui nous étreint quand on comprend que Be with me ne parle que d’une chose : l’amour. Un amour filial, paternel, marital, qui nous fait regarder différemment l’humanité, dans tout ce qu’elle a de grandiose et de misérable.

Ma note : ***

Be with me (2004) Eric Khoo

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