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Le milliardaire (1960) George Cukor

par Neil 24 Août 2012, 05:14 1960's


Fiche technique

Film américain
Titre original : Let’s make love
Genre : comédie un peu musicale
Durée : 1h58
Scénario : Norman Krasna et Hal Kanter, d’après l’œuvre de Patrick Hamilton
Musique : Lionel Newman
Directeur de la photographie : Daniel L. Frapp
Avec Marilyn Monroe (Amanda Dell), Yves Montand (Jean-Marc Clément), Tony Randall (Howard Coffman), Frankie Vaughan (Tony Danton), Wilfrid Hyde White (John Wales), David Burns (Oliver Burton)… 

Synopsis : Un riche industriel veut faire interdire une pièce satirique dans lequel il est caricaturé. Ebloui par Amanda, la vedette féminine du spectacle, il ne fait rien pour rétablir l'heureux quiproquo qui a fait de lui un membre de la troupe de théâtre. Le milliardaire devenu figurant saura-t-il conquérir le cœur de l'actrice ? (allocine) 

Mon avis : My heart belongs to Marilyn

Deux ans avant sa mort Marilyn Monroe jouait dans Le milliardaire, qui sera son avant-dernier film, sous la direction de George Cukor et avec Yves Montand. L’actrice qui rêvait de s’affranchir des rôles de blonde écervelée que les producteurs persistaient à vouloir lui donner va pour la dernière fois jouer avec cette image en faisant semblant de sauver les apparences. Parce qu’à l’époque déjà et malgré les airs frivoles qu’elle laisse apparaître à l’écran l’actrice est profondément déprimée. C’est peut-être cette fragilité qui a séduit Yves Montand … et qui séduit tout autant le spectateur.

Parce que, avouons le, le scénario du  Milliardaire n’a pas de quoi casser des briques. Le riche homme d’affaire prêt à tout pour séduire une jeune et pauvre ingénue, ça sent le réchauffé. Ce qui fait le charme du film c’est plutôt la façon dont il va s’y prendre pour arriver à ses fins. Les subterfuges utilisés par Jean-Marc Clément, incarné il faut bien l'avouer de manière assez gauche par Yves Montand, cliché du français à Hollywood oblige, pimentent la comédie et amènent des quiproquos plutôt bien trouvés et amusants.

Les personnages ne sont donc pas vraiment fouillés dans Le millardaire. Le film enchaîne beaucoup de clichés : celui de la blonde évaporée, de l’homme d’affaire qui se croit tout permis, du producteur rivé sur ses finances, tout y passe. On a vu George Cukor plus inventif que là, même s’il s’appuie sur des dialogues souvent savoureux. Les passages musicaux tombent un petit peu à plat et l’outrance dans la mise en scène et les guest stars qui fleurissent desservent un peu le film. Car les moyens ont été mis pour attirer le chaland : intervention de Bing Crosby, Gene Kelly ou de l’humoriste Milton Berle, tout ça sent un peu trop la grosse machine hollywoodienne pour être honnête.

Ce qu’on retient finalement du Milliardaire c’est avant tout Marilyn. Rien qu’à la voir dans sa première scène descendre d’une rampe en chantant langoureusement "My name is … Lolita and I’m not supposed to play with boys" on sait déjà qu’on sera sous le charme. Et c’est le cas pendant toute la durée du film. C’est pas que son jeu d’actrice soit extraordinaire (bien que meilleur que ce qu’on est habitué à entendre à propos d’elle), mais elle hypnotise le regard par ses regards, ses postures et sa vulnérabilité. Peut-être que ce personnage de jeune femme qui rêve d’un peu plus de considération en prenant des cours du soir mais qui est malgré elle l’objet de convoitise d’hommes plus ou moins scrupuleux trouvait en elle quelque écho. Et quelques temps après, en 1962, le tournage de Something’s got to give, réalisé par ce même George Cukor, restera inachevé suite à la mort de l’actrice.

Ma note : **

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commentaires

Eeguab 25/08/2012 12:00


De ton avis,rien ici ne casse des briques.Et ça donne un film...très plaisant où même les clichés sont finalement plutôt agréables.Et puis il  y a elle...

Neil 26/08/2012 23:02



C'est étonnant : ce n'est pas le meilleur Cukor et pourtant on passe un très bon moment. C'est dire le talent du monsieur (que d'aucuns ont tendance à sous-évaluer).



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