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Les contes de la lune vague après la pluie (1953) Kenji Mizoguchi

par Neil 14 Novembre 2014, 06:18 1950's

Fiche Technique
Nationalité : japonais
Titre original : ugetsu monogatari
Genre : ambitions assouvies
Durée : 1h37
Scénario : Yoshikata Yoda et Matsutarô Kawaguchi d'après l'œuvre d'Akinari Ueda

Image : Kazuo Miyagawa
Musique : Fumio Hayasaka, Tamekichi Mochizuki et Ichirô Saitô
Avec : Machiko Kyô (Wakasa), Masayuki Mori (Genjurô), Kinuyo Tanaka (Miyagi), Eitarô Ozawa (Tôbei)...

Synopsis : dans un Japon en proie à la guerre civile, un paysan et un potier quittent leur village natal. Alors que le paysan devient samouraï, le potier cherche à vivre de son art. Il rencontre alors la splendide Wasaka... (allocine)

Mon avis : comment résister à un tel titre ?

Souvent considéré comme le "troisième génie" du cinéma japonais avec Akira Kurosawa et Yasujiro Ozu, l'importance de Kenji Mizoguchi n'en doit pas moins être sous-estimée. Cinéaste esthète et talentueux, il signe en 1953 une adaptation de quatre nouvelles différentes, deux inspirées d'un recueil japonais écrit au XVIIIème siècle et deux autres inspirées par Guy de Maupassant. Le magnifique titre, un peu sibyllin, Les contes de la lune vague après la pluie, se réfère à l'ambiance dans laquelle l'auteur, Akinari Ueda, a écrit les contes : "En 1728, vers la fin du printemps, une nuit, alors que la pluie cessait et que l'éclat de la lune était brouillé, près de ma fenêtre, j'ai composé ces récits.". Tout simplement.

En à peine plus d'une heure et demi, le réalisateur nous emmène avec Les contes de la lune vague après la pluie dans un voyage visuel envoûtant, réussissant le tour de force de mêler ces quatre récits d'inspiration différente tout en les reliant d'une façon magnifique qui les rend quasiment indissociable. Faisant de ces histoires individuelles des fables sur la vanité de l'homme et son ambition futile, il livre une œuvre universelle au tempo impeccable. Chaque plan est nécessaire et suffisant, la moindre scène explique clairement et simplement l'action en évitant le superflu. Tout ça sans aucune lourdeur ni aucune prétention, à l'image de ce début de film où en deux plans trois mouvements l'intrigue est posée, le drame est désormais scellé. C'est ce qu'on appelle l'épure.

Alors peuvent se dérouler les destins de nos deux protagonistes masculins cherchant la gloire qui à travers l'art délicat de la poterie, qui dans sa prétendue vocation de samouraï. Mais ne nous méprenons pas : si les héros malheureux des Contes de la lune vague après la pluie sont des hommes, c'est aussi pour nous exposer en filigrane la déchéance parallèle de leurs épouses respectives. Mizoguchi ayant perdu sa sœur très tôt (vendue par son père à une maison de geishas), il n'aura de cesse dans sa filmographie de réparer cet outrage et de rendre hommage au "sexe faible" à travers des rôles de femmes courageuses et martyres. En l'occurrence ici notamment Machiko Kyô qui retrouve son partenaire de Rashomon, Masayuki Mori pour une histoire d'amour et de superstition mêlés.

Ma note : ****

Les contes de la lune vague après la pluie (1953) Kenji Mizoguchi

commentaires

kfigaro 20/12/2006 16:20

Peu connu là encore le travail du compositeur Fumio Hayasaka pour ce film vaut aussi le coup d'oreille... ;)

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