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La femme au portrait (1944) Fritz Lang

par Neil 10 Juin 2010, 09:52 1940's


Fiche technique

Film américain
Genre : Polar vénéneux
Durée : 1h40min
Titre original : The woman in the window
Scénario : Nunnally Johnson. D’après l’œuvre de J.H. Wallis
Musique : Arthur Lange, Hugo Friedhofer
Directeur de la photographie : Milton R. Krasner
Avec Edward G. Robinson (Professeur Richard Wanley), Joan Bennett (Alice Reed), Dan Duryea (Heidt), Raymond Massey (Frank Lalor), Edmond Breon (Dr. Michael Barkstane)...

Synopsis : Un soir, en sortant de son club, le professeur Wanley rencontre une jeune fille, Alice, dont le portrait dans la vitrine voisine le fascinait depuis longtemps. Invité par elle, ce dernier se trouve en présence d'un inconnu qui s'en prend à Alice puis à lui. Wanley, en état de légitime violence, est obligé de le poignarder. (allociné)

Mon avis : Prenez garde à la femme de vos rêves

La carrière de Fritz Lang aux Etats-Unis est assez riche : exilé d’Allemagne en 1937 alors que Goebbels voulait faire de lui l’un des cinéastes emblématiques du IIIeme Reich, il va réaliser en Amérique une vingtaine de films en 20 ans, aussi divers les uns que les autres. Adapté d’un best seller de JH Wallis, La femme au portrait est l’exemple typique du film noir de l’époque, avec un héros qui succombe aux charmes d’une femme fatale l’entraînant dans des péripéties extravagantes.

Rien de follement original donc, mais c’est un régal quand le film est bien fait. La réalisation, quoique très sobre, est savamment maîtrisée, les jeux d’ombre et de lumière mettant en valeur le jeu des comédiens. Les personnages, archétypes du genre, sont tantôt manipulés tantôt manipulateurs eux-mêmes, et possèdent une profondeur qui met en exergue leurs motivations intrinsèques.

C’est d’ailleurs un atout essentiel du film : autour de l’intrigue policière gravitent des personnages aux caractères psychologiques finement esquissés. Le professeur Wanley est un expert en criminologie (tiens donc…) obsédé par sa propre culpabilité, Alice Reed joue la femme fatale mais s’avère bien plus fragile qu’elle n’en a l’air… Freud n’est pas si loin (et ça n’est pas pour rien qu’on y fait brièvement allusion dans la scène d’ouverture.)

Edward G. Robinson est un Wanley idéal, un homme entre deux âges qui rêve d’aventure (mais pas forcément à n’importe quel prix), et Joan Bennet, actrice fétiche de Lang à cette époque, montre tout son talent et pimente un rôle à priori un peu trop figé. La séquence finale, admirable, en surprendra plus d ‘un et permet une relecture savoureuse du film. Pour tout ça, La femme au portrait reste, malgré une mise en scène peut-être un peu trop sage, un polar précis et implacable servi par des acteurs de talent.

Ma note : ****

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commentaires

Christophe 05/08/2011 01:13



Magnifique Joan Bennett, actrice aujourd'hui un peu oubliée, mais dont la filmo, grâce à Lang est remarquable. Elle apporte beaucoup de sensualité à son rôle. Wild Side a sorti un coffret Jeux de
Lang, regroupant ce flim et La rue rouge, avec un livret passionnant. A voir également Man Hunt et Le secret derrière la porte



Neil 05/08/2011 10:59



Elle a un charme fou cette Joan Bennett. C'est vrai qu'elle était aussi très bien dans Le secret derrière la porte, un film que je reverrais bien, tiens.



Thomas Grascoeur 15/06/2010 11:14


Un film extrêmement maîtrisé


Neil 15/06/2010 11:50



Oui, Lang est ici au sommet de son art.



Eeguab 10/06/2010 20:24


Les films américains de Lang sont vraiment remarquables.La femme au portrait est surprenant et j'aime énormément cet acteur étonnant qu'était E.G.Robinson.On le retrouve dans La rue rouge que
j'aime beaucoup aussi.


Neil 11/06/2010 12:24



Oui, E.G. Robinson était vraiment excellent. Je n'ai pas vu La rue rouge mais je le note dans un petit coin, merci :)



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