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La flûte enchantée (1974) Ingmar Bergman

par Neil 25 Décembre 2018, 01:05 1970's

Fiche technique
Film suédois
Titre original : Trollflojten
Genre : Opéra filmé
Durée : 2h15
Scénario : Ingmar Bergman d’après l’œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart (livret d’Emanuel Schikaneder)
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart
Directeur de la photographie : Sven Nykvist
Avec Josef Köstlinger (Tamino), Irma Urrila (Pamina), Häkan Hagegard (Papageno), Elisabeth Erikson (Papagena), Ulrik Cold (Sarastro), Birgit Nordin (La Reine de la Nuit)…

Synopsis : Sarastro a enlevé Pamina, la fille de la Reine de la Nuit. Tamino, prince téméraire épris de la princesse, part a sa recherche. Pour le protéger, la Reine de la Nuit lui remet deux talismans: un carillon magique et une flûte enchantée... (allocine)


Mon avis : Quand Ingmar rencontre Wolfgang

Passionné depuis l’enfance par l’opéra de Wolfgang Amadeus Mozart, Ingmar Bergman avait déjà tenté de le mettre en scène pour le théâtre. Empêché par des problèmes de santé, il décidera plus tard d’en proposer une version à la télévision suédoise à l’occasion des fêtes de Noël. Cela n’était pas d’ailleurs là sa première collaboration à la télévision, on peut citer à cet égard Scènes de la vie conjugale et même plus récemment Saraband. Autant d’œuvres qui sont devenues (ou vont devenir) avec le temps des classiques… du cinéma.

Cette version de La flûte enchantée est à la fois d’une fidélité rigoureuse dans la forme et est en même temps joliment enrichie par le rendu cinématographique. Le cadre est posé dès le début : au cours d’un prologue assez original, la caméra suit au rythme de la musique les visages de spectateurs assistant à la représentation dans un petit théâtre. Puis un panneau annonce le premier acte, le rideau se lève et le spectacle peut commencer.

D’abord un peu dérouté (il faut bien l'avouer) d’entendre les chants en suédois, on s’y habitue finalement très vite ; c’est d’ailleurs la plus grande distance que prend Ingmar Bergman par rapport au maître autrichien. Il se permet aussi dans cette Flûte enchantée quelques adaptations nécessaire selon lui à la compréhension globale de l’histoire et à son adaptation audiovisuelle.

Et la caméra est dans La flûte enchantée un instrument très actif, servant la narration et intensifiant l’intensité dramatique au gré de gros plans et d’ellipses parfaitement insérés. Le choix des acteurs est un parti pris de l’auteur privilégiant des chanteurs à la diction nette et pas forcément des têtes d’affiche. Le résultat est très rafraîchissant, ramenant l’opéra à ses sources originelles (Wolfgang Amadeus Mozart le destinait à une troupe populaire pour un théâtre des faubourgs de Vienne).

Paradoxalement, quand on compare à la tentative récente (et un peu ratée, pour être honnête) de Kenneth Branagh de transposer l'opéra à l'univers cinématographique, cette quasi-captation scénique est bien plus vivante. Finalement, La flûte enchantée est une œuvre enlevée et dynamique, qui peut se voir de multiples degrés, à l’image de la foule chamarrée qui projetait ses émotions devant notre écran au début du film : du simple regard enfantin qui trouvera matière à s’extasier devant le récit féerique à la vision éclairée du connaisseur qui y trouvera des subtilités et des nuances sophistiquées.

Ma note : ****

La flûte enchantée (1974) Ingmar Bergman
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commentaires

R Moine 13/09/2011 03:08



1791 ? 1974 ? 2011 ?


Je suis sans voix (voie) devant tant de Beauté :


Merci Monsieur Mozart, Monsieur Bergman et les années qui vous ont transpotées !


A ne pas  télécharger "illégalement" mais a acheter ou se faire offrir en HD (visuelle et audio) pour le simple confort (Papageno), le désir (Pamina / Tamino) et la colère/désir (La Reine de
la Nuit / Zatostra).


Merci.


R Moine



Neil 13/09/2011 21:54



Oui, merci messieurs de ce spectacle visuellement magnifique et dont la beauté musicale nous enchante :)



karamzin 09/08/2007 19:00

'Mozart le destinait à une troupe populaire'... Nan nan nan ! c'est schikaneder, son commanditaire, qui est à l'origine de ça. Autre chose maintenant, tu dis à la fois que bergman a respecté à la lettre l'opéra et qu'il y eu adaptation ... Que faut-il croire ? Ceci dit, qu'importe, puisqu'il en est de la flûte comme pour tout opéra d'ailleurs : il n'y a qu'une scène qui puisse lui rendre justice, le ciné c'est pas ça, ça l'amoindrit, bergman ou pas.

Neil 10/08/2007 10:03

Au temps pour moi alors, comme quoi il ne faut pas croire tout ce qu'on lit à gauche et à droite, merci de la rectification. Quand je dis qu'il y a adaptation c'est parce que ce n'est pas une captation scénique stricto-sensu. Tout d'abord il y a ces intermèdes que sont le début et le milieu du film (montrant les spectateurs ou les acteurs en coulisses), et il y a "adaptation" dans le fait que l'opéra est ici en suédois et non en allemand. Je crois que Bergman a fait quelques infimes modification dans la mise en scène aussi, mais je ne connais pas assez bien l'opéra pour te dire lesquelles. Et je comprends ta réaction : n'étant pas un amateur éclairé d'opéra, c'est le regard du novice que je suis qui se pose ici, et je veux bien croire que rien ne vaut une scène pour rendre compte d'un opéra. Reste que le film que j'ai été amené à visionner ici est remarquable.

Beno�t 09/08/2007 18:26

Je viens de me le procurer. Je compte me le regarder bientôt.

Negativecreep03 09/08/2007 13:17

Voila si ce blog peut vous aider a vous cultiver cinématographiquement
http://cinestream.over-blog.com/
Liens series et films

Hartigan 08/08/2007 13:28

Jamais vu ce Bergman comme tant d'autres...

Neil 09/08/2007 10:28

C'est pas le plus connu ni le plus représentatif de son oeuvre en même temps. J'en ai parlé justement parce qu'il semble à priori dénoter dans sa filmo (ce qui n'est pas le cas si on y regarde de plus près).

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